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Bilis spasmos

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Vue le la 9e avenue l'après-midi au sud de la 22e rue

Désolé pour le silence mais je suis d’assez mauvaise humeur depuis le début de la semaine. Il y a surtout le stress du contrat de bail du copain (où l’on se dispute, par exemple, sur la clause qui déterminerait dans combien de jours le propriétaire peut obliger le locataire à quitter les lieux – dans le contrat, on propose un avis de trois (!) jours, le conseiller immobilier du copain recommande un mois d’avis : les deux parties se sont accordées à un délai de deux semaines — ce genre de questions). Le copain a aussi encore deux examens à réussir pour obtenir le certificat Microsoft, dont un serait plutôt difficile, il paraît. L’énorme manque d’intérêt dont je souffre pour ce qui concerne la bonne gestion de mes affaires financières m’a encore une fois mis dans une situation idiote, facilement réparable, mais qui me laisse l’impression d’être toujours inadéquat aux responsabilités « adultes » — comme savoir payer une carte de crédit à temps. On laisse faire Enron pendant des années de bilans faussés, mais on m’interdit de me servir d’une carte de crédit pour avoir oublié de payer le minimum le mois dernier. Non, non, ce n’est pas une excuse (au moins, pas une bonne), mais tout de même, ils exagèrent un peu, il me semble.

Hier soir on est allé, le copain et moi, au restaurant newyorkais d’Alain Ducasse dans l’hôtel Essex House pour fêter l’anniversaire du mari de l’amie partenaire en course à pied. C’est sans aucun doute le luxe, mais il y avait un tas de petites choses qui ont pour moi sonné un peu faux. On a tous pris le menu de dégustation, dans lequel il y avait pour commencer un morceau fin de thon presque cru, une coquille Saint-Jacques du Maine, du foie gras avec une marmelade de dates et de mangues, un morceau de morue, du veau, des fromages (j’ai pris du livarot et deux autres dont je ne me rappelle plus des noms), et pour moi un baba au rhum guyanais. Le service était correct — notre serveur était un jeune Français — mais le sommelier était une jeune Américaine à laquelle je ne faisais pas trop de confiance, car j’ai de forts préjugés profrançais dans le domaine de la connaissance des vins mais de toute façon ce n’était pas moi qui les ai choisis. On est sorti vers minuit moins le quart. Il y avait, à une table pas très loin de la nôtre, un Américain criard qui déclamait trop fort ses opinions sans doute agaçantes à deux femmes qui souriaient — probablement un homme d’affaires qui se vantait de ses maintes prouesses à la bourse. C’est ça un des inconvénients les plus fréquents de ce genre de restaurants chic et chers — une clientèle grossière qui fait puer l’ambiance pour les autres.

La candidature de Paul Wolfowitz à la présidence de la Banque mondiale proposée hier par Bush ne fait que reconfirmer l’idéologie agressive de droite de cette administration. Mais on le savait déjà. Et les responsables européens sont trop polis — ou ont trop peur — pour dire rien de mal officiellement. Et alors ?

Voici quelques liens qui m’ont attiré l’attention ces derniers jours : Parisist. Il s'agit d'un site sur Paris, calqué sur Gothamist. J’aime pas le nom, mais le site pourrait marcher un jour. Aux Parisiens de décider...

Morceaux de conversations (plutôt insolites) entendus dans les rues et les lieux publics de New-York. Certains m'ont fait sourire.

Chez la carnetière longislandaise Blondesense, il y a Les conspirations de vendredi (bon, c'est un plus intéressant que les photos de chats, non ?)

Par exemple: Operation Northwoods — vous n’en avez jamais entendu parler ? Non, moi non plus, jusqu’à vendredi matin, quand j’ai commencé à lire les commentaires au billet de Bondesense. Et c'est parmi eux que j'ai trouvé ces « coïncidences » du 11 septembre 2001 présentées par un « Canadien pessimiste ». C'est trop, et c'est trop tard, on me dira — et on en aura peut-être raison. Je ne sais pas, moi.

Comments

edouard> "préavis", plutôt qu'avis, en matière de bail. mais je suis choqué par les 3 jours. il n'y a donc aucun minimum légal pour la rédaction de cette clause de bail locatif ?? sinon, les vins étaient bons ?

Edouard, si le silence est compensé par une photo, alors on vous excuse :)

J'ai un album complet pour toi en français et en latin chanté par Juliette "Mutatis mutandis". ca repose et ca met en forme aussi.

Merci, wam, je ne suis pas très fort en terminologie immobilière (mais en fait j'aurais dû me rappeler de « préavis » mais bon...)
Et merci, aussi, Grey, j'ai écouté la chanson, c'est excellent.

PS pour wam: pour les bails « commerciaux » il y a très peu de règlements en vigueur — c'est le contraire de ce qui se passe dans l'immobilier résidentiel, où il y a, au moins à New-York, des tas et des tas de lois qui gouvernent les loyers, les augmentations, les droits des locataires et cetera.

Pour les vins, ils n'étaient pas extra (à mon humble avis), j'ai commencé une flûte de champagne Krug, et puis on a eu un blanc de Slovénie (goût un peu curieux, pas mauvais, mais je n'ai pas adoré) et puis un bordeaux correct mais non pas excitant dont je n'ai pas vu le nom. Voilà !