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Defatigatio

Après plusieurs rendez-vous avec l’avocat et son assistante antique (mais très avisée dans les affaires de testament), plein de coups de téléphone, je suis rentré à New-York où il fait froid et où il pleut et où suis ravi de me retrouver chez moi. On est sorti dîner avec l’amie marchande de tableaux, on a parlé des bonnes et des mauvaises qualités (imaginaires) de gens au poil pubien roux (le copain n’aime pas) en buvant des frozens (en dépit du temps atroce) et en parlant de façons de mourir (on est allé aux funérailles dimanche après-midi de l’ami qui s’était suicidé le lundi dernier). Je suis crevé, d’une façon presque intérieure plus que physique, je voudrais remercier tout le monde pour tous les commentaires de condoléances.

Je tiens à raconter une histoire typiquement folle de ces derniers jours — je cherchais à annuler un abonnement à un journal local et je parlais avec une jeune femme très gentille au nom de Jill. Je lui ai dit, tout simplement, que je voulais arrêter l’abonnement à domicile de ma mère. « Bon », elle m’a répondu, « il n’y a aucun problème. » Elle a tapé un peu en silence. Puis elle m’a demandé « Et elle rentre quand ? » C’était méchant, mais je n’y ai pas pu résister à la tentation, en lui répondant (et par souci d’authenticité totale, je le citerai dans sa langue originale) « Hmm, she’s dead, I hope she won’t be back. » La femme s’est écriée d’horreur (moi, j’avais plutôt une image tirée de « Thriller » de Michael Jackson) en s’excusant à profusion. (Un instant plus tard je me suis rendu compte qu'elle croyait que ma mère s'était seulement changé de villégiature pour quelques mois, comme beaucoup de ses amies, qui passent l'hiver en Floride.) Pour moi, c’était un petit moment d’hilarité dans une journée assez morne. Oui, oui, je serai puni.

Comments

Je ris, moi aussi.
Ici, nous sommes souvent harcelés au téléphone par des magasins nouvellement implantés qui cherchent à attirer la clientèle en proposant un cadeau de bienvenue. Or, pour obtenir ce cadeau, il faut que et madame et monsieur soient présents. Enervée par ces pratiques (que je me garderai d'expliquer ici), j'ai répondu qu'il m'apparaissait difficile que Monsieur puisse se présenter ; Monsieur étant décédé il y a deux jours.
La suite de l'histoire est la même....

L'humour sauve de tout...

je vous reconnais bien là!

Merci pour cette "rentrée littéraire" inattendu.

Je suis le copain de la vendeuse ! Vous lui avez franqué la frousse, c malin!