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Exurbia

Ce qui est vraiment bien à Brooklyn c’est que tout y est moins cher qu’à Manhattan. Non, je plaisante, je n’en sais rien en fait, mais on est allé dîner avec des amis dans un restaurant charmant dans la rue Smith qui s’appelle Robin des Bois. Heureusement il y avait de la place dans le jardin où l’on a pu siroter nos verres de Côtes-du-Rhône pas cher du tout (à seulement 23 $ la bouteille) plus ou moins tranquillement — il y avait, je l’admets, des moments de grand vacarme rock ‘n roll quand la porte d’entrée au club/bar d’à-côté s’ouvrirait, mais c’est ça, la vie des djeunes brooklynais branchés. L’un de nos serveurs avait les bras couverts de tatouages élégants et complexes — moi, je les aimais bien, mais le copain est plutôt désapprobateur au sujet de tatouages. On est rentré chez nous par métro — les événements à Londres n’ayant pas trop perturbé nos transports souterrains.

Aujourd’hui j’ai quitté Manhattan à midi pour me rendre, accompagné par l’amie marchande de tableaux, à la campagne pour pouvoir assister à un grand vernissage de plusieurs ateliers d'artistes dans une ancienne usine partiellement aménagée à des fins, euh, esthétiques (plus ou moins, tout dépend de son goût, bien sûr).

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Au vernissage dans l'ex-usine

L’amie marchande est toujours très fatiguée à cause de ses traitements anticancer, mais elle a bien voulu nous accompagner (j’étais déjà allé chercher le copain à la gare — son train est arrivé avec une heure de retard) au vernissage, en dépit de la pluie, qui tombe à flots depuis ce matin — histoire d’ouragan des Caraïbes transformé en tempête atlantique qui monte la côte est avant de se dissiper quelque part aux environs de la Terre-verte.

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La gare romanesque de la Nouvelle-Londres

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Le train arrêté au quai de la gare

Après le vernissage on est allé dîner au village et ensuite l’amie marchande s’est enfouie dans sa chambre, tandis que le copain joue au Gauntlet Dark Legacy sur sa PlayStation. Demain soir c’est le grand gala de la Société historique.

Pour ceux qui chercheraient à approfondir leurs connaissances des gros mots en anglais, voici une étude assez exhaustive (et en même temps amusante).

Comments

Je me demande souvent si le snobisme des Manhattanites envers Brooklyn n'est pas en fait une sorte de jalousie. Un peu comme celui d'une grande soeur qui se rend compte que la petite derniere est en train de devenir largement aussi seduisante aux yeux des hommes (meme -- et c'est encore plus rageant-- si celle-ci n'est pas aussi jolie). Metaphore a part, je constate cher Edouard, que vous vous aventurez sans trop de prejuges sur "l'altra sponda." Bravo, keep exploring.
T.

Moi, qui habite Yorkville, ne descends que rarement au-dessous la Quatorzième rue. Brooklyn, c'est au côté noir de la lune. Mais j'y habitais bien heureusement il y a vingt-cinq années.

Désolé, Édouard, d'avoir oublier de commenter sur votre bel image de la gare de New London. C'est un immeuble un peu féroce mais bien composé.