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Les crises à distance

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Une rangée de bâtiments typiquement newyorkais dans la rue Hudson sous un ciel clair d'hiver

Je venais de sortir d’une douche bien longue et chaude (il faisait autour de –10º ce matin) et je m’essuyais dans le couloir quand le copain m’a dit, tout sèchement, qu’un voisin avait téléphoné pour nous dire qu’il voyait sortir de notre cheminée à la campagne une fumée « noire et d’une odeur de mazout brûlé très forte ». Le copain avait déjà laissé un message chez le fournisseur de mazout, dont le bureau n’ouvre en principe qu’à huit heures et demie. Moi, plus hystérique, m’imaginant le pire, je n’ai pas attendu pour téléphoner à un ami qui habite tout près de chez nous — en fait, le maire du village qui est au chômage volontaire (il a lui-même démissionné de son poste) après sa défaite dans la campagne du novembre passé — où j’ai laissé un message au répondeur. J’ai tout de suite donné un coup de fil à une autre amie du quartier pour lui demander, si elle avait le temps, de passer voir ce qui se passait chez nous. C’est alors que le bip du service appel en attente a sonné — le maire allait passer chez nous d’abord pour ouvrir les portes et ensuite pour nous décrire l’état de la maison. Il est donc passé et a éteint la chaudière, laissant ouverte la porte de devant pour le mécanicien, qui est arrivé une demi-heure plus tard. Le maire avait aussi ouvert quelques fenêtres pour essayer d’aérer le rez-de-chaussée rempli de gaz âcres, mais on n’osait pas les laisser ouvertes trop longtemps de crainte que les tuyaux ne gèlent à cause de la basse température. Le mécanicien nous a appelés ensuite à New-York et il nous a expliqué tout calmement qu’il n’y avait aucun danger — la chaudière n’avait pas été nettoyée depuis quelques années, il y avait plein de suie dans les tuyaux de la machine, (ce qui bloquait surtout un tuyau d’échappement par la cheminée et c’était la raison pour laquelle il y avait tant de fumée dans la maison elle-même). Il a dû faire un nettoyage complet de la chaudière et brûler un peu de mazout déchargé dans une des chambres de combustion, ce qui a fait venir les sapeurs-pompiers pour « surveiller » l’effort. Ce qui a complètement affolé les voisins, qui nous savaient à New-York. Une vraie histoire de village. C’est le copain qui a décidé que nous devrions nous rendre sur place tout de suite pour examiner les dommages éventuels — quelques coups de téléphone plus tard, on est parti pour la campagne.

En effet, ça sent assez mauvais ici, au rez-de-chaussée, mais c’est curieux, on ne le remarque pas tellement au premier. Je ne vois rien de différent en ce qui concerne la chaudière.

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Voici la sale bête éhontée de la cave

Ce soir on profite de notre arrivée à la campagne plus tôt qu'anticipée pour aller chez ma mère, avec qui on dînera. C’est une tournée d’inspection discrète — ma sœur m’a dit hier que notre mère ne se porte pas tout à fait bien. Il faut donc que je lui demande en personne comment elle va. Et puis, ô joie, il y a la tempête de neige prévue pour demain soir !

Je vois qu’il y en a d’autres que moi qui souffriraient de la « Bush fatigue ». Publius de chez Legal Fiction (un carnet politique américain excellent, en plus) décrit parfaitement la maladie et ses symptômes.

Comments

Édouard, c'est pour tout cela que je reste, presque six années plus tard, ravi de m'avoir débarrassé d'une maison de campagne (à l'autre côté de l'état de S-, mais comme la vôtre chauffée à mazout).

Un week-end placé sous le signe de la chaudière ici aussi: pas de chauffage à Deauville, je viens donc de rentrer précipitamment à Paris...

C'est drôle, ça ne sent pas le mazout sur ce site...

Monsieur Keefe, vous avez sûrement eu raison de vous avoir débarrassé du « mangeur d'argent » qu'est une résidence sécondaire !

Kiki, il n'est pas question de fuir le froid — il y a toute la tuyauterie à garder au chaud ! (En fait, la réparation s'est effectuée sans trop de problèmes, et la maison est toute chaude, toute confortable.)

Mais, Portokali, ça pue toujours un peu le mazout — rien à faire, c'est le temps qui l'effacera, je suppose. Mais j'suis content qu'il n'ait pas pollué le carnet. Au moins, pas encore !