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Les bannières officielles pour la Fierté gaie dans la 8e avenue
A-t-on le droit de critiquer publiquement les politiques de son pays ? Ou est-ce seulement une question de goût et de bienséance dont les réponses varieront selon les individus ? Les propos « anti-américains » de l'artiste Moby à Paris ont gêné le carnetier new-yorkais de Proceed at your own risk, qui se souvient du soi-disant bon sens qu’il ne faut jamais critiquer « sa famille » en public — que cette famille soit constituée de juifs (comme dans le cas dont il parle), de pédés (faut pas critiquer les folles ou les « garçons du circuit »), des démocrates (faut pas critiquer Dean ou les « mous » du parti) ou des Américains (Bush, il est « notre » fardeau à porter, mais ce n’est pas la peine d’en faire tout un cas devant les autres).
Un marchand ambulant arabe, qui vend des chapeaux, des gants et des lunettes de soleil, fête la fierté gaie dans la 8e avenue
Une vitrine politique chez Marc Jacobs dans la rue Bleecker
Une propriété à Easthampton a été vendue pour 90 millions de dollars, le prix le plus haut payé pour une propriété résidentielle aux E-U. Adélaïde de Ménil est l'a vendue, on dit à un industriel suédois toujours anonyme. Le Times d’aujourd’hui a publié un long article sur l’achat d’appartements à Paris par des Américains, en dépit d’un taux de change pas tellement brillant. Comme tous ces articles innombrables sur l’immobilier qu’on trouve dans le Times, celui-ci n’est pas bien profond : on nous explique qu’on peut acheter des appartements parisiens pour pas tellement moins d’argent que le prix d’un petit appart’ à New-York — ah, quelle révélation pénétrante. Merci infiniment.
On annonce une nouvelle parfumerie « europhile » dans la rue Bleecker
Le Village et le quartier de Chelsea se préparent pour un grand week-end de festivités centrées sur la Fierté gaie. La grande marche aura lieu ce dimanche sur la 5e avenue — encore une fois sans nous, qui serons à la campagne avec un autre couple homo, dont l’un d’eux fête la fin de sa période de « résidence médicale » — je pense qu’il doit maintenant passer un grand examen pour devenir « docteur diplômé » (en oncologie, dans son cas) et après cela il peut s’engager dans une clinique privée ou autre. La Fierté gaie se montre de façons diverses — et je trouve que c’est bien comme ça.
La fierté gaie interprétée par Ralph Lauren chez Polo
Comme le monde est petit : la femme qui veut acheter notre maison à la campagne est la mère (ou la belle-mère, en toute probabilité) d’un camarade de classe du lycée où j’ai étudié.
Après l'orage d'hier après-midi
On a dîné hier soir avec l’amie partenaire en course du copain et son mari — le copain et sa partenaire ont couru au long des deux fleuves urbains, du Village de l’ouest jusqu’à la « ville de l’alphabète » à l’est — l’aller-retour fait une distance d’à peu près treize kilomètres. On a décidé d’aller dans un restaurant français tenu par un Anglais né en France dans la 12e rue ouest : Jarnac. Moi j’ai pris des rillettes de canard pour commencer, et une blanquette d’agneau qui était très réussie, le tout arrosé d’un Vaqueyras blanc pas mauvais du tout.
Vue des tours du Centre Time-Warner au Rond-point de Colomb
Aujourd’hui il fallait récupérer la voiture qu’on avait laissée chez les mécaniciens (qui se font payer 95 $ l’heure) — j’ai dû aller jusqu’à la 59e rue en métro et continuer à pied jusqu’à l’avenue du Bout occidental (alias, West End Avenue) où l’on m’a rendu la bagnole après avoir payé plus de 2100 $ de frais de réparation et de matériaux ! C’est du vol ! Cela m’a mis dans une humeur affreuse que la circulation débile sur l’autoroute du côté ouest n’a pas améliorée.
Une tour Trump — je ne me rappelle plus du nom, il y en trop
Vue du Rond-point de Christophe Colomb
Vue de Broadway vers le nord
Entrée à l'école pour les petits acteurs
Un petit drapeau arc-en-ciel flotte de l'escalier d'urgence d'un vieil appartement qui reste dans ce quartier où s'élèvent ces tours d'un complexe immobilier bâti par Donald Trump (et vendu depuis peu aux Chinois)
Ce soir on va à Brooklyn.
Comments
Waowww sacré discours de Moby en effet !! Mais j'aurais un manque de savoir-vivre identique si je devais m'exprimer sur mon pays. :-) Je trouve ça bien d'avoir l'humilité de reconnaitre ses défauts comme ses qualités. Ce n'est pas pour cela qu'on n'aime pas son pays, peut-être même au contraire !
Posted by: Matoo | juin 24, 2005 06:14 AM
"Jarnac", la ville où est né et enterré feu le président Mitterrand ; c'est effectivement bien français...
Nous aussi, nous avons eu hier à Paris un fort bel orage en fin d'après-midi : au moins un point commun entre les USA et la France.
Posted by: Vrai Parisien | juin 24, 2005 09:34 AM
"A-t-on le droit de critiquer publiquement les politiques de son pays ?"
A mon avis, c'est pas un droit mais un devoir... ALors maintenant on peut disserter sur le fait qu'en France c'est un sport national, mais par contre ici (meme a Berkeley), c'est limite choquant a quel point ca reste tabou.
Posted by: le Piou | juin 24, 2005 02:42 PM
J'ai la sensation, de mon bout de la lorgnette française que certains américains confondent être patriote et critiquer son pays.
Ces derniers semblent appliquer le syllogisme suivant :
Un patriote ne critique pas son pays
Or, Tu critiques le pays
Donc tu n'es pas patriote
De mon point de vue, on ne peut que critiquer constructivement un pays que l'on aime, et dont on veut qu'il évolue.
Un individu qui apporterait à chaque instant un soutien inconditionnel à son Chef d'Etat serait ni plus ni moins mithridatisé à mes yeux.
Posted by: Les Cris Vains | juin 24, 2005 04:38 PM