Casus belli
Je suis franchement inquiet parce que j’ai bien l’impression qu’il va bientôt se passer quelque chose à cause de l’Iran — on entend déjà, de la bouche du criminel Rumsfeld, les allégations sur l’origine iranienne de certaines bombes trouvées en Irak, voilà une belle excuse d’intervention militaire en Iran qui serait en train de se développer (et où sont les preuves ? On se souviendra des mensonges précédents du secrétaire à la défense). Et puis maintenant, on nous montre des Iraniens qui refusent d’accepter les ukases de l’Agence internationale de l’énergie atomique en dépit du fait embarrassant que l’Iran est entouré de pays pourvus d’armes atomiques — la Russie, l’Israël, le Pakistan, la Chine, l'Inde et, à travers l’Irak, les États-Unis. Encore une excuse de plus pour une intervention qui se révèle.
Ma réponse principale à cette vague inquiétude (et j’attends totalement à ce que la Maison blanche, actuellement au Texas pour le mois d’août, profite du désert médiatique estival pour faire passer « inaperçu » un plan militaire épouvantable) est d’aller acheter de bons livres — c’est l’esprit qui nous sauvera. Je me suis donc allé acheter, à la librairie Three Lives & Company du quartier, trois bouquins, dont les mémoires de l’écrivain Sybille Bedford (elle est à peu près la Marguerite Yourcenar anglophone), le dernier pamphlet anti-Bush de Gore Vidal qui s’intitule Imperial America, et un recueil d’impressions de la ville de Trieste écrit par Jan Morris dont le titre évocateur est « Trieste et la signification de nulle part ». J’ai commencé ce livre ce soir — j’ai accompagné le copain à la course d’entraînement amical de l’association de coureurs gais et lesbiens de New-York (les Front Runners New York) qui a commencé à 19 heures à l’entrée de la 72e rue ouest dans le Parc central, juste devant l’immeuble Dakota, où il a voulu voir une femme qu’il avait rencontrée pendant le marathon de San-Francisco de la semaine dernière. Pendant qu’il s’entraînait sur les collines du parc (beurk), je me suis assis sur un banc à côté de l’entrée au parc et j’ai commencé à lire : « The allure of lost consequence and faded power is seducing me, the passing of time, the passing of friends, the scrapping of great ships. » Le temps change tout, même les empires.
Comments
C'est "l'esprit qui nous sauvera" en effet. Mais l'esprit de quelques uns peut-il sauver le monde ? Ne verra-t-on pas quelques esprits éclairés conserver la mémoire culturelle du monde, comme après la chute de l'Empire romain lorsque quelques moines enfermés dans leurs monastères pendant la sorte de nuit que fut le Haut Moyen-Age...
Posted by: Vrai Parisien | août 11, 2005 01:06 AM
Mon Dieu! je ne suis donc pas la seule a penser que quelque chose continue a mijoter dans la tete de Bush et compagnons a propos de l'Iran...D'ailleurs j'ai une theorie qui me vint lorsque les Juifs sont rentrés a Jerusalem apres 2000 ans selon la prophesie apres leur retour viendra l'Antichriste (et voila Bush) et puis il y aura l'Apocalypse. Suis je morbide?
Posted by: ferouzeh | août 11, 2005 02:15 AM
je vais faire mon chiant ... (sur la forme seulement) :
- " j’attends totalement à ce que la Maison blanche" => "je m'attends totalement à ce que"
- " Je me suis donc allé acheter" => "se suis donc allé m'acheter"
dieu que le français (et le wam avec) peut être pénible ... :)
sinon, tu penses vraiment que les américains vont gober l'origine iranienne de certaines bombes trouvées en iran ??
Posted by: wam | août 11, 2005 02:53 AM
- "sinon, tu penses vraiment que les américains" => "Sinon, penses-tu vraiment que les américains"
;-)
Posted by: Laurent | août 11, 2005 03:29 AM
ne pas corriger tout le temps le français delicieux d'Edouard,par pitié ! c'est une -petite - partie du charme . luci
Posted by: charpentier | août 11, 2005 06:20 AM
C'est ce con de gendarme Texan (au fait va-t-il finalement accepter de recevoir la pauvre 'mom' qui campe sur le chemin du Ranch depuis quelques jours?)et son administration de criminels pourris qui en ecartant d'un revers de la main les suggestions de cette vieilles europe et du reste du monde (evitons de parler ici du pathetique groupe de soit disant allies qui, mis part cet imbecile de Blair, commence vraiment a se demander ce qu'ils sont alles faire dans cette galere, s'ils n'ont pas deja quitter le navire)ont cree une situation intenable. De toutes facons, le gouvernement Iranien provoque et n'attends que de pouvoir devenir un martyr et ainsi pouvoir, sans plus se cacher, soutenir a des attaques terroristes de plus en plus violentes. L'Iran ridiculise le groupe des 3 en les traitant comme Bush a traite l'ONU avant l'invasion de l'Irak (merci pour le precedent!), c'est a dire avec un tel mepris que cela en serait risible si l'on n'etait en train de parler d'armes atomiques. Et puis rapellez vous, il y a un mois ou deux Condi Rice jurait que rien ne se preparait contre l'Iran: A vos armes! Pret! Tirez!
T.
Posted by: T. | août 11, 2005 08:53 AM
Ah oui !!! on ne fait pas remarquer à Edouard ses minuscules fautes de français qui sont autant de perles irisées dans ses billets. Je le dis d'autant plus sincèrement et humblement que j'ai moi-même commis l'erreur quelques malheureuses fois, et que je le regrette aujourd'hui : c'était niais et présomptueux.
Allez hop ! le Vrai Parisien fait amende honorable.
Posted by: Vrai Parisien | août 11, 2005 02:33 PM
ah ce président des Etat Unis, il devrait s'occuper de son pays avant d'aller voir chez les autres. Moi je ne vais pas te critiquer sur les fautes de français, car tu n'es pas français et puis je serais mal placer pour le faire ;-)
Posted by: Greg | août 11, 2005 04:26 PM
Non, non, non, que vous continuiez tous et toutes à me corriger et à me suggérer des améliorations dans mon français ! Je ne suis qu'un barbare et il me faut tous vos bons offices linguistiques, pour lesquels je vous sais gré.
Posted by: Édouard | août 11, 2005 10:00 PM
Lorsque GWB a envahi l'Irak, il avait à l'époque le bénéfice du doute. On pouvait penser qu'il avait une armada de connaisseurs des réalités irakiennes et une opposition solide, représentative.
Hélas il n'avait qu'une capacité phénoménale de feu pour faire éclater en deux coups de cuiller à pot la bulle Saddam.
La gestion de la victoire, de la paix, zéro, triple zéro: Bagdad, ce n'était pas Paris en 1945. Peut-être bien sûr que les Libérateurs avaient plus d'égards pour les frogs que pour les Irakiens, peut-être aussi que les amerloques avaient en face d'eux un De Gaulle et non un exilé irakien, agent de la CIA pour remettre la France sur ses pieds.
Mais qu'a-t-on vu au lendemain de la chute du régime baassiste!!! Gribouille, improvisation et tâtonnements qui coûtent la vie à des milliers de gens américains ou irakiens.
Tout ceci pour dire que j'ai du mal à croire que GWB se lancerait dans une nouvelle aventure militaire contre un pays comme l'Iran qui a une cohésion autrement solide que celle de l'Irak, création étatique coloniale dont l'avenir est l'éclatement en multiples émirats plus ou moins intégristes.
Posted by: daniel | août 13, 2005 08:37 AM