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Hospites

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Les boutiques de vêtements un peu louches de la rue Christophe devant la place Sheridan

Hier soir on a eu le plaisir de rencontrer deux carnetiers français accompagnés de deux amis, tous les quatre de Montpellier, ville qui doit être très agréable vu qu’ils étaient tous très sympas. On les avait rencontrés à 20 heures devant un café-restaurant dans la rue Cornélia, belle ruelle du Village — à cette heure, pourtant, toutes les bonnes tables sur la rue charmante et dans les deux petites salles principales de devant étaient occupées — et comme il faisait très doux, il y avait des foules à circuler, à s’entasser devant les restaurants pour fumer et pour bavarder avec des amis sur les trottoirs, à manger dehors — on a expliqué aux Montpelliérains que le jeudi soir c’est quand les vrais New-yorkais sortent en ville, puisque les week-ends, ils sont partis à la campagne, aux Hamptons, au comté de Bucks, au bord de la mer au Nouveau-Jersey, à la grande région au nord de New-York qui s’appelle, tout génériquement, « upstate », aux monts des Berkshires et au Connecticut, dans le comté de Litchfield pour les plus riches qui préfèrent rester proches de la métropole ou, comme nous, dans le reste de l’état. Après un effort raté au Bar Pitti, on a réussi à trouver une table dans un restaurant italien très simple où l’on a mangé une cuisine italienne méridionale sans façon.

Comme il faisait beau, on s’est mis à nous promener parmi les foules — et à visiter une boutique d’alcools où les Français s’émerveillaient un peu de la présence importante de bons vins français sur les rayons, à des prix souvent comparables aux vins de Californie (mais les vins d’Italie sont en général moins chers). On a fait la rue Bleecker et puis je les ai convaincus (il n’était pas trop tard) à se promener un peu plus loin le long de l’avenue des rêves homos, c’est-à-dire la 8e avenue à Chelsea, où des grands musclés bronzés en débardeurs se traînaient à chaque croisement de rue à se dire bonjour et à négocier la soirée. Après un petit café dans un Starbucks à la 23e rue, on leur a trouvé un taxi et on leur a souhaité une bonne soirée et un bon reste de séjour à New-York. J’ai grande envie de découvrir comment ils l’ont trouvée, ma ville.

De toute façon, après une rapide mais efficace séance de muscu et d’aérobique à la salle de sport, j’ai fait les sacs (dont un est rempli de « choses variées » et les trois autres sont vides, pour pouvoir rapporter des trucs) et on est allé chercher des gâteaux chez la pâtisserie de luxe du coin (à deux pas, littéralement, de chez nous) Sant Ambrœus — on a acheté deux petits gâteaux tout beaux, dont l’un est un gâteau mousse au chocolat et l’autre un gâteau mousse aux framboises et au chocolat, et l’Italienne qui les emballait se souciait beaucoup des conditions de transport pour ces deux desserts ! « Vous avez la climatisation dans la voiture ? » « Euh, oui. » « Ah bon, parce qu’il ne faut pas le chocolat fonde par cette température-ci. » « Non, non, rassurez-vous, les gâteaux resteront avec nous, sur la banquette arrière et l’on mettra la climatisation. Promis » « Oui, il vaut mieux, » elle m’a dit, sans sourire.

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Une bête criarde ailée — les autres, sans ailes mais aussi agaçantes, portaient des bikinis et des maillots Abercrombie

Arrivé à la maison, le copain, qui fait l’école buissonnière aujourd’hui, s’est mis sur le lit à regarder tout ce que le Tivo lui a enregistré et moi, j’ai pris le Times, un bic et un tapis de plage pour aller faire les mots croisés sur la petite plage. Les mots croisés de vendredi sont en effet assez difficiles à compléter (le jeu de samedi est traditionnellement le plus difficile de la semaine) et il y avait une bande de huit adolescents — six filles et deux garçons qui étaient en plein rituel de sociabilisation — ça criait trop fort, ça riait trop fort, ça jurait trop fort, ça ouvrait et fermait les serviettes, ça médisait des camarades de classe. Il y avait à côté de moi un couple dont l’homme étudiait un livre que plus tard j’ai vu qu’il s’agissait d’un texte sur la loi pour agents de change — ça veut devenir un beau courtier, et pourquoi pas ?

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Il n'est pas gros, le monsieur à la casquette, mais je parierais qu'il est républicain

Ce soir on va à un dîner d’au revoir pour une amie professeure de droit à Harvard — folle, brillante, névrosée, généreuse — c’est pour elle qu’on a acheté les gâteaux. Elle rentre demain pour recommencer le boulot. Demain matin on a un rendez-vous avec le représentant des déménageurs.

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J'ai dû prendre des photos débiles comme celle-ci pour feindre de ne pas photographier le futur courtier — je sais, c'est complètement honteux

Comments

Les montpellierains sont adorables ! Vrai !!! :-) Il faut que tu viennes voir cela Ed !! ;)

Je suis montpelliérain §§§§ :D
Marrant comme tu racontes ta vie. Domage qu on se soit pas croisé quand j'étais a NYC mi aout....

A quoi devines-tu (ou imagines-tu) que le Monsieur à la casquette, quoique n'étant pas gros, est quand même républicain ? A ses machoires serrées ?