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De libertatibus

N’étant pas électeur français et n’ayant donc aucune position en droit vis-à-vis de la jurisprudence française, je me méfie un peu de me mêler aux remous carnetiers qui se lèvent actuellement à propos du licenciement d’un proviseur à cause de son carnet. Ici, dans les campagnes politiques ou de pression, on nous dit souvent qu’il vaut mieux ne pas inonder les représentants d’états où l’on n’habite pas de courriels et de lettres de protestation ou d'appui, puisque ces représentants se moquent complètement de l’opinion de ceux qui n’ont pas la possibilité de les élire (ou de les chasser de leurs postes). En plus, je ne peux pas dire franchement que je comprends ce que c’est qu’un proviseur. Mais j’ai été un lecteur occasionnel du carnet dont il est question et je n’y ai jamais trouvé rien de pornographique. L’auteur, qui est gai, a montré dans ces pages ce que j’appellerais, peut-être à tort, une « sensibilité gaie » — il a de temps en temps commenté, par exemple, les « bogosses » médiatiques du jour (personnellement je n’avais jamais entendu parler ni vu Bruno Putzulu, donc pour moi c’était une révélation intéressante). Mais à part cela, je n’avais trouvé que des discussions, pour moi souvent assez obscures, sur des réunions bureaucratiques en particulier et sur l’éducation nationale en général, ou sur son nouvel ordinateur Apple, ou des remarques pleines d’un vrai charme telles celle-ci, qui date du 20 février 2005 : « Je me demande si je ne suis pas plus gêné à l'idée qu'on se rende compte que j'ai fait une lipo plutôt que l'on sache que je suis pédé. » Je ne peux pas dire si le carnetier ait manqué ou non à un prétendu « devoir de réserve » quelconque en écrivant et en publiant sur Internet ses opinions et ses commentaires sur sa vie, mais j’ai par contre bien l’impression que son homosexualité, et son expression pourtant bien anodine dans son carnet, a joué un rôle pour le moins illégitime dans son licenciement, ce qui n’est pas sans rappeler les excès des puritains révolutionnaires de mon propre pays ou de pays comme l’Iran. Ce qui ne flatte en aucune manière la France, ni son Éducation Nationale. J’espère que la pression populaire, lancée par la carnetosphère française et élaborée avec son élégance habituelle par Me Éolas, fera effet et que le professeur carnetier pourra bientôt continuer à remplir ses responsabilités professionnelles avec le talent et la compétence que personne ne met en doute.

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Ah, voilà, c'est comme ça qu'on monte un panneau publicitaire — dans la place Sheridan

Hier soir on est allé, invité par un ami « engagé », à une réception organisée pour accueillir dans le quartier le nouveau maire de l’arrondissement de Manhattan Scott Stringer.

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Le barman aux cheveux « blonds »

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Les bougies le long des fenêtres du 1er étage

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Une amie et mère fière de ses enfants

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Un buffet « français » avec des fromages et du pâté — le traiteur est d'origine française

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Notre hôte en chemise violet (ou prune ?)

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Un jeune homme tatoué — et pour qui j'avais le béguin avant que je ne rencontre le copain — il est romancier, c'est insupportable !

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Il y avait trop de vieux cons hippies soixante-huitards comme moi — le Village en est plein à vomir, c'est dégueu

C’est un homme politique tel qu’on les aime ici — petit, souriant, avec un accent identique à ceux qu’on a entendus dans la série http://www.tv.com/seinfeld/show/112/summary.html Seinfeld, bon fils.

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L'arrivée du maire d'arrondissement Stringer — on s'empresse à le saluer

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transparency...bla bla bla...openness...bla bla bla...community participation...bla bla bla...my mother...before I had grey hair...et ainsi de suite

Je ne peux pas dire exactement comment il va « gouverner », ni quels sont ses pouvoirs. Mais les invités l’ont vivement applaudi et après son court discours, il s’est laissé aborder par qui voulait lui parler.

