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Lanæ blancæ similis

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De la neige sur la grille d'un escalier voisin

La tempête de neige d’hier soir n’a pas finalement, ô surprise, apporté les immenses perturbations dans le tissu social et infrastructural de la ville que nous avaient promises les services météo à la télévision. La révolution qui sortira un jour, on suppose inévitablement, de l’anarchie météorologique une fois accomplie devra donc être reportée à plus tard. Tant pis. Mais par contre, c’était assez beau — cela ressemblait à du coton, ou à de la laine toute propre, mis un peu n’importe où, sur toute surface extérieure.

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Statue de la Famille par Chaim Gross enneigée dans le parc de la rue Bleecker

En plus des rigueurs un soupçon exagérées de la saison, nous Américains vaguement éveillés à ce genre d’info (c’est-à-dire, pas grand monde, en effet) continuons à subir de petits soubresauts moraux causés par quelques tribunaux, dont la Cour suprême, un juge en Caroline du sud et une plainte civile portée contre le secrétaire à la défense. Dans le cas du premier, il s’agit d’avoir déclarée inconstitutionnelle une loi qui a permis la peine de mort pour les crimes commis par de criminels de moins de 18 ans.

Un juge de la Caroline du sud, Henry Floyd, a déclaré lundi que le gouvernement de Bush n’avait aucun droit d’incarcérer José Padilla comme un « combattant ennemi » sans l’accuser publiquement d’un crime défini. Selon ce juge, « he president has no power, neither express nor implied, neither constitutional nor statutory, to hold petitioner as an enemy combatant. » Eh, tac, on les embête une seconde fois… Comme j’ai lu ce matin dans mes devoirs latins, « Quando libertas ceciderit, nemo libere dicere audebit. » (On oublie trop vite...)

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Les arbres dessinés dans la neige dans le petit parc de la rue Bleecker

Finalement, des avocats de l’Union américaine pour les libertés civiles et une autre association de protection des droits civils ont intenté un procès ce matin contre
Donald Rumsfeld en faveur de huit détenus en Afghanistan et en Irak dans son état de résidence, Illinois. Rumsfeld est accusé d’avoir d’abord illégalement approuvé une politique de torture chez les militaires américains en Afghanistan ainsi qu’en Irak et ensuite d’avoir approuvé personnellement de nouvelles méthodes illégales d’extraire des renseignements (bref, la torture). Les documents légaux et la chronique d’événements développée chez l’ACLU sont impressionnants à lire. Est-ce que je crois vraiment qu’on va traduire Rumsfeld en justice ? Ben, on peut toujours l’espérer, non ?

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Non, non, non, cela ne s'écrit pas comme ça !

Il n’y a pas que les Américains ignares comme moi qui font des fautes de langue (ma favorie en français, c'est « gym » au masculin, pour indiquer l’endroit où l’on fait de la gymnastique, et qui est plus que la seule salle de musculation, mais bon…). Ça fait des années que je lis ce nom de restaurant peint au dessus des fenêtres — La Lunchonette. Mais en anglais, cela s’écrit « luncheonette » — et déjà c’est un terme plutôt vieilli et beaucoup moins commun que son synonyme « diner ». D'après ce qu'on me l'a expliqué, le propriétaire français du restaurant a choisi comme nom une approximation d’un mot déjà un peu francisé par la terminaison « -ette ». Quand plus tard il s’est rendu compte qu’il avait fait une erreur, il s’est dit « Bon, on s’en fout qu’il manque un e à mon « Luncheonette », on le laisse comme ça. » Et voilà qu’on a intronisé une faute d’orthographie !

Comments

"La Lunchonette" - c'est très marrant. Nous parlons souvent du "luncheonette" du quartier, mais il s'appelle "The Lexington Candy Shop" - trou branché où l'on peut rencontre Martha Stewart, selon le Times.

juste deux petits commentaires: je suis contente que vous soyez revenu; ca fait plus de 2 ans que mon blog existe :) (en référence à votre post d'au revoir ou vous disiez que "les carnets francophones CONTINUENT à naître... "

On continue a trouver Bush&Co in delicto flagrante mais on ne les attrappe jamais: que ce qu'il faut enfin pour les mettre devant un tribunal de justice ou au moins pour les voir disparaitre?
feruz

Tu peux continuer à dire "au gym":-)...On te pardonnera, tout est délicieux (et sérieux)dans ton blog!

Question d'accent sans doute, au Québec on dit un gym, la gym étant le cours scolaire d'éducation physique. Comme on dit ici une job alors que les français disent un job, seulement pour nous contredire.