In vacuo vivere
Fuyant le vide de notre appartement, le copain et moi avons marché hier soir à la place de l’Union, notre destination générale étant l’énorme librairie Barnes & Noble qui se trouve au nord de cette esplanade. Je cherchais un livre sur l’histoire des bords du fleuve Hudson dans le quartier de Greenwich Village que j’avais feuilleté dans la petite salle d’attente de l’hôpital vétérinaire — un livre intéressant qui m’avait révélé, parmi plusieurs curiosités locales, l’existence bien temporaire d’une 14e (ou 13e, je ne me rappelle plus très bien) avenue construite dans le Hudson avant d’être démoli et la terre enlevée plus tard ! Mais pas de bol, on ne le trouve pas. On redescend vers le cinéma pour voir s’il y avait quelque chose d’amusant dans une des quinze salles. Il y avait une séance de Kung Fu Hustle (qui sortira en France en juin sous le nom de Crazy Kung Fu) qui allait commencer en dix minutes, on a donc acheté des billets (10,50 $) et puis on est monté au 2e ou 3e étage où nous avons acheté nos boîtes de pop-corn et nos slurpies cerise (c’est-à-dire rouge néon). Il n’y avait pas trop de monde dans la salle — le film est sorti il y a une semaine — et on a dû subir un tas de pubs débiles (mauvaise habitude importée d’Europe). Le film lui-même est assez drôle — l’histoire se passe dans un Chang-haï des années 40 drôlement stylisé, avec des gangs et des casinos — très peu de blancs (quelques soldats « britanniques » appelés des « Boy scouts ») — , une chorégraphie kung-fu élégante et spirituelle, de petits coups de théâtre agréables. Beaucoup de références au Bouddha — pas de trace du Seigneur à nous, occidentaux, et on se demande si l’on va bientôt voir des missionnaires chinois qui chercheraient à nous enseigner la Voie moyenne, vu l’importance croissante de l’Orient. Moi je veux bien.
Je suis allé acheter des chocolats pour ma mère — c’est moins pour célébrer la bien fausse fête des Mères dimanche que parce qu’elle aime bien le chocolat et ces bonbons lui donneront des calories. Elle n’a plus d’appétit à cause des médicaments qu’elle prend pour son dos (elle arrive pourtant à s’offrir un ou deux petits verres de whisky chaque soir ! mais je suppose que ça, c’est analgésique). Bon, je suis allé chez le chocolatier new-yorkais Li-Lac, qui a déménagé d’une boutique dans la rue Christopher pour une nouvelle dans la 8e avenue, au numéro 40, qui est, à mon avis, nettement plus accueillant. Je venais de commander « la boîte française » d’une livre quand un type est entré derrière moi. Lui il a commandé un je-ne-sais-plus-quoi en chocolat et pendant qu’on faisait pour moi une présentation-cadeau, je lui ai jeté un coup d’œil. Mais c’est marrant, je reconnais ce visage — ah ! c’est l’acteur qu’on venait de voir mercredi soir dans le DVD de Finding North (film « gaïsant » très médiocre), il s’appelle John Benjamin Hickey. Il était assez grand, mal rasé, et, de toute évidence, amateur de chocolat.
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Amicales pensées en ces moments difficiles
Posted by: netlex | mai 7, 2005 05:29 PM