De bono maloque
L’optimisme célèbre des Américains, même si, trop souvent, sans aucune justification raisonnable, semble avoir subi un coup dur ces derniers jours : 60 pour cent d’Américains sondés par Pew se disent « déprimés » par ce qu’ils ont vu se dérouler en Louisiane et ailleurs le long du golfe du Mexique. Il est vrai qu’avec les images de morts sur tous écrans (en dépit des efforts récents de censure par l’administration), la montée abrupte (et suspecte) du prix de l’essence chez toutes les stations-service (moi j’ai payé 3,09 $ le gallon d’ordinaire mardi au Rhode-Island), les dépenses de plus en plus grandes et pour la catastrophe au Sud et pour le fiasco continu en Irak qui ne sont pas, on s’en rend de plus en plus conscient, couvertes par les impôts, ce qui va nous endetter encore plus chez les Chinois ou d’autres étrangers.
D’autres que moi ont eu l’idée — la prémonition serait un terme plus juste, peut-être — qu’on devrait s’attendre à de nouveaux incidents de distraction massive dans le proche avenir — il faut surtout lire jusqu’au bout de la bande dessinée.
Billmon en a raz le bol — il n’en peut plus, tellement il est dégoûté par l’horreur causée par le cyclone et l’incompétence stupéfiante des soi-disant responsables (mais je viens d’entendre à la radio que le chef de FEMA Michael Brown a été « réaffecté » à un autre poste dans l’agence — la pression fut trop forte).
Les droits du citoyen se sont nettement amoindris du moins pour le moment par une décision prise par un tribunal en Virginie sur la détention indéfinie en tant que « combattant ennemi » d’un citoyen américain arrêté sur le sol américain — qu’on vous déclare « combattant ennemi » et v’là, le gouvernement n’a plus besoin d’expliquer pourquoi on vous détient ou d’indiquer pour combien de temps. Le juge Michael Luttig, qui a rédigé la décision, est un conservateur partisan qu’on a souvent critiqué pour ses prises de position plus idéologiques que judiciaires. Il fait partie aussi de juges qu’on considère pour la Cour suprême — ce qui explique cette ignoble décision tout à fait lèche-cul en faveur de l’administration.
La demande d’habeas corpus fait partie, tout le monde le sait, des bases les plus fondamentales du droit anglo-saxon. On l’explique ici. « The writ of habeas corpus serves as an important check on the manner in which state courts pay respect to federal constitutional rights. The writ is "the fundamental instrument for safeguarding individual freedom against arbitrary and lawless state action." Harris v. Nelson, 394 U.S. 286, 290-91 (1969) ». La liberté individuelle contre l’action d’état arbitraire ou sans loi, ben, y en a plus, c’est tout ! Merci mille fois.
Comments
PEW ? what does it mean ?
thanks your words.
Cheers.
Posted by: FG | septembre 10, 2005 04:11 PM
Pew, c'est le nom d'une grande famille de Philadelphie, très riche, dont Joseph Newton Pew a fondé la société pétrolière Sun Oil(maintenant Sunoco) en 1886. La société de sondage Pew est une compagnie à but non lucratif fondée et subventionnée par les fondations de cette famille. Donc, Pew ne veut rien dire, en effet —
mais avec minuscule, ça peut signifier un « puer » enfantin ou un « banc d'église » tout à fait correct ; )
Posted by: Édouard | septembre 10, 2005 07:16 PM