Suburbia
Des musiciens sud-américains (péruviens, je crois, mais je ne suis pas sûr) jouent dans la gare pour les clients du chemin de fer
On fait la queue devant les guichets
Mais c’est du vrai travail, passer un week-end à la campagne en invité. Pour le copain et moi, c’est une expérience plutôt nouvelle. On s’était tous réunis à un endroit très spécifique dans la gare du chemin de fer de l’Île Longue pour attendre l’annonce de quai pour le train à destination de Ronkonkoma, un de ces noms indiens qui font sourire les familiers de l’Île — on se moque de prononciations grotesques faites par des étrangers (américains et autres) qui ne connaissent pas les accents corrects : Ronkonkoma, par exemple, se prononce ron-KON-ko-ma, et non pas ron-kon-KO-ma ou autrement. Là on est monté dans la voiture pour un voyage supplémentaire de plusieurs miles sur l’abomination autoroutière qu’est l’autoroute de l’Île Longue jusqu’à la sortie nº 67, qui nous déverse dans le joli village et station balnéaire de Bellport, où habitent des gens chics (le photographe homoérotique de mode Bruce Weber, l’actrice Isabella Rossellini, le peintre anglais Malcolm Morley) qui, tous, préfèrent éviter les foules arrivistes des grandes stations telles Southampton, East Hampton, Sagaponack ou Amagansett.
Notre rendezvous est fixé pour 19h30 juste devant ce magasin de journaux (et de revues pornos), tout près du quai
On monte dans notre wagon
Dans le parking de la gare à Ronkonkoma — il y avait beaucoup de brouillard
Notre ami habite une jolie petite maison traditionnelle dans le hameau de Brookhaven, à quelques pas de Bellport. Un bref passage chez le supermarché pour acheter des œufs et du bacon pour le petit déjeuner de demain.
Les rayons « fruits » du supermarché de Bellport
Une fois installés dans notre chambre au 1er étage, le copain et moi sommes descendus au hall (« great room ») — une nouvelle salle énorme ajoutée à la maison principale il y a un an et demi — c’est une mode contemporaine qu’on ne comprend pas trop, le copain et moi, ce « retour au médiéval » dans l’architecture de banlieue.
Vue partielle du « great room » nouveau
Une vue partielle de la nouvelle cuisine, que le copain lui envie
Le plancher recouvert de pierre est chauffé par des tuyaux d’eau invisibles, à la grande joie du copain, qui lui a toujours froid.
Le copain s'est écrié « Mais il a un Oscar, le salaud ! » mais en réalité il ne s'agit que d'un prix Emmy pour un programme de télévision
Un verre de vin chilien et quelques bouchées de pâté de foie gras avant de partir dîner
L’ami nous a ouvert une bouteille d’un chardonnay chilien Puerto viejo de la Vallée de Curicó qui n’était pas mauvais (et ici je dis bravo aux Chiliens pour l’élection hier de Michelle Bachelet) et ensuite on est remonté dans sa petite voiture, une vieille Golf, pour aller dîner dans un restaurant « djeune » du coin, Painters.
Dans le restaurant Painters
Bruyant, pas mal de monde autour du bar et dans les salles de billard, on y a assez bien mangé et c'était marrant de pouvoir regarder les indigènes dans leur habitat natif.
Quelques exemples de la faune locale
Samedi matin on est tous resté au lit (pour récupérer) jusqu’à très tard. On a fait cuire le bacon dans le micro-ondes (moins de salissures de graisse un peu partout mais aussi moins savoureux, à mon avis). Ensuite notre ami nous a balancés de nouveau dans la voiture car il voulait passer chez Costco, un de ces énormes entrepôts de vente à bas prix qu’on ne connaît pas à Manhattan. N’aimant pas trop ce genre de magasins, je me suis laissé à prospecter la foule pour découvrir de « charmants jeunes pères » à poussettes d’enfants — malheureusement il n’y en avait pas beaucoup !
Dans le parking du Costco — il y avait du monde pusiqu'il faisait un temps plutôt gris — mieux vaut aller faire du shopping que de rester à la maison devant la télé, je suppose
C'est énorme, ce magasin ! On reste ébloui devant les postes de télévision à écran plat
Ici on est dans le secteur « épicerie »
J’ai acheté des cerises importées du Chili (pas excellentes mais mieux que rien) et l’ami a trouvé du crabe pour notre repas du soir. L’invité au dîner est arrivé vers 19h30 — c’était un homme d’affaires retraité dont le partenaire, steward chez les American Airlines sur les lignes des Caraïbes, est resté à St-Jean.
Table des amuse-gueule samedi soir
Ils partent cette semaine pour des vacances en Costa Rica, où ils se logeront à un hôtel sur la côte Pacifique du pays — cette société hôtelière gaie a deux autres établissements, à Key-Ouest (l’hôtel mère) et à Paris, naturellement dans le Marais. Il nous a dit qu’il n’y avait en effet rien à faire là-bas (une fois la forêt tropicale visitée) à part se reposer sur la plage à lire et à se baigner dans l’eau limpide qui a une température d’environ 28º.
Samedi soir il a commencé à neiger, accompagné d’un vent assez fort qui agitait les arbres. Une véritable tempête, quoi ! Accompagnée d’une baisse subite de la température ! On avait froid dans notre petite chambre à coucher aux fenêtres battues par le vent.
