« Les meilleurs carnets européens | Main | Un couple d'homos comme il faut (non, c'est pas nous !) »

Après l'empire: quelques notes

verslaplaceabingdon.JPG
En route vers la galerie, je traverse la 8e avenue vers la petite place Abingdon

Ne possédant aucune compréhension spéciale de l’économie, de la politique économique, ou de la démographie, pour ne citer que quelques-unes des sciences dont s’est servi, avec une facilité parfois déconcertante, Emmanuel Todd dans son livre Après l’empire, je n’ai aucun moyen de déterminer si l’auteur aurait raison ou tort (ou un mélange des deux) dans ses thèses et dans ses conclusions. Mais une chose est certaine : ce qu’il a écrit a de l’intérêt.

Pour l’Américain qui habite, comme moi, un pays saisi d’une peur presque irrationnelle contre un « Islam » de fantaisie qui semble à la plupart de ses concitoyens voué à notre destruction, il peut être étonnant de lire que : « Très souvent, peut-être même dans une majorité des cas, le décollage culturel et mental s’accompagne d’une crise de transition. Les populations déstabilisées ont des comportements sociaux et politiques violents. L’accession à la modernité mentale s’accompagne fréquemment d’une explosion de violence idéologique. […] Le Djihad au nom d’Allah des années récentes n’est pas, dans toutes ses dimensions, d’une nature différente [NDLR : de la guerre de religions en Angleterre dans le 17e siècle]. S’il est loin d’être toujours libéral, il ne représente cependant pas, fondamentalement, une régression mais une crise de transition. La violence, la frénésie religieuse ne sont que temporaires. » Donc, le terrorisme islamiste ne serait que l’expression externe violente d’un changement de mentalité interne, et non pas la « croisade de valeurs dites occidentales » prônée par tant d’Américains, et aussi par certains Européens.

Todd répète souvent les deux raisons qui expliqueraient selon lui la marche continue, toutefois avec quelques heurts, vers le progrès : « la généralisation de l’alphabétisation de masse et la diffusion du contrôle des naissances. » Pour la première, Todd remarque que « les conséquences de l’éducation sont innombrables. L’une d’elles est de déraciner mentalement les populations. » Pour lui, ce déracinement est bon et nécessaire à la modernisation, à la « détribalisation » mentale. « L’apprentissage de la lecture et de l’écriture fait effectivement accéder chacun à un niveau supérieur de conscience. » En ce qui concerne la natalité, Todd démontre tout simplement que les pays de vieille démocratie libérale ont des taux de fécondité nettement inférieurs aux pays en voie de développement, mais aussi que les taux de derniers tendent à baisser, finalement se ressemblant à ceux des démocraties libérales.

Mais il faut se rappeler que le « dessein limité de ce livre […] est d’examiner le réaménagement du rapport de l’Amérique au monde. » Et là encore, on arrive à des conclusions et à des déclarations qui sont pour le moins frappantes pour un lecteur américain, qui n’a sûrement que très, très rarement eu l’occasion de voir sa patrie, qu’il croit unique et en quelque sorte bénie, rangée avec méthode et chiffres aux côtés de ces empires disparus dont il a peut-être il y a longtemps entendu parler en classe. L’Américain a du mal à imaginer un monde sans l’Amérique. L’Américain a du mal à envisager un monde où l’Amérique serait considérée comme un parasite. L’Américain a du mal à croire qu’il ne vaut pas plus qu’un Chinois, qu’un Congolais, qu’un Russe ou qu’un Brésilien — et ce n’est pas du racisme ! C’est une prétention renforcée par tous les médias, par tous nos hommes politiques, par les événements eux-mêmes — je me souviens des publicités de condoléances qu’on voyait dans le Times des jours qui suivaient le 11 septembre — les pays et les villes étrangers sont venus à nous nous faire signe de leur choc et de leur sympathie, mais je me rappelle aussi combien toutes ces pages payées aux propriétaires du Times m’ont semblé une sorte de tribut médiatique obligatoire venant de pays vassaux. (Il y avait aussi de la solidarité, je le sais, et j’en ai été personnellement très ému, mais bon…)

