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Un froid de ...

Le commentateur culturel Frank Rich vient de faire preuve encore une fois de ses talents d’élucidation dans cet article paru aujourd'hui dans le Times en ligne.

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Dans la rue Bleecker

Il fait un froid (de canard, sibérien ou de loup, à vous de choisir) chez nous — à –13º C les pieds sont plutôt gelés sous la table où je suis assis devant l’ordinateur. Il m’a fallu une longue douche bien chaude (et on ne paie pas l’eau, on a de la chance) pour me réchauffer à fond. Puis je suis allé à pied à la galerie. Heureusement pas trop de vent, donc pas trop pénible. Il n’y a bien sûr personne à visiter les galeries par ce temps peu clément. Mes collègues de couloir, galeristes eux aussi, se plaignent du chauffage (pas assez) et entrent de temps en temps pour mettre les mains aux deux radiateurs, surtout parce qu’ils n’ont rien d’autre à faire.

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L'intersection de la 14e rue ouest, la 9e avenue et la rue Hudson, avec le restaurant belge Markt au centre, le supermarché très bon marché Western Beef à gauche

A la maison on attend trois DVD de Netflix (lundi soir nous avons revu Le Mariage de Maria Braun de l’extraordinaire Fassbinder). Un de nos hôtes avait remarqué mardi soir qu’il n’aimait pas du tout Fassbinder — « trop mélo » il a dit. C’est curieux, je me suis tout de suite aperçu que c’est justement ce côté « mélo » mélangé au dur et au pratique que j’apprécie chez Fassbinder comme chez Almodóvar. À propos du cinéma, j’ai trouvé les nominations pour l’Oscar cette année tout à fait minables. Les électeurs de l’Académie ont voulu éviter les controverses en ne nommant ni Fahrenheit 9/11 ni La Passion du Christ comme meilleur film, mais le nouveau Almodóvar n’y apparaît pas non plus (il y a peut-être une raison que j’ignore), ni le film vraiment original Tarnation (qui a dû faire peur aux membres de l’industrie cinématographique de Hollywood, vu que le metteur en scène l’a fait avec un iMac et 200 $ — mais tour rapide chez Google m’indique que le film est sorti en 2003, donc c’est trop vieux pour se trouver parmi les nommés.)

Je relève le défi de photo de salon de garçons sensibles (ah la la, la phrase me fait sourire — « garçons sensibles » indeed !) fait par ces deux garçons sensibles de Toulouse (oups ! de Montpellier, mille pardons), Jeff et Olivier, dont je suis fidèlement leurs aventures. Je leur fera parvenir une photo du « living » de chez nous demain matin au plus tard, un peu plus rangé que d’habitude, bien sûr (non, mais…), mais pas trop. En tout cas, je suis le plus bourgeois des bourgeois en matière de décoration — j’aime bien le moderne mais je n’ai jamais vécu dans un décor vraiment moderne, probablement parce qu’il faut être très très organisé, ce que je ne suis pas. Le copain non plus (ce qu’il disputerait, lui, mais il y a de ces fantaisies de domesticité idéale dont on ne se relève jamais malgré toute l’évidence.) En plus, on déteste notre appartement (mais non pas sa situation, qui est excellente, tout au milieu d’un quartier fantastique) et nous avons résolu de ne rien dépenser pour l’améliorer puisqu’on va un jour déménager pour un nouvel appartement phénoménal dans le même quartier — fantaisie très new-yorkaise et aussi très banale, je le sais.

Et en ce qui concerne le salon de nos amis dont j’ai parlé dans ce billet précédent, j’aurais tort de ne pas souligner le fait qu’on se sent très bien chez eux, assis dans un fauteuil confortable, un verre d’un bon vin à la main, un feu accueillant dans la cheminée. Pour le copain et moi, l’aspect le plus luxueux c’est l’espace qu’ils ont — nous parlons souvent du sous-marin dans lequel nous vivons où tout est étroit et serré.En fait, je n’ai pas du tout voulu me moquer de leur appartement ni de la façon (très correcte, d’ailleurs) dans laquelle ils l’habitent. C’est plutôt que je les envie.

Comments

Est-ce indiscret de te demander où se trouve ta galerie? J'aimerais bien y faire un tour à l'occasion :)

Tu as raison, j'envie moi aussi le salon des vos amis. S'il était à moi j'y ajouterai juste un peu de pagaille ;) Juste un précision, nous sommes à Montpellier, pas à Toulouse ;) pas grave. Bises