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Exspectatio bis

D’abord je tiens à remercier tous ceux qui ont laissé des commentaires d’encouragement — sachez que le copain et moi, nous les apprécions beaucoup. Mais j’ai aussi envie de souligner que je rédige ces billets un peu pénibles non pas pour donner à qui que ce soit une obligation de me plaindre — ce qui m’a toujours intéressé dans les carnets, c’est le mélange du quotidien au monde particulier qu’a créé le carnetier ou la carnetière. Si je m’indigne avec fréquence contre la politique de Bush & Cie, cela ne veut pas dire, bien sûr, que je n’aie pas plein de petits soucis qui me préoccupent en même temps. En général je trouve qu’ils ne valent pas la peine d’en parler publiquement, mais dans le cas de Betty, puisqu’elle fait réellement partie de notre petite unité familiale, j’ai choisi d’en révéler un peu plus de détails sur ce qui lui arrive, vu le poids que cela prend dans notre vie quotidienne.

Elle a curieusement faim, Betty, et l’on nous dit que c’est à cause des stéroïdes qu’on lui donne. Hier on lui avait donné à manger un peu plus tôt que d’habitude et l’ayant ensuite sortie avec un peu de difficulté (elle refuse de marcher et elle déteste la pluie, et il pleut doucement depuis vendredi soir), on a décidé d’aller voir le film qui est sorti vendredi « The Hitchhiker’s Guide to the Universe ». À 17 h 45 il n’y avait pas trop de monde aux cinémas Loews de la 34e rue ouest — curieux quartier un peu perdu, à la frontière sud du quartier des fringues, à l’ouest du complexe du Madison Square Garden et des grands magasins, au nord du Bureau de poste central, et à l’est de quelques entrées au tunnel de Lincoln. Des touristes, des couples pédés venus de Chelsea ou colons déjà de ce quartier prêt à être découvert, pas mal de jeunes noirs et latinos, un mélange bien new-yorkais en effet, à part le manque de vieux bruyants qu’on rencontre surtout dans les salles de l’Upper East Side.

Le film a du charme — à mon avis. Le copain en était plutôt déçu, mais lui est fana de Douglas Adams. Moi je ne m’y attendais à rien, et avec un sens d’humour anglais, qui ressemble beaucoup à ce qu’on voyait dans la série « Dr Who », on se moquait un peu du « gigantisme » cinématographique si cher aux producteurs hollywoodiens (en dépit du fait que le film serait une production Disney). Le robot Marvin, joué invisiblement par l’acteur anglais Alan Rickman, est drôlement dépressif (le contraire, donc, de tous ces robots chez la Guerre des étoiles et ailleurs) — c’est lui qui joue le rôle de Professor Severus Snape avec tant de malveillance délicieuse dans les films Harry Potter et du Docteur Lazarus dans Galaxy Quest. Slartibartfast est joué par Bill Nighy dans un mode flegmatique hyperanglais.

Ce matin Betty a encore du mal à marcher — sa condition ne semble pas s’améliorer, même avec le régime strict de toutes sortes de médicaments, ce qui est très frustrant. Si seulement elle pouvait nous dire ce qu’il n’allait pas !

Des amis parisiens sont de passage à New-York et on va leur montrer le bureau du copain avant d’aller prendre le brunch. Espérons que cela nous change un peu d’air.

Mise à jour: de retour chez nous, nous avons trouvé Betty encore pire — j'ai tout de suite téléphoné à la vétérinaire, mais elle ne travaille pas le dimanche (mais elle reçoit ses messages). Cela semble bien grave pour Betty, elle ne se tient plus debout.

Comments

je vous lis depuis février, toute ma compassion pour vos soucis avec Betty, je sais ce que c'est de perdre un animal qu'on aime

Bon courage !

Pas très malin, le message de "MC" !!! Betty est malade, et on lui souhaite un rapide rétablissement, pour elle et pour vous deux.

tous mes meilleurs veux de retablissement a Betty, je ne peux qu'imaginer la tristesse de voir une petite bete qu'on aime tant souffrir comme ca!

Je pense à vous.