« Defatigationes | Main | Non intellego »

Noster rex novus

Voilà, maintenant c’est public ! Ça existe pour de vrai, le fameux « complot international gai », un carnetier à Athènes, en Géorgie, vient de l’admettre dans ce billet (lié par Shakespeare’s Sister chez Kevin Drum). La direction de cette cabale néfaste se trouverait (where else ? au sous-sol de la tour Eiffel, puisque, « you know, everybody in France is totally, totally gay. » (J’espère que Superfrenchie, défenseur légendaire de la francité dans toutes ses diverses manifestations — c’est du sacré boulot, et puis en plus il arrive à courir des marathons — ne va pas m’accuser d'une francophobie irresponsable.)

placeabingdon.JPG
Vue de la place Abingdon, avec son petit marché de samedi au fond

parkingmcdo.JPG
Dans le parking d'un McDo au Connecticut le long de l'autoroute 95

Je suis avec intérêt le tourbillon médiatique qui a suivi la révélation des écoutes illégales approuvées par Bush depuis 2001, en dépit de la loi, de la Constitution, de n’importe quoi, en effet. C’est lui le roi, c’est lui la loi, c’est lui le tribunal — on n’a qu’à le laisser faire ce qu’il veut, puisqu’il s’est confié tous les droits.

Mais franchement je me demande vraiment pour combien de temps on va faire semblant de ne pas remarquer la transformation d’une démocratie, un peu fatiguée, on le sait, par la poursuite effrénée des buts des multinationales et d’autres intérêts particuliers, en un gouvernement voué au maintien de son pouvoir dans une sorte de totalitarisme mercantile pas très loin de celui de l’Allemagne en 1933. Reste à savoir comment le « peuple américain » va réagir quand il aura eu le temps de digérer la nouvelle que Bush ne respecte pas la loi. Une grande partie de ce « peuple » soutiendra Bush dans ses prétentions au « privilège présidentiel » car elle se fout, comme lui, de tout souci de constitutionnalité, mais il y aura peut-être quelques-uns qui se rendront compte que cette glissade est importante et dangereuse pour l’avenir de la république.

Le copain et moi, nous sommes arrivés à la campagne, ayant quitté Manhattan vers 11 heures après avoir réalisé quelques courses urgentes — donner des enveloppes remplies de quelques (menus) billets de banque pour les voituriers (il y en a douze, quand même !), acheter des paquets-cadeaux de comestibles plus ou moins de luxe (chocolats, thés variés, et ainsi de suite) et des crackers anglais qu’on offre à l’amie écrivain pour son dîner de Noël auquel on n’assistera pas cette année.

bienvenueadarien.JPG
Bienvenue à Darien — un Darien qui n'a que très peu à voir avec le Darien célèbre de la région métropolitaine

Comme on l’avait prévu, il y avait du monde sur l’autoroute — tout le monde s’empilait dans les centres commerciaux. On a fait une escale chez le McDo de Darien — « village » huppé voisin de Greenwich et de New Canaan dans le comté de Fairfield, qui font tous partie de la « Côte d’Or » où le revenu moyen est de l’ordre de 155.655 $ par ménage, ce qui place le comté en cinquième parmi les comtés les plus riches des États-Unis.

chezmcdo.JPG
Du monde dans le McDo de Darien

Mais on ne s’en rendrait pas compte ici, où il s’agit d’une Amérique tout autre qui se bourre de matières graisses hypercalorifiques. Nous aussi, d’ailleurs — mais je souligne que c’étaient des sandwichs de poulet grillé dont le mien était sans sauce (le copain n’a pas eu la force d’y résister, le pauvre).

surlautoroute.JPG
Les flics arrêtent une voiture sur l'autoroute

vospapiers.JPG
« Vos papiers, monsieur » — en effet, c'était un jeune homme qui conduisait comme un fou

voituredepolice.JPG
La voiture de police vue de près

Comments

C'est l'enfer, chez Darien. Cela dit, le chignon broché de la dame en gris, à gauche, n'évoque quand même pas le quart-monde.
Il faudra nous expliquer, cher Édouard, pourquoi vous avez choisi ce nom de "sale bête", alors que vous n'êtes ni l'un ni l'autre — c'est un bonheur de vous lire et de voir vos photos, quotidennement ou presque.

Gabriel, vous avez raison — elle est un peu exceptionnelle, la blonde dans la photo (je ne l'avais pas remarquée en prenant la photo très très discrètement — je feins être agent de la CIA ou de la NSA avec mon appareil photo usé).