Todd écrit que « le redéveloppement des forces armées [américaines] découle d’une prise de conscience de la vulnérabilité économique croissante des États-Unis. » Vraie ou fausse, voilà une idée dont je n’ai jamais entendu parler une seule fois dans la presse ou à la télévision. D’abord, parce que, pour l’Américain moyen, il ne peut être question que la politique étrangère américaine agisse en malfaiteur conscient de soi. Oui, d’accord, on admet avoir fait des erreurs, d’actions et de jugements, mais le « cœur américain » reste en principe bon — une raison pour laquelle on accepte facilement les discours comme celui qu’a fait Bush lors de son inauguration où il y avait tant de « freedom » et de « liberty ». Nous habitons « the land of the free, and the home of the brave ». On est libre et courageux, on se le répète à maintes occasions. On n’est pas des salauds, on ne peut pas l’être. C’est pourquoi il est tellement facile au public américain de croire les assurances des chefs militaires à propos de ce qui s’est passé à la prison d’Abou Graïb — la torture prouvée par les photographies n’impliquait que quelques « pommes pourries », non pas les officiers, non pas les autres soldats, qui doivent rester « bons » et « braves », sinon…

9eavenue.JPG
Avec la neige qui fond, les poubelles qui débordent de déchets, c'est le bordel aux carrefours d'avenues et de rues — ici j'attends pour traverser la 9e avenue à l'angle de la 23e rue

Todd prétend que le président Johnson a été forcé à faire adopter la loi sur les droits civils de 1964 aux États-Unis pour concurrencer l’attrait du communisme : « À l’intérieur de la société américaine, la concurrence de l’universalisme communiste a rendu la lutte contre la ségrégation des Noirs nécessaire. Le monde, sommé de choisir entre deux modèles, ne pouvait pas opter pour une Amérique traitant certains de ses ressortissants comme des sous-hommes. » Je ne sais pas si c’est vrai, mais je l’ai trouvé fort intéressant.

Todd postule une contradiction fondamentale dans la politique internationale américaine, qui est la suivante : « les États-Unis doivent stabiliser durablement un équilibre économique impérial sans en avoir réellement les moyens militaires et idéologiques. » Ce qui m’a rappelé la nouvelle requête d’argent pour l’Irak, dans la somme de 80 $ milliards, qu’on vient d’annoncer ce matin.

Todd parle aussi beaucoup de l’avenir plutôt beau pour la Russie, pleine de ressources naturelles et humaines. (Curieusement, il parle beaucoup moins de la Chine, qui ne semble pas lui intéresser trop, je ne sais pas pourquoi — ici, par contre, c’est la Chine qu’on redoute.) Selon Todd, « la globalisation dans ses effets les plus profonds déplace vers l’Eurasie le centre de gravité économique du monde, et tend à isoler l’Amérique. » Ce qui aurait tendance à bénéficier les deux pôles les plus économiquement puissants de cette masse, à savoir l’Europe et le Japon. La Russie en tirera avantage aussi, puisqu’elle possède les ressources naturelles dont les deux bouts auraient besoin. On trouve beaucoup d’autres thèses proposées dans ce livre, dont quelques-unes me semblent douteuses : dans un chapitre intitulé « Féminisme anglo-saxon et mépris du monde arabe » il écrit que « L’Amérique, de plus en plus intolérante à la diversité du monde, identifie spontanément le monde arabe comme antagoniste. L’opposition est ici de type viscéral, primitif, anthropologique. » Moi je trouve que c’est un peu fort et que la diversité aux États-Unis et dans sa vision du monde n’est pas une cause perdue. En plus, les gens du Moyen-Orient sont de moins en moins étrangers chez nous — notre population se globalise aussi, ce qui va avoir une influence plus ou moins grande sur la politique.

En fin de compte, Todd note que « la guerre américaine contre le terrorisme, brutale et inefficace dans ces méthodes, obscure dans ses buts réels, a fini par être révélateur d’un véritable antagonisme entre l’Europe et l’Amérique. » Les inconnus restent dans l’équation, j’en conviens, mais si j’avais des sous à investir quelque part, je pense que j’aimerais les placer en Europe ou au Japon — on ne sait jamais et on me dit qu’il est toujours recommandé de diversifier.

Comments

J'ai récemment regardé une entrevue (d'une heure) très intéressante d'un spécialiste (français) du monde musulman. Son analyse sur les raisons de la poussée du terrorisme était assez différentes de la classique haine anti-occidentale. Pour lui, ces tentatives visent à stopper (voire à faire faire demi-tour) à la tendance d'ouverture des pays islamiques.

Pour lui, et contrairement à ce qu'on peut-être tendance à amplifier les medias, les islamistes sont plutôt en perte de vitesse et tendent à se modérer (pour exemple la Turquie et l'Algérie) et des Ben Laden ne sont donc que des soubresauts extrêmistes qui n'arrivent guère à motiver les foules.

C'est donc une analyse assez positive pour le futur mais qui laisse comme point noir important la cause palestinienne.

C'est vrai qu'un point fondamentale de l'incompréhension Europe-USA repose sur la gesiotn du dossier plaestino-israelien.
L'interprétation est tellement différente... Il suffit de lire/voir les médias dans l'un ou l'autre des continents pour s'en rendre compte. J'ai tendance à être de plus en plus pessimiste sur la nature de notre relation mutuelle.

