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Nuntia mala plura

Je suis retourné au tribunal ce matin, pas trop sous l’effet de multiples frozens qu’on a bus avec l’amie marchande de tableaux, de retour de Miami et ses foires d’art, et l’ami ex-Marine hier soir. On m’a fait entrer dans une nouvelle salle (avec trente-neuf autres) où les deux équipes d’avocats et la juge nous ont questionnés sur nos opinions sur les banques, les assureurs, les producteurs de cinéma, les contrats, les ruptures et les violations de contrat, et ainsi de suite. La moitié de l’assistance étant été autorisée à se retirer pour de diverses raisons, je croyais bien qu’on allait me choisir pour faire partie du jury (il leur fallait dix personnes en tout), mais non, on a préféré me replonger dans l’obscurité de la grande salle numéro 425 où patientent tous ceux dont on n’a pas envie. Mais aujourd’hui, après une demi-heure de lecture de La Possibilité d’une île, la grande noire aux cheveux blondâtres nous ordonne de nous rassembler et elle nous explique qu’on nous remercie de notre « service » et qu’on peut partir — donc, deux jours seulement. Autrefois, il fallait compter au moins deux semaines de disponibilité.

Je suis donc rentré chez nous vers 16 heures. À 18 heures j’ai téléphoné à l’amie marchande de tableau, qui avait eu un rendez-vous avec son médecin. Elle n’a pas eu de bonnes nouvelles. C’est déprimant. On a parlé de tout, de son diagnostic, de son traitement, de sa mort— ses parents arrivent lundi de Denver. Il y aura une nouvelle cure de chimio, qu’on versera directement dans le foie. Horrible à imaginer. Et rien à faire. Qu'à pousser encore un grand soupire.

Comments

Meilleurs souhaits au l'amie marchande de tableau.