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Finis

Ma mère s’est libérée de ses souffrances jeudi soir, vers 21 heures. Il y a eu, on nous l’a dit, une courte crise de toux, le cœur s’est arrêté, et elle, toute faible, est morte quelques minutes après, sa garde-malade favorite à ses côtés.

Moi, parlant au téléphone avec ma sœur de Philadelphie, j’avais même dit à plusieurs reprises : « S’il y avait vraiment un dieu, il la laisserait mourir ce soir. » Et voilà — c’est gênant, non, pour un athée comme moi. Non, mais sans blaguer, c’était un énorme soulagement. On est resté avec elle pendant deux heures — on a fait distribuer les bouquets aux malades qui n’en avaient pas.

Vendredi matin je suis allé aux pompes funèbres pour entamer la procédure d’enterrement (elle a choisi la crémation). Il faut que je choisisse l’urne la plus appropriée (et la plupart sont d’une laideur à peine imaginable). Dans l’après-midi je suis allé voir l’avocat, qui m’a donné son testament — aucunes surprises, ce qui en était une un peu — dans quelques jours je serai nommé exécuteur testamentaire par le tribunal des successions et des tutelles et alors je pourrai ouvrir un compte en banque pour payer les frais de succession (ça m’a coûté plus de $1 900 pour placer une petite nécrologie au Times — c’est vachement profitable pour eux — mais comme ma mère avait des amis un peu partout, c’est le meilleur moyen de leur faire part de sa mort. C’est l’efficacité d’un journal presque national lu par toute une gamme de gens.

Pour les autres journaux plus locaux, on aura un avis de décès un peu plus élaboré, avec photo.

Demain on va à l’enterrement d’un type qui s’est suicidé en se pendant chez lui lundi dernier. Riche, intelligent, athlétique, marié à une femme excellente, avec des enfants plus ou moins réussis et quelques petits enfants tout nouveaux. Super wasp — aimable, mais énormément privé, il n’était pas le genre à trop laisser voir qu’il garderait dans son intérieur à la façade d’homme du monde capable, fort, bien aimé et tout le reste. Ça nous a fait un choc, à moi et au copain. Le village en parle sans cesse, bien sûr — la situation ici cette semaine chez ma mère nous a empêchés d’y prêter trop d’attention.

J’espérais pouvoir rentrer à Manhattan avec le copain dimanche soir, mais il va falloir que je reste ici jusqu’à lundi pour pouvoir rendre quelques documents financiers à l’avocat. Aujourd’hui, à la suite de recommandations faites par l’avocat, on a changé toutes les serrures et on a créé un nouveau mot de passe pour fermer les alarmes automatiques antivol. Ça va déranger le type qui s’occupe de la maison — l’avocat m’ayant suggéré de limiter le nombre de personnes ayant accès libre à la maison, j’ai décidé de ne donner une nouvelle clef qu’à la garde-malade. Ils se connaissent — le frère du type est le meilleur copain du mari de la garde-malade et le parrain d’une de ses filles (ça fait très village, non ?) Le grand méchant dans toute l’histoire sera, naturellement, l’avocat, sur lequel je mets tout le blâme pour ces changements incommodes.

Pour nec plus ultra de cette journée brillante, j’ai mal aux dents et ni les aspirines ni le vin blanc n’arrivent à m’engourdir.

Comments

De tout coeur avec vous, j'ai connu cette situation moi aussi, sincères condoléances…

Je t'embrasse.

Je pense à vous dans les moments difficiles que vous vivez.

Bon courage pour vivre ces moments douloureux où grande tristesse, soulagement, regrets et tracasseries administratives se mêlent...Je pense bien à vous.

Se souvenir des beaux moments passés...Courage.

Je suis réellement de tout coeur avec vous et vous embrasse tendrement.


Ce texte n'est pas de moi. Je crois qu'il s'inspire tres librement d'un texte de Saint Augustin.

" La mort n’est rien !
Je suis seulement passée dans la pièce d’à côté.
Je suis moi, tu es toi ; ce que nous étions l’un pour l’autre, nous le sommes toujours.
Donne-moi le nom que tu m’as toujours donné, parle-moi comme tu l’as toujours fait, n’emploie pas un ton différent, ne prends pas un air solennel ou triste.
Continue à rire de ce qui nous faisait rire ensemble.
Souris, pense à moi.
Que mon nom soit prononcé à la maison comme il l’a toujours été, sans emphase d’aucune sorte, sans une trace d’ombre.
La vie signifie ce qu’elle a toujours signifié, elle est ce qu’elle a toujours été : le fil n’est pas coupé.
Pourquoi serais-je hors de ta pensée simplement parce que je suis hors de ta vie ?
Je ne suis pas loin, juste de l’autre côté du chemin.
Tu vois, tout est bien."

Merci pour tout.

Catherine

bains de bouche, advil, et rendez-vous au plus vite chez votre praticien ....
sinon, sincères pensées et toute ma sympathie (souffrir avec), pour vous soutenir dans cette épreuve.

la peine et le chagrin ne se partagent pas, on le sait bien... hélas.
Pensées chaleureuses

Amities et je te souhaite un 'happy thankgsgiving' dans ces moments difficiles.

Une amicale pensée pour les jours à venir.

Mes amitiés and my most sincere condolences.

Amitiés.

Amicales pensées.

John Donne
Meditation XVII: No man is an island...
"All mankind is of one author, and is one volume; when one man dies, one chapter is not torn out of the book, but translated into a better language; and every chapter must be so translated...As therefore the bell that rings to a sermon, calls not upon the preacher only, but upon the congregation to come: so this bell calls us all: but how much more me, who am brought so near the door by this sickness....No man is an island, entire of itself...any man's death diminishes me, because I am involved in mankind; and therefore never send to know for whom the bell tolls; it tolls for thee."

A la memoire de votre chere mere
Feruz

"C'est quand tu es ivre de chagrin que tu n'as plus du chagrin que le cristal"
René Char

Toutes mes pensées vont vers vous.

Tu es très courageux de parler de ça sur ton blog. Maintenant pleins de gens comme moi vont t'embêter avec des condoléances qui ne changent rien à ta peine...
Une pensée pour toi et ta famille pourtant.

Mes sympathies, Édouard.

Simplement.

Mes sincères condoléances à toi et ta famille.

Sinceres condoleances. Vraiment.

Edouard,
Nous pensons bien à toi.
Nous t'envoyons toute notre affection en ces moments terribles. Bien affectueusement.

Il y a toujours après la mort de quelqu'un, comme une stupéfaction qui se dégage, tant il est difficile de comprendre cette survenue du néant et de s'y résigner à y croire. (G. Flaubert)

Les mots manquent... Courage.

My sincere condolences with you and your family.

Sincères condoléances.

Je n'ai pas les mots, mais le coeur y est...