D'autre part, je rejoins Edouard sur le fait que les USA intègrent les autres peuples plutôt facilement et plutôt rapidement.
On peut voir des personnes arabes dans les rues et cette intégration est une clé majeure pour mettre fin au terrorisme soit-disant islamiste.

Analyse fort intéressante, Merci Edouart ;-)

Le consensus général dans les médias occidentaux veut que ce soit les musulmans/Arabes (on confond très souvent les deux) qui ont une soit-disant "Haine anti-occidentale" innée, surtout une "haine anti-Amérique" qui a surgit d'un seul coup d'un seul, comme ça, telle la génération spontanée.

Les "Experts-spécialistes du monde musulman" sont devenus légion, débattant entre eux sur les plateaux tv, sans que ne soit invité aucun penseur ou intellectuel musulman, afin de corriger ou contredire les multiples énormités trop souvent dites.

Pour les uns c'est l'analphétisme de ces vulgaires populations musulmanes qui en est la cause, pour les autres c'est la soit-disant "intrensigence de leur religion barbare" ou encore "le manque de démocratie" dans leur pays. On nous parle de terrorisme quand il s'agit de musulmans qui luttent pour leur patrie, et d'héroïsme quand il s'agit d'Américains ou d'Israéliens, etc...etc...

Mais les vraies causes ne sont jamais évoquées, à savoir, Problème Israelo-Palestinien, injustice quand au droit international quand il s'agit de pays arabes, mépris et intolérence envers ces populations par les médias et politiques occidentaux, spoliations de leurs ressources énergétiques, mise en place et soutien au niveau international de gouvernements fantôches dictateurs à la solde des puissances occidentales (Arabie Saoudite, Koweit, Iraq, Afghanistan, etc...) dont tous les petro-$$ sont amassés dans les banques US. Tous les produits de consomation au Moyen-Orient sont d'origine US, à tel point que toutes les grandes Cies US ont été poussées discrètement à ouvrir des bureaux filiales en Israël d'où sont facturées toutes ces marchandises afin que les taxes et impôts sur les transactions commerciales au Moyen-Orient aillent dans les caisses du fisc Israélien.
etc...etc...

Ce sont toutes ces injustices et ce mépris qui ont permis à une poignée d'extrémistes musulmans de se faire entendre et de prospérer. Ca arrange du même coup certaines puissances qui veulent spolier les terres et les ressources énergétiques des pays musulmans, en leur donnant de bonnes raisons d'attaquer ces pays.

Non ! les musulmans ne sont et n'ont jamais été "Anti-occidentaux" ou "Anti-Américains". Les musulmans à l'instar de tous les peuples du monde aspirent à la paix, au modernisme, à l'éducation de leurs enfants afin de leur préparer une vie meilleure. Les musulmans sont des êtres humains comme tout un chacun, avec leurs défauts et leurs qualités, ni plus ni moins... Ils ne descendent ni de la lune ni de Mars, ce sont de bons terriens qu'on se rassure ;-)

