Vesper vinosus
Je m'excuse de ces photos supertouristiques et débiles de l'immeuble — ça va bientôt passer
Le copain m’avait demandé de venir au bureau en fin de la journée où il allait montrer le bureau à l’ami ex-Marine, qui en était dûment impressionné (« Mais… il a l’air d’être un vrai bureau ici, » il a noté avec surprise). Ensuite on est sorti à la recherche d’un cocktail dans le quartier (à cause de cet article effrayant sur un avenir sans essence bon marché — une bonne raison de se saoûler, s'il en faut une) — on a vu deux jeunes femmes assises devant une fenêtre au 1er étage d’un immeuble sans distinction dans la 5e avenue. C’était un bar ! On y est monté par un escalier un peu crasseux et tout d’un coup on s’est retrouvé dans un espace hyperdesign qui s’appelle R et où il y a plein d’écrans géants et peu de monde. Une belle hôtesse d’origine asiatique nous a accueillis. On a commandé des cocktails maison qui ne coûtaient que 5 $ à cause du happy hour (moi j’ai pris un martini pomme correctement verdâtre et le copain a choisi un « diversion » toute rose — l’ex-Marine a pris une Guinness, lui étant en principe à l’entraînement pour un marathon au Nouveau-Jersey samedi prochain.)
Nos cocktails — sans flash
Après deux tournées de boissons et deux plats grignotés, on a recommencé notre balade alcoolisée.
Devant l'hôtel Gershwin dans la 27e rue — le bar était fermé à cause d'une séance de photographie de mode
On a descendu l’avenue Madison jusqu’à la 27e rue, où l’on s’est tourné vers l’avenue Lexington et le petit quartier indien de Manhattan. De là on a continué vers la place Gramercy. On a pris une pause dans une taverne dans la 3e avenue qui s’appelle Still où il y avait plein de jeunes bruyants et une barmaid belle et charmante qui plaisait beaucoup à l’ex-Marine. On y jouait des tubes des années 80 — Culture Club, par exemple.
De la publicité pour Paris sur le toit d'un taxi new-yorkais dans la 2e avenue
Notre excursion alcoolique s’est poursuivie aux bords de l’East Village dans la 9e rue est où l’on a fait une pause dans un petit bar plutôt moche qui s’appelle Solas. On s’est ensuite dirigé vers la maison — on a pourtant fait un petit détour dans le bar gay Julius qui se déclare le bar gay le plus ancien de New-York. Dans le temps, quand j’étais bien jeune et nouvellement arrivé dans la métropole, on y venait pour les hamburgers ; maintenant je n’oserais plus, la cuisine est si crasseuse !
Quelle horreur ! Une faute de français au-dessus du bar chez Julius
Finalement on est rentré chez nous, on a vite sorti la Betty en allant en même temps chercher un demi-gallon de lait écrémé chez la petite épicerie du coin qui reste ouverte jusqu’à minuit. De vrais sauveurs !
La lumière bienvenue du deli de quartier
Par contre, voici un indice utile pour le salut — l’indice de l’enlèvement à la fin des temps. Hé oui, car on ne sait jamais !
Comments
Kunstler a raison! Vendez vite la maison de campagne.
Posted by: R J Keefe | avril 14, 2005 11:40 PM
Petite remarque grammaticale (juste pour améliorer encore un style par ailleurs remarquable...) : il faut accorder les participes conjugués avec le verbe être : "on s'est dirigés", "on est rentrés", "on est montés"...
Posted by: Benjamin Randow | avril 15, 2005 01:07 AM
Si je puis me permettre d'intervenir, Benjamin Randow : "on" est un pronom masculin singulier, qui est "fréquemment employé pour 'nous' dans un langage familier et populaire". On admet donc l'accord pluriel, mais cette construction, bien que largement répandue, ne saurait être imposée.
Victor Hugo : "On était resté bons camarades" (Les Misérables, III, 5, 3)
Bien cordialement
Posted by: samantdi | avril 15, 2005 01:25 AM
Le R-Music semble un bar agréable effectivement. Un bémol pour les champagnes, ils ne servent que des champagnes de grande distribution : le Moët & Chandon (que lycéen nous transformions en Chouette & Bandons, oui je sais c'est classieux !) et Veuve Cliquot (Yellow label). Pas de Roederer, pas de LP, pas de Ruinart. Mais bon $100 pour une bouteille de Veuve Jaune je trouve ca très osé ;-) Je n'ai pas souvenir de l'avoir vu dans mon bar à champagne à Paris où la bouteille commence à 80 € avec un bon Deutz. Cela dit, je pinaille, le bar semble très agréable. J'aime beaucoup son dépouillement. Mon futur appart pourrait être dans cette idée de béton et de bois.
Posted by: Grey | avril 15, 2005 01:46 AM
Je me suis fait avoir plusieurs fois avec "vos" martini..... EN France, nous buvons du Martini Rossi 5environ 16°) et c'est tout... à NYC j'ai bu des choses bizarres avec du gin, de la vodka, bref maintenant je n'ose plus demander du Martini dans les bars... je fais dans le chardonnay !"
Posted by: ella | avril 17, 2005 08:04 AM
Benjamin, merci pour la remarque — j'ai l'impression moi aussi que l'accord pluriel avec « on » (quand il s'agit de plusieurs personnes) serait de plus en plus fréquent, mais à cause de mes études latines, peut-être, j'ai toujours tendence à faire correspondre la personne du sujet à celle du participe passé — j'ai probablement tort d'y faire trop d'attention. Merci, samantdi, pour la clarification.
Oui, grey, c'est assez chic comme décor, le bar R, mais ça ne me surprend pas trop qu'on n'y trouve pas de champagne correct (et j'adore Chouette & Bandons — ça fait très adulte !).
Et puis, Ella, c'est pareil pour moi en ce qui concerne les martinis américains (de la vodka seulement pour moi, le copain préfère le gin) — ils sont forts ! Mais, il faut admettre que le chardonnay, ça peut avoir des conséquences imprévues aussi, non? ; )
Posted by: Édouard | avril 18, 2005 03:13 PM