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Defatigationes

Il y a de ces jours où, comme dans le poème du poète anglais Wordsworth, « the world is too much with us » . Comme l’auteur de ce billet chez dKos, je me sens accablé d’un sentiment auquel sont mêlés la fatigue, le dégoût, l’incrédulité, la fatigue, la colère, la frustration, la consternation, l’outrage et encore la fatigue. J'ai lu hier soir, dans le Times, un long article qui dévoile comment le régime Bush a bafoué notre Constitution et nos lois afin de poursuivre des recherches illégales sur des citoyens américains aux États-Unis. Bush et ses collègues se montrent de nouveau (et pour combien de temps encore ?) des hors-la-loi — au-dessus de toute loi qui leur déplairait. La droite ose crier à une « fuite traîtresse » faite par la presse dite de gauche d’une importance mille fois supérieure à l’affaire Plame, cette « salope » d'espionne de bureau. C’est rassurant aussi d’apprendre que les journalistes du Times et les éditeurs se sont tus pendant un an à la demande du régime (et à quels effets électoraux !). Et d’apprendre que plusieurs chefs politiques des deux partis ont été avertis des violations de la loi.

On en parle un peu partout — stupidement, les éditeurs du Times ne permettent pas à leurs propres journalistes de discuter leurs investigations — toujours une histoire de « protéger la sécurité nationale », tandis que les plus cyniques pensent que ce silence obligatoire servirait plutôt à protéger la Maison blanche qui crie « 9/11 ! 9/11 ! » chaque fois qu’on les découvre en train de violer la loi dans un but purement politique. En quelque sorte, la rédaction du Times se montre la complice médiatique de l’administration dans ses efforts de renseignement illégaux.

L’initiative législative entreprise par le sénateur républicain McCain pour interdire la torture « officielle » (quelle idée désespérante !) de personnes saisies par des Américains a dû finalement être acceptée par Bush, qui longtemps menaçait à lui opposer son veto. Mais Bush vient de déclarer que maintenant il veut bien signer ce projet de loi — et l’on apprend que l’amendement au projet de loi proposé par le sénateur républicain Graham permettrait la « considération » par les juges américains de témoignages obtenus par la torture, ce qui rendrait effectivement nul et non avenu toute interdiction réelle contre la torture. Encore un scandale qui ne soulève que bien peu de réaction chez mes compatriotes « moyens ». C'est démoralisant.

À l’opposé de son silence officiel dans l’affaire Plame à propos du rôle qu’aurait pu avoir son bras droit Rove, Bush n’hésite pas à se prononcer ouvertement sur l’innocence de son ami texan Tom deLay, malgré les enquêtes légales à son sujet qui sont toujours en cours.

En ce moment on le Sénat est en train de voter le renouvellement du mal nommé Patriot Act et on a rejeté dans un premier scrutin la clôture du débat commencé par le sénateur démocrate Feingold. Une petite lumière de décence.

Le copain s’est réveillé ce matin à six heures parce qu’il s’inquiétait de la grève du métro. Son employé habite l’arrondissement de Queens et il n’aurait donc aucun moyen pour venir au bureau — on a regardé le communiqué officiel du syndicat à la télé et c’est là qu’on a appris qu’il n’y aurait qu’une grève partielle dans quelques lignes d’autobus. Au moins pour le moment. On pourrait l’étendre à d’autres transports à partir de mardi prochain.

C’est drôle, j’ai l’impression qu’on s’en fout ici des élections législatives en Irak. Bush en parle, bien sûr, pour ne pas avoir à parler de l'histoire de l'espionnage domestique. Moi je prévois d’abord le retrait de troupes américaines et ensuite l’effondrement de l’état irakien, ce qui mènera à un Kurdistan indépendant, après quoi il y aura une invasion turque (on ne peut pas tolérer des « terroristes » à la frontière) et iranienne, et toute la région sautera encore une fois.

L’imprimeur vient de m’informer que les cartes de vœux du copain sont en retard — l’imprimerie, il m’a expliqué, se trouve dans le quartier chinois et les livreurs sont débordés par les livraisons de bouteilles de vin et de spiritueux, cadeaux de Noël traditionnels dans les affaires ici. On va me les liver à l'appartement — on fera un dîner-gala de timbrage ce soir devant la télé afin de les mettre à la poste demain matin.

Hier soir on est sorti dîner avec un vieil ami producteur d’émissions de télévision à la chaîne publique ici. On avait passé, lui et moi et ensuite le copain, plusieurs étés ensemble dans de diverses maisons louées aux Pins, dans l’Île du feu. On se demandait s’il serait « possible » (dans le sens de « souhaitable » ou d’« intéressant ») d’y retourner pour une saison. Le copain serait plutôt contre, tout comme l’ami producteur, qui dit que c’est un éden pour les jeunes et les obsédés du troisième âge. Moi je suis neutre. L’ami galeriste en a parlé — il ne veut pas retourner à la maison qu’il avait louée l’année dernière où il n’y avait pas d’eau potable !

Comments

Tu sais, Tu n'es pas le seul a penser ca. tu n'es pas le seul a penser etre tout seul a le penser. Je retrouve ton discours chez beaucoup de mes collegues (Ok, j'habite a Berkeley) mais finalement, je me demande si vous vous mettiez a le dire tres fort, vous ne seriez peut-etre pas si peu nombreux au final...
Je me demande si simplement tu ne fais pas parti de la majorite silencieuse. Peut-etre silencieuse, mais qui grandi de jour en jour. J'espere juste qu'un jour la soupape petera d'elle-meme.
Courage ca ne devrait plus tarder.
Comment je suis desesperent de naivete? ;-)

Oui, la constitution est bafouee ainsi que tous les droits individuels elementaires... Alors il faut se bouger.... Bush ne finira pas comme Nixon, mais cependant, pourquoi ne pas esperer qu'un jour, on arretera de se laisser marcher sur la tete pas tous ces gouvernements en disant merci....