laradioweb@wanadoo.fr


Messieurs les patrons de médias, messieurs-dames qui travaillez dans les médias,

La démocratie consiste à laisser parler tout le monde tant qu'il s'agit d'un langage démocratique. Parfois, il faut même dépasser l'apparence des propos qui ne conviennent pas aux médias pour leur donner une crédibilité démocratique et pour les soutenir. Je veux dire par là qu'en France, quand on conteste quelque chose dans les médias, une sorte de maillage digne des pays communistes se met en place pour protéger tous les éléments du système, c'est ce que l'on appelle aussi la mafia avec sa loi du silence. Les médias et leur pouvoir, vous savez que les valeurs sont inversées, ce ne sont plus les politiques qui font les médias, mais les médias qui défont les politiques ou qui les fabriquent, Nicolas Sarkozy est l'exemple du gadget médiatique dans toute sa splendeur. Vous êtes face à une responsabilité historique où il ne faudra pas disserter sur mes propos par des digressions ou des contournement divers. Nous avons un Le Pen qui a dit : "En France du moins, a déclaré le président du Front national, l'occupation allemande n'a pas été particulièrement inhumaine, même s'il y eut des bavures, inévitables dans un pays de 550 000 kilomètres carrés. " Je ne m'indignerai même pas, d'autres l'on fait d'une manière plus remarquable que moi et souhaitent poursuivre les médias, pardon, le Pen. Ce lapsus très contrôlé pose la question de la responsabilité des médias quand ils laissent la parole à Le Pen, ou quand ils parlent des théories révisionnistes d'un auteur obscur. Il y a une forme d'hypocrisie qui veut qu'au nom de l'information tout doit être dit. Ca me rappelle la publicité fait à Ben Laden, durant la campagne électorale américaine, faisant un cadeau somptueux à Georges Bush, dit le riche héritié des camps, pour être réélu. Surprenant non ? Faut-il laisser parler Le Pen dans les médias ? La loi contraint les journalistes d'octroyer un temps d'antenne pour tous les partis. Les médias peuvent donc se réfugier derrière cet élément législatif. Ils peuvent même prétendre que Le Pen représente 10 à 15 % de leur auditoire. Et on voit pointer le cynisme de dire, par exemple pour TF1, que ce sont des téléspectateurs fidèles de cette chaîne, surtout de TF1. Mais cette question démocratique de temps de parole et cette question plus condamnable de servir Le Pen à une partie de ces téléspectateurs est condamnable, sans aucun argument pour justifier de donner la parole à Jean-Marie Le Pen ou à un révisionniste. Vous savez très bien qu'en prononçant le mot Le Pen, vous le remettez au centre de l'actualité et en citant ses horreurs idéologiques, vous contribuez, comme des sponsors, comme l'aurait dit le dirigeant Patrick Le Lay entre le but de TF1 de vendre de Coca Cola et des voitures BMW, à véhiculer cette parole nauséabonde. Vous savez pertinemment ce qu'il se passe alors, le peuple votant pour le Front National prendra les propos de Jean-Marie Le Pen comme une montée d'adrénaline qui le motivera plus à croire en son chef courageux et des personnes plus malléables se diront que tout compte fait, le Pen ne dit pas que des conneries et qu'il y a en marre des juifs qui se plaignent de la seconde guerre mondiale. La lutte contre l'antisémitisme devient aussi non pas un détail, mais pire, une indifférence ou une désinvolture à force de subir cette violence idéologique du Front National soutenu par les médias. Alors, oui les personnalités réagissent, mais réfléchissez, ça donne de Le Pen l'image d'un martyre plutôt qu'autre chose. Il ne faut jamais voir les choses dans les yeux d'un sioniste, mais dans ceux d'un antisémite plus ou moins grands. J'ai cette chance de pouvoir connaître les armes de mes adversaires et de me mettre à leur place pour voir ce qu'il pense et de sentir dans toutes ses subtilités, si l'on peut parler de subtilités, les degrés différents, parfois cachés de l'antisémitisme.


C'est valable aussi pour les reportages de France 3 sur le conflit israélo-palestinien, quand Arafat montrait une médaille donnée par De Gaules et se prenant pour lui, il ne fallait pas avoir suivi des études de journalisme pour comprendre qu'il allait avoir la sympathie de nombreux français et que de là, l'antisémitisme s'installerait selon plusieurs nuances, jusqu'à dire que les israéliens étaient les nouveaux nazis face au résistant Arafat. De cette façon, vous déconnectez tous les symboles. Voyez aussi les reportages de TF1, ils vous sembleront d'apparence neutres et inoffensifs, mais je le répète, il ne faut pas voir les choses comme des amis d'Israël, mais comme une personne influençable ou comme un antisémite pour bien décoder en quoi ces reportages sont subversifs et lourdement antisémites à l'image, le commentaire donnant un silence indicible soutenant cette horreur manipulatrice. Antisémitisme plus que de la maladresse ? Maladresse plus que de l'antisémitisme ? Aussi grave dans les deux cas pour des journalistes aussi importants et pour les médias. Il y a une réelle crise généralisée de la télévision et plus précisement dans les actualités tous sujets confondus. Je me tiens à la disposition des juifs pour décoder avec eux tous les reportages qui sont passés à la télé. Vous vous rendrez compte avec consternation que j'ai raison, il suffira pour confirmer mon analyse de filmer, en caméra dissimulée, plusieurs familles françaises regardant ces reportages pour voir ce qu'elles disent. Tous les juifs et tous ceux qui luttent contre l'antisémitisme doivent faire la demande avec moi : je défis France 3 et TF1 d'avoir le courage de m'envoyer à mon adresse sous forme de DVD tous leurs reportages sur les juifs ou sur le conflit israélo-palestinien depuis cinq ans pour que je décode tout cela avec une subtilité et une sensibilité qui va vous surprendre. Ils accepteront cela s'ils estiment n'avoir rien à se reprocher.


