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De sublimi ad ridiculum

Je ne suis pas, je l’avoue, grand amateur de l'art de Fernando Botero, peintre d’origine colombienne qui habite New-York et Paris. Mais je suis néanmoins impressionné qu’il voudrait bien courrir le risque de troubler la clientèle aisée qui achète ses œuvres chez la galerie Marlborough dans la 57e rue en exposant en public ces bien troublants tableaux et dessins basés sur les photographies de torture de prisonniers irakiens par des militaires américains à la prison d’Abou Ghraïb. On parle d’expositions éventuelles en Allemagne, mais aucune aux États-Unis. J’ai pu trouver les images de ces tableaux de Botero chez le carnet politique Eyeteeth, qui semble plein de choses intéressantes à découvrir.

C’est chez Olivier de XIII que j’ai découvert les Gondal Diaries écrits par un jeune homme à quelque ambition littéraire (du moins, je crois) qui se trouve actuellement inscrit à l’Université de Californie à Berkeley, où il habite avec son chien Jean-Gondal. Olivier, lui-même auteur de renom, remarque que Gondal « écrit bien, ce salaud » et ayant « feuilleté » de façon virtuelle plusieurs pages de ce journal intime, je suis tout à fait d’accord avec cet avis.

Voici quelques extraits d'un billet qui date de janvier dernier sur un sujet qui nous est cher et qui donneront, j'espère, un peu le parfum de raffinement, d'intelligence et de talent d'écrivain que j'y ai trouvé.

« D'ailleurs, ce que je trouvais fascinant [...], c'est le déplacement du pacte de lecture: j'écris pour un lecteur (suggéré) qui ne me connait pas - un lecteur virtuel. Si la littérature se doit d'être lue pour accéder à son statut, le journal intime est un genre qui pose problème (en ce qu'il est précisément intime). Alors à défaut d'attendre de mourir pour que mon journal reste intime tout en étant littéraire (non, je ne suis pas Anne Franck), j'ai voulu en faire un blog, pour détourner le pacte de lecture: j'écris pour moi, tout en sachant que je suis lu, et par des gens qui ne participent pas de mon intimité. »

« Ce que j'écris n'est pas tout à fait vrai, puisque je l'écris à travers le filtre de ce que vois. Ma vie, écrite par un de mes proches, serait sans doute bien différente. Mon blog est quand même un blog, puisque je partage avec les autres ma lecture de mon intimité. Car le journal de Gondal est presque-vrai. »

Pour le plaisir sublime de voir des endroits extraordinaires, je vous propose les jardins de Shalimar à Lahore, au Pakistan, vus par Sélian, le grand dandy et esthète madrilène.

Pour le ridicule (ou tout simplement pour un fou rire), je signale ce billet de Ron l’Infirmier (qui fait preuve aussi de grands talents de chauffeur amène et garçon de café aigri) qui m’a fait réfléchir à ce qu’on trouverait dans notre propre voiture s’il nous arrivait un cas pareil…

Et comme coda, je recommande aux amateurs de musique ce billet de Grey, qu'ils apprécieront (ou pas) — le billet, non pas l'auteur, qui est charmant mais qui peut faire peur, d'accord — avec deux extraits musicaux, euh, « très familiers » comme dirait le dictionnaire Antidote dont je me sers quand il faut chercher le sens précis de mots comme « connement », « chiasse », « connasse » et « potasser » — pour ne parler que de mes toutes dernières recherches sur le vocabulaire extrêmement châtié des carnets que je lis.

Comments

Merci cher Edouard de me citer. Mais je suis réellement méchant. Qu'on ne s'y trompe pas ! POur ma part, j'utilise régulièrement ces dictionnaires en ligne qui sont assez pratiques et très sérieux :

les synonymes : http://elsap1.unicaen.fr/dicosyn.html

l'orthographe : http://atilf.atilf.fr/

Anglais/Français et vice/versa : http://dico.isc.cnrs.fr/fr/index_tr.html

C'est un cadeau méchant et empoisonné, car on peut s'y perdre avec délectation pendant des heures et des heures.

Pour d'autres peintures en relation avec la guerre en Irak :

http://www.molk.fr/peintures/