Diem ex die
Dans la 20e rue ouest, au centre du quartier photographique
Endormie dans l’entrée de notre chambre à coucher sur son lit temporaire façonné d’une pile bien odorante de linge sale, Betty s’est réveillée avec un petit aboiement de surprise en entendant le bruit de la clef dans la porte d’entrée de l’appartement — le copain est rentré de Los-Angeles vers sept heures. Il a tout de suite enlevé sa veste et s’est jeté au lit à côté de moi, ce qui m’a complètement réveillé, moi, naturellement. Je suis allé préparer mon café en attendant l’appel de la vétérinaire, qui est venu vers huit heures vingt (elle est très consciencieuse) — on a confirmé un rendez-vous chez elle à midi moins le quart. J’ai donc profité de ce temps vide pour aller faire scanner le patron du carré chez les Indiens de Baboo dans le quartier photographique à l’ouest de la 5e avenue entre les 17e et la 23e rues et la 6e avenue. C’est quand même un peu cher, 40 $ pour numériser un patron de moins de 14 pouces chaque côté, mais comme je ne connaissais pas d’autre labo photographique pour le faire faire, j’ai dit oui. J’irai le chercher demain en allant à la galerie.
Breizh atao — y a des Bretons partout, même au West Village !
Notre quartier change un peu de caractère — l'ancienne librairie lesbienne et gaie (notez les lettres d'or en haut de la vitrine) devient une nouvelle boutique de vêtements pour nouvelles mamans Belly Dance
On est donc allés, tous les trois, chez la vétérinaire — Betty avait toujours un peu de mal à marcher. On lui a palpé attentivement les jambes, les articulations, le dos et le ventre. La véto nous a expliqué que Betty avait dû se faire du mal en sautant du canapé ou en faisant un mouvement quelconque. Elle lui a donc donné une piqûre pour la soulager tout de suite, et elle nous a remis deux sortes de comprimés — une semaine pour la plus forte, et la moins forte pour les jours suivants. On est rentrés chez nous, le copain est allé au bureau, Betty s’est couchée mollement sur la moquette du salon.
Dans la salle d'attente chez la vétérinaire
Les touristes affluent et les autocars britanniques en profitent
J’ai ensuite fait un tour des parkings du quartier, puisque le nôtre va fermer à la fin du mois. Il y en a quatre qui ne sont pas trop loin de chez nous. Arrivé au premier, lui aussi dans la rue Perry, j’attends pendant qu’une jeune femme avenante à bicyclette bavarde avec un homme en t-shirt blanc à la James Dean pas mal non plus — elle est partie en lui disant « Mais tu es adorable, Alain », ce qui m’a permis de lui dire « Puisque vous êtes adorable, Alain, auriez-vous de la place pour une toute petite bagnole dégueulasse qu’on ne sortira que quatre fois par mois ? »

Voici James, aussi adorable qu'Alain
Il en a ri, en m’avisant pourtant qu’il y avait déjà une liste d’attente chez lui à cause de la fermeture de l’autre parking. Il m’a demandé de le rappeler plus tard dans la semaine. J’ai continué vers l’autre côté de la 7e avenue, où on m’a dit qu’il y avait de la place, à 468 $ le mois pour une petite Honda. Enfin, je suis allé voir un autre dans la 12e rue, un peu perdu au milieu — là, ça reviendrait à 450 $ le mois, toutes taxes comprises. On décidera ce soir.
Ce parking est à 468 $ le mois — attention, pour le joli 4x4 c'est beaucoup, beaucoup plus cher
Alors, celui-ci n'est que 450 $ le mois — quelle bonne affaire !
Le copain m’a ramené un petit cadeau de Los-Angeles. Il est adorable, bien sûr, mais quelques fois, il est aussi aveugle que le pire beauf hétéro, surtout sur le plan des fringues. Tout homo convenable se souviendra de la prescription absolue de l’actrice Joan Crawford si bien « déclamée » dans le film Mommie Dearest — « No wire hangers ! » a-t-elle crié à sa fille Christina. (J’avoue que je ne peux pas regarder dans le placard sans y penser — et mon placard est affreusement plein de cintres en fil de fer.) Dans ce même genre de règles diverses qu’on présumerait inoubliables serait cette dernière : passé un certain âge, quand la taille aurait ajouté quelques centimètres d’expérience et de sagesse, il ne faut jamais — mais JAMAIS — porter des rayures horizontales. C’est une loi fondamentale, tout comme celles de la gravité et du port du blanc après la journée du Travail en septembre. Comment a-t-il pu l’oublier, en m’achetant une sorte de chemise polo blanche aux rayures horizontales bleues? Non, mais — il se fout de ma gueule ou quoi !
Quelques traces de printemps dans la rue Perry
Comments
Ah Edouard ! J'en apprends chez vous ! Rien que pour ça les visites sur votre blog valent le détour.
Par chance j'ai toujours eu horreur des rayures... Comme ça, peut-être que ça retarde le moment où l'on se rend compte que je suis un gros beauf hétéro... :-D
Mais je crains de me trahir de bien d'autres façons...
Posted by: Alarc'h | avril 18, 2005 09:34 PM
En fait BZH signifie : Bienvenue en Zone Humide. Quoi ! J'ai encore dit une connerie ! Bon ce n'est pas grave en même temps, j'ai des ancêtres bretons. Alors, je suis pardonné ?
Posted by: Grey | avril 19, 2005 02:01 AM
grey> pardonné soit, mais remercie tes ancêtres ;)
alies 'vez brav e Breizh.
édouard> en plus, tu parles breton ... !
gwin ru evit te.
Posted by: wam | avril 19, 2005 02:45 AM
Lol ! Je l'ai déjà croisé cette tire !
Posted by: tony | avril 24, 2005 07:32 AM