Je m'exprimais sur le forum du chanteur Renaud et figurez-vous que j'ai appris par un intervenant que j'étais un Pétain parce que je disais que j'étais motivé par le cœur, la foi, l'honnêteté idéologique. Je vous invite vivement à aller sur le forum du http://www.renaud-le-renard.com pour lire avec consternation la déconnexion des valeurs, l'antisémitisme qui s'installe perversement. Je ne dis pas que tous mes arguments étaient bons, j'ai mes défauts et mes qualités, je suis parfois excessif, comment ne pas l'être face à ce que je lisais, mais dites-moi s'il n'y avait pas une horreur idéologique des personnes qui intervenaient sur ce forum. Mon pseudo sur ce forum : Emmanuel. Je demande d'ailleurs à Renaud de venir se justifier sur ce forum. Mais même, vous voyez cet antisémitisme chez Lagardère qui croit qu'il suffit d'inviter quelques juifs pour discréditer mon indignation, suite à un dérapage d'une de ses employés stephanie.marceaux@lagardere-active.com qui affirmait que ma lutte contre l'antisémitisme était pourrie. La théorie facile d'Europe 1 qui consiste à dire, nous invitons des juifs, nous n'avons donc rien à nous reprocher. Arnaud Lagardère n'a pas daigné me présenter des excuses et a donné très certainement des propos manipulateurs très crédibles aux juifs pour justifier son silence. Je demandais une réponse, c'était à moi qu'Arnaud Lagardère devait présenter ses excuses et non en essayant d'escroquer idéologiquement les invités juifs très respectables et que je respecte de Jean-Pierre Elkabach, même Jean-Pierre me semble respectable. Que le peuple juif le sache, Arnaud Lagardère ne m'a toujours pas présenté ses excuses. S'il le faisait, je vous les enverrai.

Ce que je reproche aussi, c'est qu'il y a une forme de condescendance même de certains juifs dans les médias, des personnalités ou des intellectuels qui me semble suicidaire, c'est à se demander s'ils ne sont pas des traîtres de juifs ou des renégats. Étrangement, vous n'avez pratiquement pas de juifs pratiquants portant la Kippa comme d'autres montrent une croix ou de juifs qui expriment des idées sionistes dans les médias. Pour être accepter dans les médias, il faut castrer le juif qui est en vous. Et si vous êtes noirs, ne comptez surtout pas rentrer dans les médias. Je voyais hier une liste terrible de juifs dans les médias et le monde des affaires pris par hasard et venant d'un antisémite, j'ai été surpris de lire certains noms comme étant des juifs. Un exemple, Marc-Olivier Fogiel serait juif alors qu'il a pourtant invité Dieudonné dans son émission. Et Jack Lang est allé dans l'émission de Cauet, actuellement sur Fun Radio et sur TF1 qui avait fait un jeu de mots sur les chambre à gaz. Toujours le même principe identique que celui d'Arnaud Lagardère : j'invite un juif et de cette façon je crois n'avoir plus de compte à rendre. Vous voyez la démonstration du cynisme d'Arnaud Lagardère par le fait que durant les dernières présidentielles, il avait mis tout un staff socialiste dans son entreprise en misant sur Jospin. Maintenant, changement de cap, le chouchou c'est Nicolas Sarkozy. Alors franchement quand on a comme Arnaud Lagardère cette immoralité en politique, comprenez que ça peut être pareil avec les juifs. Ces patrons savent très bien qu'il faut faire avec les juifs, avec toute une hypocrisie proche de l'antisémitisme. Imaginez un seul instant, quand les caméras et les micros ne sont pas là, ce que l'on peut entendre dans la famille Lagardère chaleureusement unie. Oh ! Tout cela est feutré bien évidemment...Ca dérape, ça dérape..

Il faudrait aussi parler des origines du succès du Front National et ce que je vais dire sera très embarrassant, mais facilement démontrable, ce sont les socialistes qui ont inventé et favorisé le Front National. Pourquoi me direz-vous alors que leurs idées sont radicalement opposées à celles de Jean-Marie Le Pen ? Nous étions dans une période où le parti communiste était encore fort, et les socialistes souhaitaient s'en débarrasser. Quoi comme meilleure idée que de favoriser l'ascension, avec les médias, alors de gauche, d'un breton trapu populaire qui déplaçait les revendications ouvrières et la contestation des patrons, vers les étrangers et les juifs . Il suffisait d'inventer, en complément, une machine du parti socialiste pour mettre un relief le discours de Jean-Marie Le Pen et pour mobiliser tous les démocrates vers la gauche : SOS Racisme, une pompe à fric du parti socialiste, c'est autre chose. Et tous les artistes et intellectuels allaient de leur chansons contre Le Pen, alors que quand je dénonce l'antisémitisme dans les médias, quel silence, je suis surpris d'avoir autant de soutiens ! En plus le Front National embarrassait la droite pendant longtemps. Dans un sens, ce n'est que justice que les socialistes aient eu leur héritage en pleine gueule durant le premier tour des présidentielles, l'instrument se retournait contre eux. Oui, il faut faire le bilan, ce sont les médias et les socialistes qui ont favorisé la montée du Front National.


