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De moribus nominibusque canadiensibus

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Vue de l'Empire State Building prise d'une terrasse qui se trouve en dessus d'un immeuble résidentiel dans la 28e rue est

Ian, Adrian, Trevor, Cecil — ce ne sont pas de noms de cowboys, surtout pas. On a dîné hier soir avec un couple qui quitte New-York pour s’installer au Canada, tout à fait à l’ouest dans la province de Colombie-britannique, à la capitale Victoria où ils ont loué un bel appartement. Ils viennent de recevoir leurs permis de séjour canadiens permanents.

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Encore une autre vue de la même terrasse

L’un des deux s’est donné à l’aviron, qu’il pratique dans une sorte de bras de mer à moins d’un kilomètre de chez eux à Victoria. Il vient de rentrer d’un stage d’aviron de deux semaines qui a eu lieu quelque part en Virginie, où il n’a pas fait très chaud.

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Un petit bout de campagne en dessus de l'avenue Lexington

On parlait des différences entre Américains et Canadiens selon eux. Le rameur nous a répondu « Ian, Adrian, Trevor, Cecil ». Quoi ? « Ce sont les noms des mecs avec qui je fais de l’aviron », il nous a expliqué. Pour les non Américains, il faut signaler que ces prénoms-là, ce sont des noms de comédie musicale ou des émissions littéraires de la BBC qu’on regarde de temps à temps à la télévision publique. Pour nous, qui sommes tous des cowboys, il faut surtout que les hommes, les vrais, soient appelés Tom, ou Dick, ou Bill, ou Jim. Des prénoms à une syllabe : Jack, Bob, Mike, Joe, Rick, Matt, Sam, Chris et ainsi de suite. On a même prouvé que les enseignants sont influencés par les noms de leurs élèves — ils préfèrent les prénoms communs et favorisent, même inconsciemment, ceux qui les portent. Donc, il n’est pas question qu’on donne un prénom anglo-tantouze comme Trevor au petit enfant ricain (je me souviens pourtant combien on riait quand ma sœur menaçait de nommer son premier enfant « Tristan Trevor Clive » tout d'un trait et l’on s’amusait à compter le nombre de baffes qu’il aurait à subir chaque jour à la récré à cause de ces noms tant aimés de sa mère férue de la littérature anglaise du 19e siècle — en l’occurrence, elle a eu une fille, qu’elle a nommée, sans grand risque, Katherine).

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Une troisième vue de la terrasse le long de la 28e rue est

Mais, le Canada, c’est un endroit privilégié où l’on peut vivre normalement sans devoir faire attention à des plaisanteries plus ou moins drôles sur des prénoms masculins comme Ian, Adrian, Trevor ou Cecil. Tant mieux.

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La terrasse elle-même

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À la fin du repas il nous restait encore une bouteille de rosé — mais pas pour longtemps

Comments

Imaginons qu'un "gaël" essaie de survivre dans les Etats Unis : la croix et la bannière... toujours très difficile à expliquer à un américain d'où ce petit prénom peut bien venir... ;o))
je viens de te découvrir, merci pour ces belles photos

ho ! chateau guiot, ils sont très sympa, en plus de faire du bon vin.