Le garage dans la neige
La neige vue de la porte principale de la maison
Dimanche matin, rien de spécial — un peu d’Internet (l’ami a le sans-fil à haut débit chez lui, youpi !) Je fais le café, on passe des heures à fouiller dans les bases de données de services de rencontres gais — l’ami cherche un copain — mais c'est dommange, il y a peu de gens dans les listes qui habitent l’Île Longue. Le copain fait les croissants dont il a commencé à préparer la pâte hier soir et on les a mangés avec de la confiture de mûres maison. Vers 14 heures on a quitté la maison pour nous rendre à la gare de Patchogue, où l’on a pris le train de 14.31 pour la gare de Pennsylvanie.
Vue de la banlieue de l'île Longue prise du 1er étage d'un wagon du chemin de fer de l'île Longue
On était tous les deux contents d’être chez soi, où l’on a commandé du chinois et on a regardé d’abord le dernier épisode de « Battlestar Galactica » et ensuite le dvd « The Nomi Song » sur le chanteur allemand Klaus Nomi qui a fait carrière à New-York au début des années 80 avant qu’il ne meure du sida. Le film n’est pas parfait, mais il présente une petite partie de cette vie d’avant-garde née à New-York.
Aujourd’hui, c’est la fête de Martin Luther King. Le gymnase était rempli. Mon entraîneur (noir) m’a dit qu’il pensait que MLK serait fier de lui.
Comments
Plutôt qu'Île Longue, je sais pas si je ne préférerais pas Île Allongée... Qui n'est pas une traduction vraiment plus proche, mais possède une meilleur sonorité, je trouve.
A la rigueur, peut-être même Longue-Île?
Posted by: dr Dave | janvier 16, 2006 03:21 PM
Cher Docteur, je suis seulement l’usage de cette carte publiée à Paris en 1730, de celle-ci publiée en 1734 (et que l'on trouve dans l’excellent site de la Bibliothèque nationale du Québec) et de celle-ci publiée en 1786 — vous voyez bien combien je suis peu porté au néologisme. Je le fais aussi, je l'avoue avec une certaine honte, pour taquiner tout doucement le Sieur GvGvsse, supercosmopolite, qui parle toutes les langues, et qui ne l’aime mais pas du tout quand je « francise » les noms de lieux new-yorkais et américains. Il faut pourtant admettre que j’ai un problème : comment appeler les habitants de cette île allongée ? Les Îlelongueais ? Les Îlelonguiens ? Avez-vous des suggestions ? Merci de votre prompte réponse.
Posted by: Édouard | janvier 16, 2006 04:28 PM
Les Longuisliotes. Ou les longues idiotes. Au choix.
Posted by: Sakakini Pacha | janvier 16, 2006 04:42 PM
SP, bravo et merci, vos suggestions sont toutes les deux excellentes !
Posted by: Édouard | janvier 16, 2006 04:56 PM
Reading your post without grabbing a dictionary was a small linguistic victory.
Posted by: Mizez Slo | janvier 16, 2006 06:35 PM
Mme Slo, dites-le en français, s'il vous plaît ; )
Posted by: Édouard | janvier 16, 2006 06:51 PM
Ah, mais alors s'il y a précédent, je m'incline!
Je pensais naïvement que ces charmantes traductions étaient des néologismes...
En ce qui concerne le gentilé, je vois plusieurs possibilités:
- La solution classique serait probablement Îllonguiens (qui garde la dissonance originale, mais pourquoi pas).
- A la rigueur, Îllonguois (Longuîlois?) s'assortirait mieux à une traduction émanant du Québec (où le 'ois' est un suffixe de gentilé très courant, me suis-je laissé dire).
- Mais pourquoi ne pas être un peu créatif et envisager des Insulonguiens, Insulonguois voire des Insulonguais?
Quoi qu'il en soit, je vous laisse le soin de choisir le terme le mieux adapté...
Posted by: dr Dave | janvier 16, 2006 07:22 PM
rien à voir : les résultats des golden globe qui ont sacré "brokeback mountain". Pas encore sorti en France (c'est demain), il me tarde de le voir depuis votre critique il y a quelques semaines. En tout cas, vos compatriotes ont osé récompenser un film non conventionnel (bravo), même si certains cinémas, à Salt Lake City je crois, ont refusé la diffusion du film....Bonne journée.
Posted by: ella | janvier 17, 2006 12:29 AM
pour les habitants de l'île longue, je suggère aussi les longuiliens ou les longuîlais. Merci pour toutes ces photos. C.
Posted by: C. | janvier 17, 2006 01:55 AM
édouard, mille merci, maintenant je sais prononcer ronkonkoma (j'y ai un client), je vais arrêter de lui vriller les oreilles.
Posted by: wam | janvier 17, 2006 02:49 AM
Ha. D'accord. C'est une petie victoire linguistique pour lire votre billet sans un dictionnaire!
Posted by: Mizez Slocombe | janvier 17, 2006 05:53 AM
que du bonheur, les photos, les liens avec les cartes, il y a des blogs qui déçoivent, mais jamais le vôtre... merci, merci... maryse
Posted by: maryse | janvier 17, 2006 06:25 AM
Je suis heureux de vous être serviable, wam — voulez-vous bien tenter de prononcer ce nom de village ilelonguien « Happauge » ? (Voici un drôle de site sur les habitudes spécifiquement « ilelonguiennes ».)
Oui, c'est ça, c'est beaucoup mieux, Mme Slocum
Merci beaucoup, Maryse.
Posted by: Édouard | janvier 17, 2006 12:35 PM