Alors que faire maintenant ? Peut-on accueillir encore le Pen au nom de la démocratie et au nom de la loi sur le quota de temps de parole pour les partis politiques ? Je n'aime pas les demies-mesures qui me paraissent être une somptueuse hypocrisie. Le Pen, par ses déclarations, est sorti pour moi définitivement du cadre légal. Il est entré dans l'horreur idéologique. A partir de là, je demande à tous les médias, et transmettez ce message au plus grand nombre, que non seulement ils ne reçoivent plus le Pen, mais qu'en plus, ils ne le citent plus jamais. Évidemment, le Front National pourra faire un procès aux médias pour non-respect du temps de paroles octroyé au parti politique, qu'ils payent si un tribunal les condamnait, qu'ils assument tous les risques pour en finir avec Le Pen. Nous verrons quels médias sera du côté des résistants au moins pour cet élément. Et pas d'excuses comme quoi ça ferait de Le Pen un martyre, plus de médias pour Le Pen, la fin progressive du Front National. Tout se passe dans les médias dans ce grand amplificateur, ne jouez pas les naïfs dans les médias, vous savez quel est votre pouvoir. Et même si une décision de justice contraignait les médias à diffuser un message de le Pen, il suffit, le jour de l'enregistrement, de rendre non-opérationnelle la régie, et que tous les techniciens refusent de travailler. Et si la cassette doit passer, il suffit de la saboter soit à la source, soit au niveau de l'émetteur sans que l'on puisse savoir de qui cela vient, un peu d'organisation ! Quel serait le potentiel des médias à être des résistants si la France était encore une fois envahie ? On me parle de réseau entre les médias et l'Etat, je suis assez pessimiste sur la capacité de ceux-ci à être opérationnels ou efficaces en tant que résistants ! De quoi je parle ? Je n'ai eu aucun message de soutien à mon combat d'aucun animateur ou présentateur, alors s'il y avait une guerre...Je vous laisse deviner ce qu'il se passerait. Et oui messieurs dames, si déjà maintenant, par peur de perdre votre place au soleil, vous n'osez pas condamner l'antisémitisme de certains de vos patrons, alors si un envahisseur venait en France quel serait votre courage ? Vous pourrez toujours dire que la situation est complexe avec moi, ce qui ne l'est pas c'est le combat contre l'antisémitisme, même des médias, et c'est le courage que je vous demande concernant mon combat. Non de code : Test multiple depuis cinq ans. Ce n'est pas la gloire hein ? Et ne prétendez pas que je suis un donneur de leçon, je crois que j'ai un peu donné du temps pour la France et donné un peu de mon courage.

Enfin, je demande encore une fois solennellement au ministre de l'Éducation Nationale qu'il vote par l'Assemblée Nationale sous l'initiative de Jean-Louis Debré, une loi pour que dans tous les établissements scolaires, avec l'aide de l'Etat pour financer les voyages des élèves, une visite des camps de concentration soit organisée et que deux jours soient consacrés à des thèmes aussi importants que la lutte contre l'antisémitisme, contre le racisme, contre toutes les formes de dictatures ou d'intégrismes et pour que les élèves se placent dans un sentiment patriotique comme des résistants dans le présent. Je crois que ce ne serait pas un luxe vu le climat actuel. Comme je m'efface en faisant cette proposition, je ne vois pas ce qui empêcherait les politiques français de voter cette loi.

Que la communauté juive soit très attentive avec moi pour voir si cela sera fait ou pas et s'ils le souhaitent, qu'ils envoient mon e-mail avec leurs commentaires aux médias concernés. Le combat a lieu au présent. Le Pen doit être un mot proscrit des médias, j'attends, j'écouterai, je verai et aucune excuse ne sera justifiable pour ne pas répondre à ma demande.

Juste un dernier élément, pour vous montrer les horreurs que vous lirez sur le forum de Renaud, je pose les questions, elles sont volontairement variées et une personne au prénom de la Louve répond. Pas de commentaires :

Auteur: La Louve
Date: 26-01-2005 13:44

1/ Estimez-vous normal qu'une employé de chez Lagardère que j'interrogeais sur l'antisémitisme dans les médias estime ce combat pourri ?

- Ca peut se comprendre dans un certain contexte, oui... marre d'entendre parler de l'antisémitisme à toutes les sauces... font chier avec leur paranoïa!!!

2/ Estimez-vous normal qu'un patron comme Lagardère n'a pas daigné s'excuser pour les propos de son employé ?

- Depuis quand un patron ça s'excuse, tu vis dans quel monde?

