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Vita quotidiana

Un vieux de l’immeuble d’à côté, pendant que je traîne avec la Betty sur le trottoir ce matin, me dit en souriant : « Ça fait du bien quand même de commencer sa journée ayant vu la belle Gwyneth Paltrow. » Il venait juste de la rencontrer dans le petit délicatessen du coin. Mais j'apprends que l’actrice chercherait à quitter sa maison à Manhattan pour une propriété plus grande (pour ses chiens) et plus loin des paparazzi.

La citation du jour trouvée dans The Stories of English de David Crystal (les amateurs de langues comprendront): Pronouns do not change very often in the history of a language, and to see one set of forms replaced by another is truly noteworthy. Il s'agit des pronoms scandinaves qui ont finalement chassé ceux de l'ancien anglais.

Dans le journal papier du New York Times d’aujourd’hui les nouvelles du scandale du journaliste-prostitué Gannon n’apparaît, pour la première fois depuis le début des révélations publiées par les carnets, qu’à la page A22. Dans l’édition Internet du journal, l’article, qui est toutefois assez long et détaillé, serait caché en bas de la rubrique « Washington » bien en dessous des gros titres officiels du jour. La plupart des Démocrates, eux, n’osent toujours pas en parler, on ne sait pas trop pourquoi. Est-ce qu’ils ont peur d’histoires de sexe gai ? Ou de sexe tout court ? Et les Républicains, pourtant, n’ont éprouvé aucune réticence à assaillir le grand public de détails délicieux (les traces laissées sur la robe bleue, par exemple) sur les ébats amoureux de M. Clinton. D’où vient cette étrange pudeur chez les Démocrates ?

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La vitrine « de fête » (lundi, c'est la fête des présidents Washington et Jefferson) avec des planches de surf internationales de la boutique Marc Jacobs dans la rue Bleecker

Et la différence entre un terroriste et un contre-terroriste, c’est quoi, exactement ? Surtout si l’un et l’autre se servent des mêmes moyens pour gagner la lutte. Voilà en bref pourquoi on ressent une goutte de réticence à propos de la nomination récente de M. Negroponte, actuellement ambassadeur des États-Unis à l’Irak, pour le poste de chef suprême de la sécurité de la patrie. Comme on en a remarqué ce matin à la radio, lui, il ne « laisse pas de traces » — et ça, c’est un compliment pour cette administration.

On a mangé hier soir avec l’ami galeriste dans le nouvel emplacement d’un ancien restaurant de quartier — The Paris Commune, anciennement dans la rue Bleecker et maintenant situé à l’angle de la rue de la Banque et la rue Greenwich. C’est pas mal, un vrai restaurant de quartier, pas chic, avec une carte abordable, plein d’homos et d’ami(e)s d’homos.

L’amie marchande de tableaux est toujours à l’hôpital à récupérer de son opération pour enlever son cancer, qui a duré six heures et demie. Sa mère est venue du Colorado, son frère de l’Australie, pour être à ses côtés. Elle m’a téléphoné hier pour demander des nouvelles de Betty, qu’elle adore. Elle croit qu’elle pourra rentrer chez elle dans le Village cette fin de semaine au plus tard et elle a surtout envie de voir le petit animal.

Notre agente immobilière à la campagne vient de nous informer que quelqu’un a déposé une offre d’achat officielle pour notre maison — reste à savoir si les conditions seront acceptables.

On ne peut pas imaginer combien c’est compliqué de louer un petit bureau à New-York — le contrat de bail proposé pour les quelques pieds carrés que cherche le copain compte plus de 40 pages. On n’aurait pas, par exemple, de droit d’y monter un commerce de coiffeur, de banque, de dactylographie (si, si), d’agence de publicité, ou de librairie, pour ne citer que quelques-unes des nombreuses utilisations strictement interdites. Et puis, comme dans la plupart des immeubles à New-York, on calcule les frais d’électricité par une formule aussi incompréhensible au sens commun que défavorable au pauvre locataire. Mais je pense que ça s’arrangera par la suite.

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Une publicité pour le « nettoyage à la française » très apprécié à New-York

Aurait-il à New-York une armée invisible de blanchisseuses françaises ? On pourrait facilement le croire quand on remarque le nombre impressionnant de « blanchisseries françaises » installées dans les rues des beaux quartiers. Non, mais, c’est une vieille habitude chère aux New-Yorkais — les Français ont depuis des siècles la réputation de savoir nettoyer le mieux les vêtements. (J’ai même connu un homme qui faisait envoyer ses chemises par la poste à l’hôtel Ritz à Paris dans une boîte spéciale pour les faire nettoyer et repasser là-bas !) C’est pourquoi les New-Yorkais avisés chercheraient de préférence un traitement « français » pour nettoyer leurs habits, et c’est pourquoi on voit « French cleaners » un peu partout à New-York. Curieusement, l’opinion favorable de cette technique d’origine française ne semble pas s’être établie ailleurs dans les États-Unis, où l’on vous proposera un nettoyage sans spécifier aucune origine ethnique.

Comments

Salutations
Juste un petit mot pour saluer votre retour. J'aime décidément tout chez vous, le ton, les images, le contenu aussi évidemment. On vous souhaite de retrouver beaucoup de plaisir.

J'ai du trop lire de "Lucky Luke" quand j'etais petite!!! J'ai toujours cru qu'aux US le fin du fin du cleaning etait chinois...