Lutetia, Londinium (et Novum Eboracum)
Si Paris est reconnu pour ses arguments intellectuels élégamment construits, un monde d’idées de Sartre, de Foucault, de Barthes, et de Derrida (pour ne nommer que quelques exemples célèbres) habillé par Chanel, on appréciera Londres pour l’insolite, l’extravagant et l’excentrique recherché que feront éclore des personnages tels Oscar Wilde, Aubrey Beardsley et Quentin Crisp. Le dandy qui se moque de l’opinion publique conventionnelle, qu’il soit punk ou mod ou Bloomsbury ou Beau Brummel, fait partie des personnages types de la capitale anglaise.
Des caisses remplies de livres à vendre dans le coffre de la Honda avant d'être livrées au Centre communautaire — c'est comme cela qu'on nettoye son passé
Cela fait plus d’un an que je suis, irrégulièrement, la vie de Dickon Edwards, popstar de l’avenir qui chante avec le groupe Fosca et qui raconte sa vie quotidienne dans un carnet en anglais intitulé « Diary at the Centre of the Earth » — Journal au centre de la Terre. M. Edwards s’habille volontiers, tout comme les artistes Gilbert & George, eux aussi Anglais, en costume sombre d’homme d’affaires, convention qu’il défie un peu avec ces cheveux teints à la Warhol. Sa vie n’est pas du tout facile — il habite la même chambre dans le nord de Londres depuis 1994 et le groupe a des difficultés professionnelles de manager et de société de disques. Mais son point de vue sur tout ce qui lui arrive m’a souvent impressionné par son honnêteté et par sa franchise — comme, par exemple, quand il se plaint de la qualité médiocre de sa vie actuelle et reconnaît que : « So, I must do something. But oh - the effort! » (il n’a pas de permaliens, donc la phrase citée se trouve à la fin du billet du 1er juillet 2005).
(À propos de New-York, en guise de fair-play, je citerai seulement cette opinion du grand écrivain anglais Evelyn Waugh qui a écrit, dans son chef-d’œuvre Brideshead Revisited, « We lay in our twin beds, a yard or two distant, smoking. I looked at my watch ; it was four o’clock, but neither of us was ready to sleep, for in that city there is neurosis in the air which the inhabitants mistake for energy. » Et toc ! Je passerais voir le psychanalyste s’il ne faisait pas aussi chaud aujourd'hui — déjà 31º !)
Comments
Superbe post !!! :-) Tu te sers de wikipedia en latin pour tes titres ? ;)))
Posted by: Matoo | juillet 27, 2005 11:39 AM
Sartre en Chanel ?!!
Posted by: Jean | juillet 27, 2005 11:57 AM