3/ Estimez-vous normal qu'un patron comme Lagardère contrôle 80 % des médias français ?

- Non

4/ Estimez-vous normal qu'un chanteur comme Renaud ne conteste pas cette situation.

- Il doit avoir d'autres causes à défendre ou d'autres chattes à fouetter

5/ En période de commémoration des événements d'Auschwitz estimez-vous normal et qu'il ne faut pas se battre contre un antisémitisme qui revient en France ?

- Ah bon, l'antisémitisme revient en France???? Il était reparti et il est revenu, magique, c'est ça ton explication? Le pourquoi du comment ne t'intéresse pas plus que ça? Je ne suis pas antisémite, je suis anti-cons or Ariel Sharon est l'archétype du con pour moi, suis-je antisémite? Pour les sionistes oui... mais je les rassure, je les emmerde!

6/ Estimez-vous normal qu'un patron comme Lagardère et Bouygues soient mêlés dans de nombreux affaires de corruptions et qu'ils ne soient pas condamnés ?

- Ils le seront tôt ou tard, quand la corruption sera mise à jour... ou non, mais je ne trouve pas ça plus ou moins injuste que le maire de telle ville de la Côte d'Azur qui touche des pots de vins pour construire une riviera sur un site protégé

7/ Estimez-vous normal qu'une mafia d'artistes légèrement pute monopolise les médias pour sa capacité à se corrompre alors qu'il y a plus de 10000 artistes qui attendent leur tour pour se faire connaître ?

- Il y a d'autres canaux de diffusion un artiste peux être apprécié sans faire la pute, j'ai un exemple qui d'ailleurs, ne figure pas dans ta liste, j'en suis heureuse pour lui... t'as pensé au "cas Thiéfaine"?

8/ Estimez-vous normal que dans le staff de Bouygues il y ait un pédophile qui n'est pas inquiété par la loi ?

- Je m'en branle, s'il doit être puni pour ses actes, il le sera... tôt ou tard. Me suis jamais prise pour Zorro, ni pour une quelconque redresseuse de tort... toi qui aime la littérature (en bon écrivain), il faudra que l'on cause de la Lolita de Nabokov...

9/ Estimez-vous normal que lorsque vous êtes candidat dans les médias, ceux-ci, si vous ne correspondez pas à leur mafia vous déstabilisent par tous les moyens ?

- Candidat à quoi? pas compris ta question naze! Tu aurais voulu être calife à la place du calife et ils t'ont jeté? Et tu crois que c'est parce qu'il te manque un bout de peau?

10/ Estimez-vous normal qu'un chanteur comme Renaud qui prétend défendre le peuple a essayé de me piéger comme le pire enculé du libéralisme ?

- Si t'es aussi con que t'en as l'air, je suis plutôt rassurée sur sa santé mentale, qui m'inquiétait un peu... Il t'a piégé? Mon pauvre chéri...


11/ Si une guerre avec des nazis revenait, auriez-vous le courage, au risque de votre vie, de sauver des juifs ?

- Qu'est ce que ça peut te foutre? Et toi? Tu connais Goldman? si j'étais né en 17 à Leidlstadt sur un champs de bataille aurais-je été meilleure ou pire que ces gens, si j'avais été allemand... Mes engagements ne regardent que moi, c'est comme la culture, ce ne sont jamais ceux qui en étalent le plus qui en ont le plus... de conviction ou de coeur... tu sembles aussi sec qu'un coup de trique, aucune chaleur... tu sauverais qui de quoi? et contre quoi en retour? Une admiration éternelle pour le juif errant et résistant, le pâtre grec, tu me fais marrer...


12/ Estimez-vous normal qu'une émission comme la Staracademy exploite le gagnant, un type atteint de mucoviscidose en le sous-payant et en ne donnant pas les bénéfices à la recherche ?

- Le mec est volontaire, il pouvait ne pas y aller... il a accepté de rentrer dans le système, c'est son problème si le système le broie...

13/ Estimez-vous normal que TF1 affirme que le but de cette chaîne est par la publicité d'aider Coca-Cola à vendre ses produits ?

- pas normal, non, mais logique, chacun est libre de faire ce qu'il veut avec son cerveau...


14/ Doit-on aller tout droit vers la décadence sans réagir ?

- Y a que ça de vrai, la décadence, tu devrais essayer mon gars, ça détend, des fois...

J'avais lu le bouquin de Todd il y a déjà quelques temps, et il m'avait au contraire glacé par un mélange d'angélisme et d'anti-américanisme. Ses bouquins précédents étaient plus modérés.

