De libris venalibus
Je vais chercher la voiture dans le garage dans la 10e rue ouest
Ce n'est jamais drôle dans la 6e avenue, surtout avec un peu de pluie
On n’a, je dois l’avouer, battu aucun record de vente en ce qui concerne le petit bouquin — « Une balade d’une heure dans le village de … » que l’on avait étalé sur notre table pliante pendant quelques heures le vendredi et le samedi derniers lors de la visite de jardins privés du village. Il y a eu pourtant des foules à venir inspecter les jardins, grâce au beau temps, mais on s’intéressait bien plus aux fleurs qu’à l’histoire, d’après ce que j’ai vu. On a quand même vendu une vingtaine d'exemplaires, à 5 $ chacun.
Je m'approche à l'entrée à l'autoroute FDR dans la 23e rue est, avec les tours de
Embouteillage sur l'autoroute FDR à cause de la pluie — tout le monde oublie comment conduire à la première trace de pluie
Le copain a, lui, fait une régate samedi après-midi, tandis que moi j’ai fait une tournée rapide aux jardins. Ensuite j’ai dû ranger un peu la maison parce qu’on avait un acheteur potentiel qui venait exprès de Washington pour voir notre cabane. (Une photo de la maison avait paru dans l’édition de vendredi du New York Times sous la rubrique « Escapes » où elle avait fait partie d’une sélection d’« anciennes maisons » de partout des États-Unis — les critères changent tous les vendredis. C’est un cadeau que le Times fait aux agents immobiliers et au fond c’est de la porno immobilière, puisque tout le monde y passe pour les comparer à leurs propres maisons et pour voir les prix, et cetera.)
La grande tente montée dans ce jardin indique le « salon de thé » pour les visiteurs de jardins
Des pivoines blanches encore en fleur — tout est en retard à la campagne à cause du froid de mai passé, je crois
Ce jardin donne sur un bras de mer
Des roses grimpantes abricot sur la maison d'une amie
Une petite piscine décorative dans un jardin qui donne sur le port — avec des visiteurs qui se reposent aussi
Scène typique de village à la campagne — roses, barrière blanche, vélos (des Raleigh anglais, en plus) laissés sans serrure
Partie d'un jardin un peu à la française
La maison de l'amie écrivain — sa chambre se trouve au 1er étage, marquée par les deux fenêtres à gauche
Dimanche on est allé au Rhode-Island chercher un four à micro-ondes chez l’odieux magasin Wal-Mart qui en dépit de ses pratiques antisyndicales désagréables réussit toutefois à avoir les choses dont on a besoin aux meilleurs prix et à des heures commodes. C’est pour une amie à nous qui a 89 ans et dont le mari vient de mourir — elle hésite à se préparer des repas à cause du temps qu’il faut et comme elle ne fait à présent que moins de 45 kilos, on veut l’encourager à manger — elle adore le copain et a bien voulu essayer le four à micro-ondes. En plus, on avait dû quitter la maison pour permettre une autre visite de la maison par l’acheteur potentiel de Washington. Une fois au Rhode-Island, on a fait un tour chez ma mère, qui va de mieux en mieux, mais qui a vraiment l’air de la vieille accroupie au foyer décrite par Ronsard. C’est triste, inévitable. On n’aime pas trop y réfléchir car cela ne sert à rien.
L'entrée du Wal-Mart, vue du parking où il y avait du monde !
De retour au village, le copain est allé faire un peu de voile (il fallait surtout changer de mouillage) tandis que moi je suis allé à quelques librairies pour leur faire connaître le nouveau livre dont je suis responsable de la promotion. À quinze heures, il y avait une réunion chez nous de notre petit comité de publication — à quinze heures notre agente immobilière est passée nous donner un contrat de vente à signer, tandis que j’essayais à dominer les divers « moi » qui font partie du comité et qui ont tous des opinions virtuellement immuables. C’est toujours bien gai.
On lui a permis trois jours pour « expertise légale » et puis l’acheteur aura jusqu’au 5 juillet pour terminer tout diagnostic préalable à la vente (termite, radon, etc.). Et puis il faut fixer la date officielle de la remise — pour nous, on veut le 15 septembre (ou à peu près), mais l’acheteur a indiqué qu’il préférerait le 15 août. On verra. Mais en tout cas, ça a l’air d’être la fin d’une décennie cruciale pour nous deux, le copain et moi.
Le futur restaurant chic Perry St (sic) sous la direction du chef vedette Jean-Georges Vongerichte au rez-de-chausée d'une des trois tours nouvelles de Richard Meyer qu'on a construites sur la rive du fleuve Hudson à l'angle des rues Perry et Charles — ah, le quartier change !
On est rentré dimanche soir avec deux invitées dans la voiture — une ex-rédactrice du Times et une amie qui cherche à quitter son boulot dans la finance. On a donc fait des escales dans l’Upper West Side et ensuite à Tribeca avant de garer la voiture au Village. Mais c’est marrant de conduire en ville, de se battre victorieusement contre ces fous de chauffeurs de taxi et les connards du Nouveau-Jersey.
De la pub pour volaille qui se sert d'un calembour d'un goût un peu douteux
Dans la rue Washington, vers le nord
Ce soir on dîne avec l’amie marchande de tableaux et sa mère, venue de Denver pour un court séjour new-yorkais de quelques jours. L’amie marchande de tableaux commence à avoir marre de ses traitements chimiothérapeutiques. Elle a perdu presque quatorze kilos depuis son opération et le recommencement des thérapies chimiques en fin février/début mars, mais elle a gardé tous ses cheveux.
C’est amusant que M. Bolton n’ait toujours pas pu prendre « son » siège à l’ONU — on suppose que Bush va le nommer « ambassadeur temporaire » pendant le congé du Congrès en juillet prochain.
Les pivoines roses sont de notre jardin — l'estampe, qui date de 1788, est d'un tableau du peintre italien Luca Giordano qui se trouvait dans le salon au château de Houghton, a été trouvée à Philadelphie il y a des années, la lampe de bureau est un Tizio Classique d'Artemide, et mon âme-sœur, c'est mon PowerBook d'Apple, qui m'attend tout doucement
Le carnetier Billmon, qui s’est tu pendant une assez longue période, est à nouveau un « must » des grands carnets politiques américains « libéraux » — son intelligence et son scepticisme sont toujours en train de nous révéler des petits trucs intéressants sur la politique, l’économie et l’empire américains.
Comments
La vente de la cabane - l'affaire se résout, mais c'est triste.
Posted by: R J Keefe | juin 21, 2005 12:31 PM
"De la porno immobilière" !... Diantre... il fallait y penser !
Posted by: Vrai Parisien | juin 21, 2005 12:56 PM
Malheureusement, si le magasin Wal-Mart "réussit à avoir les choses dont on a besoin aux meilleurs prix et à des heures commodes" c'est probablement plutôt grâce à, que en dépit de, ses pratiques antisyndicales désagréables.
La porno immobilière, c'est bien vu!
Posted by: Philippe[s] | juin 21, 2005 01:29 PM
Edouard,
Comme d'habitude, cette note n'a rien a voir le thème de ton billet -sauf à te féliciter pour les très belles photos que tu as prises-: est-il vrai que les miroirs anciens et "piqués" ont beaucoup de succès aux USA?
Merci,
S.
Posted by: selian | juin 22, 2005 11:29 AM