In finibus peregrinis
Vue de la rue Smith à Brooklyn
Il fait bien chaud aujourd’hui et je me trouve collé contre le climatiseur. On est allé hier soir à Brooklyn, dans le quartier de Mont-Boerum, dont le nom vient d’une famille coloniale d’origine néerlandaise qui possédait une ferme dans cette partie du comté des Rois. L’affaire était plutôt simple — quelques bouteilles de vin, des canapés — et je me suis amusé à bavarder avec un biologiste anglais, diplômé d’Oxford, qui travaille pour la municipalité dans la sécurité contre les attaques biologiques, telle le charbon ( !) et aussi avec une jeune fille qui venait de terminer ses études de médecine. Elle allait commencer sa « résidence » dans l’hôpital juif de Long-Island, établissement très connu, où elle restera quatre ans. Elle est en plus fana de phares, et j’espère qu’elle viendra nous voir en août pour visiter le phare du village avant que nous ne quittions l’endroit.
Cette nouvelle me rappelle la discussion que j’ai eue avec la cousine ex-agente antidrogue à Philadelphie il y a quelques semaines. Les Américains comme elle s’imaginent qu’il leur est tout à fait légal de faire n’importe quoi n’importe où en vue de « protéger » les États-Unis. Et puis voilà ! Un juge italien trouve que ce n’est pas normal que les agents américains en Italie se foutent complètement de la législation italienne sur l’enlèvement de personnes sur son territoire et tout et tout et l'on cherche à arrêter des agents de la CIA. Oh, c’est sûr que Berlusconi va gueuler, il n'aura aucune envie d'agacer son protecteur, le grand Bush. Le plus curieux à mon avis, c'est qu'on en parle ici.
Une victoire judiciaire pour le militaire allemand qui avait refusé à participer dans une guerre d’agression en Irak. Un juge à Leipzig lui a donné raison. Dans la Süddeutsche Zeitung de Munich on lit le suivant : Als die Bundeswehr gegründet wurde, sollte sie ganz anders sein als die Wehrmacht: eine Armee in der Demokratie, deren Soldaten es sogar zur Pflicht gemacht wurde, Befehle zu verweigern, die gegen Moral und Gesetz verstieße. Ce qui pose un problème pour tout militaire dans les forces armées de l’Occident (sauf pour les forces armées américaines qui ont rejeté pour le moment tout appel à une moralité de conscience comme justification d'un refus d'un ordre.)
Dans la place Boerum à Brooklyn
La carnetosphère francophone s’étend toujours : hier j’ai découvert ce carnet qui nous arrive, plein de photos, de la ville de São Paulo au Brésil.
Et pour les Rennais, les Brestois et les Malouins dans les environs de la mer de Chine du Sud qui auraient le cafard pour les galettes de blé noir et les moules marinières, il y a pour eux L’amicale des Bretons à Hong-Kong.
Le gouverneur Schwarzenegger en Californie continue à subir les assauts des sondages en baisse. Le carnetier Digby note acidement que « Well, when you run as a superhero who is going to magically solve all problems by the sheer force of your supernatural powers, people tend to be quickly disappointed when they realize that you are actually a pampered movie star who doesn't have a clue. Aïe, ça fait mal !
À propos de la Californie, je viens de recevoir un courriel assez marrant d’un soi-disant Nouveau Californien. Le voici en entier:
« Subject: Blue State Revolution
We're ticked off at the way you've treated California, and we've decided we're leaving. We intend to form our own country, and we're taking the other Blue States with us. In case you aren't aware, that includes Hawaii, Oregon, Washington, Minnesota, Wisconsin, Michigan, Illinois and the entire Northeast. We believe this split will be beneficial to the nation, and especially to >> > the people of the new country of New California.
To sum up briefly: You get Texas, Oklahoma and all the slave states. We get stem cell research and the best beaches. We get Elliot Spitzer. You get Ken Lay.
We get the Statue of Liberty. You get OpryLand. We get Intel and Microsoft. You get WorldCom. We get Harvard. You get Ole' Miss.
We get 85 percent of America's venture capital and entrepreneurs. You get Alabama. We get two-thirds of the tax revenue; you get to make the red states pay their fair share.
Since our aggregate divorce rate is 22 percent lower than the Christian Coalition's, we get a bunch of happy families. You get a bunch of single moms.
Please be aware that Nueva California will be pro-choice and anti-war, and we're going to want all our citizens back from Iraq at once. If you need people to fight, ask your evangelicals. They have kids they're apparently willing to send to their deaths for no purpose, and they don't care if you don't show pictures of their children's caskets coming home. We do wish you success in Iraq, and hope that the WMDs turn up, but we're not willing to spend our resources in Bush's Quagmire.
With the Blue States in hand, we will have firm control of 80 percent of the country's fresh water, more than 90 percent of the pineapple and lettuce, 92 percent of the nation's fresh fruit, 95 percent of America's quality wines (you can serve French wines at state dinners) 90 percent of all cheese, 90 percent of the high tech industry, most of the U.S. low-sulfur coal, all living redwoods, sequoias and condors, all the Ivy and Seven Sister schools, plus Harvard, Yale, Stanford, Cal Tech and MIT.
With the Red States, on the other hand, you will have to cope with 88 percent of all obese Americans (and their projected health care costs), 92 percent of all U.S. mosquitoes, nearly 100 percent of the tornadoes, 90 percent of the hurricanes, 99 percent of all Southern Baptists, virtually 100 percent of all televangelists, Rush Limbaugh, Bob Jones University, Clemson and the University of Georgia.
We get Hollywood and Yosemite, thank you.
Additionally, 38 percent of those in the Red states believe Jonah was actually swallowed by a whale, 62 percent believe life is sacred unless we're discussing the death penalty or gun laws, 44 percent say that evolution is only a theory, 53 percent that Saddam was involved in 9/11 and 61 percent of you crazy bastards believe you are people with higher morals then we lefties.
By the way, we're taking the good pot, too. You can have that dirt weed they grow in Mexico.
Sincerely,
A New Californian
Oui, d'accord, c’est petit, je sais, mais cela m’a toutefois fait sourire. Quelquefois, le mesquin fait du bien.
Ce soir à la campagne.
Comments
J'adore la lettre du nouveau californien :) Et en plus il existe réellement des gens qui veulent séparer la Californie du reste des Etats Unis!
Je me demande si au lieu de dire "c'est petit" on ne dirait pas plutôt "c'est facile" ... mais comme je confonds complètement le français et l'anglais, je ne suis plus sûre...
Posted by: miss lulu | juin 24, 2005 07:54 PM
Je crois que tu as raison, Miss Lulu, "c'est petit" signifie "c'est mesquin"... Ici, la lettre semble drôle (je dis 'semble' car je ne lis pas l'anglais !) et donc j'en déduis que ce choix de publication semble à Edouard 'facile' (il sait que ses lecteurs riront avec complaisance).
Posted by: samantdi vieille institutrice française | juin 25, 2005 07:29 AM
Miss Lulu et samantdi, merci de vos commentaires. En effet c'est « mesquin » que j'ai voulu dire, car je trouvais que c'était « petit » de moi de publier un tel texte un peu facile.
Posted by: Édouard | juin 25, 2005 08:49 AM
"petit" peut signifier "mesquin" sans problème ...
ceci dit, c'était assez drôle :)
Posted by: wam, vieille institutrice accablée de chaleur | juin 27, 2005 10:53 AM