1. Ce n'est - que partiellement - une crise de transition. Et alors, est-ce que ça réduit le risque à court terme ? Le problème, c'est effectivement qu'il existe dans le monde islamiste une lutte entre un mouvement d'ouverture, et un autre de fermeture/contrôle. Une partie des mouvements islamistes profite de cette transition pour se nourrir sur les peurs qu'il engendre (c'est du Le Pen pur et simple). Celà ne réduit en aucun cas leur menace, d'autant plus que ces mouvements se font dans une partie du monde pauvre, sous-éduquée, et très importante en nombre. Si ces extrèmistes se rendent compte que le mouvement est irréversible et qu'ils disposent en outre de moyens de destruction massifs (désolé pour le mot), les conséquences peuvent être très graves, non ?
Il existe par ailleurs des mouvements islamistes qui sont véritablement dans un mouvement d'islam conquérant, qui veulent étendre la charia. Ceux-ci restent dangereux, et ne sont pas des épiphénomènes. La différence, aussi, para rapport aux guerres de religion ou aux époques de transition européennes, c'est que le message de haine est clairement tourné vers des pays étrangers. Est-ce vraiment tolérable ? Ce qu'on n'accepte pas d'un Le Pen, on le trouve excusable chez eux...

Todd a tendance à fondamentalement sous-estimer ce sujet.

2. Todd est un démographe, c'est ce qui le rend optimiste, et ce qui lui donne ce prisme particulier, qui fait que la population explique beaucoup de choses. Il voit les temps longs, il lisse les courbes, mais ne croit en aucun cas aux risques à court terme...

3. Quand tu (todd ?) dis : " L’Américain a du mal à imaginer un monde sans l’Amérique. L’Américain a du mal à envisager un monde où l’Amérique serait considérée comme un parasite. L’Américain a du mal à croire qu’il ne vaut pas plus qu’un Chinois, qu’un Congolais, qu’un Russe ou qu’un Brésilien — et ce n’est pas du racisme ! ", remplace par français. Tiens, ça marche aussi. On peut même, je pense, remplacer par tout pays dans le monde. La seule différence tient à la réalité du pouvoir américain, qui génère un complexe d'infériorité chez les petits, voire un sentiment d'humiliation. Et qui ne s'accompagne pas toujours d'une finesse et d'une responsabilité du grand, je le concède.

Je précise à l'attention de Mohsan que je n'ai rien contre les musulmans, que je ne rêve pour eux qu'ils puissent vivre en paix, dans la propséprité et la démocratie. Que je récuse totalement sa vision du consensus médiatique anti-arabes ou anti-musulmans (surtout en France). Et que je ne suis pas pro-bush.

quelques petites choses en passant...

Il ne faut normalement pas beaucoup d'anthropo, d'éco, d'histoire (de SHS) pour arriver à la conclusion des périodes de transitions violentes. Les grecs en parlaient déjà !

deuxio : nous ne vivons pas en démocratie mais en république. Je sais, même de très nombreux prof, chercheurs etc. font l'amalgame. Grand bien leur fasse, ils y ont intérêt. Mais la différence est de même nature qu'entre une monarchie et une dictature. Lire Aristote, Machiavel, Botero et Montaigne.


Tertio : La théorie du choc des civilisations est une espèce de manichéisme primaire plongeant ses racines dans le nationalisme du XIXè et ses dépendances racialistes.


Quarto : La thèse centrale de Todd est que les mouvements historiques de population font et défont la puissance. Et c'est ce qui gène en particulier les individus réussissant. Ceux là s'identifient souvent aux US dans leur fascination pour la puissance comme soutien moral de leur propre destiné. Les US ont dominés car ils étaient un agrégat démographique à politiquement et économiquement à peu près homogène très supérieur aux petites nations européennes. La chine et l'inde, mais aussi l'europe ont déjà commencé de diluer ce pouvoir. Pour une république théocratique comme les US cette réalité est douloureuse. Le plus grand nombre, le fond culturel non objectivé par le sujet américain, est élitiste, électif... Il n'existe pas des individus égaux mais des premiers et des derniers, des vainqueurs et des vaincus, des forts et des faibles. S'ils sont appelés à ne plus être les uns alors ils seront les autres. C'est affligeant mais c'est bien sur ce mode simpliste et judeo chrétien que fonctionne la culture politique US.
En ce sens, oui, il y a un risque, celui de la colère d'un animal blessé. Mais le risque n'est pas bien grand, la plupart des grandes fortunes mondiales n'ont plus aucunes vélléités nationalistes, et se sont elles qui font le monde
dans de froids intérêts. Pour faire des affaires, il faut quelques conflits de temps à autres, c'est aussi bon pour amuser la plèbe, mais il faut éviter les conflits de grande ampleur, très néfaste au commerce.

Vous pouvez dormir !