La francophonie de quartier : je suis sorti faire des courses hier soir (il nous fallait des grands sacs poubelles, des rouleaux d’essuie-tout, du papier hygiénique) et je suis allé d’abord passer chez le supermarché le plus moche, le plus lugubre du Village, peut-être de toute l’île de Manhattan — il s’agit du supermarché Gristedes de la place Sheridan, nº 3 (cliquez sur l’icône sud-ouest du carré de quatre supermarchés qui se trouvent en haut de la carte — les deux magasins en bas de la carte se trouvent à Ville-du-Parc-de-la-Batterie). Quand je suis arrivé à New-York, à une époque qui se situe entre l’éocène (débuts de la musique disco) et le pléiocène (disparition des clones), ce supermarché s’appelait Sloan’s (voici un article assez intéressant sur l’évolution et les guerres fratricides des supermarchés à Manhattan de 1960 au présent). Rien de spécial, c’est sûr — tubes fluorescents au plafond, produits fatigués dans les rayons, couloirs non pas de la dernière propreté. Gristedes, c’était la chaîne de luxe, on n’en voyait pas dans le Village, terre d’asile des non-conformistes peu riches. Puis, tout a changé. Le vieux marché Balducci’s s’est transformé en petit Fauchon de la 6e avenue, on a vu l’arrivée de Dean & Deluca dans le nouveau quartier de SoHo, l’arrivée du marchand de poisson Citarella (transformé depuis en épicerie fine), et ainsi de suite. Le Sloan’s de la place Sheridan est devenu un Gristedes, mais de la qualité originale de la marque n’est plus. C’est un endroit petit, étroit, sombre, mal illuminé, incohérent.

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Cette photo « nettoie » le plancher et les rayons du Gristedes de la place Sheridan

J’ai trouvé ce que je cherchais et je les ai vite payés. Je me suis dirigé ensuite vers le Garage du Gourmet (merci, T) (rha la la, on va gueuler), où j’allais nous approvisionner en vivres — des céréales, des boîtes de thon, du jus d’orange, du lait écrémé (faut toujours faire attention à la ligne), un pot de chili au dindon (miam, et l’on oublie la ligne), des chips (ditto) plutôt exotiques, etc. Je me pointe vers les caissières. Là, autour de moi j’entends tout d’un coup des phrases en français. La jeune femme devant moi, noire, parle en français avec la caissière à ma droite. « Vous êtes Haïtienne ? » je demande à la caissière. « Non » me répond-elle avec un beau sourire. « Malienne. » « Ah, bon. » « Moi, je suis Haïtienne » me dit la jeune femme devant moi qui pose ses sacs dans une sorte de chariot. « Mais, ici, tout le monde parle français » ma caissière à moi crie en riant à son chef, un homme noir tout grand, toujours très sérieux. Ma caissière, elle, a l’air un peu asiatique, ou peut-être hispanique. « Mais vous venez d’où ? » je lui demande en posent mes achats sur le tapis roulant. Je la connais depuis des ans, elle est charmante, et elle parle anglais avec un accent noir, presque hip-hop. « Mais de France, bien sûr » me dit-elle, avec un sourire un soupçon railleur. C'est vrai qu'elle parle un français sans aucun accent. On se dit tous « Au revoir », la Française, la Malienne, la Haïtienne et moi.

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Par contre, tout est plus propre et plus beau (y compris les mecs) dans les rayons du supermarché D'Agostinos de la rue de Béthune — mais c'est plus cher aussi, ce qui est dommage !

Y aura-t-il une guerre, oups, j'ai voulu dire une « intervention militaire préemptive israélo-américaine », en Iran en mars ? Comme on nous le répète à la télé, « stay tuned. » (Mais la bourse à pétrole y croit un peu.) Et l'on ne touche pas à la Bourse de Tokio pour quelques jours, d'accord ?

Comments

J'adore "Il y avait trop de vieux cons hippies soixante-huitards comme moi — le Village en est plein à vomir, c'est dégueu" vraiment tres drole. Je confirme, il y en a toujours beaucoup a Manhattan... mais je crois que maintenant beaucoup d'entre eux vivent a Brooklyn. Pour ce qui est de "Gourmet Garage", je m'insurge, cher Edouard, ce n'est pas "Gourmets' Garage" donc la traduction francaise est a revoir;)

Edouard,
J'ai eu peur de vous avoir perdu ne pouvant plus me connecter à votre site. J'ai pensé que peut-être la censure bushienne...

Merci pour les mots d'encouragement.

:)

moi aussi je me suis inquiétée de ne plus pouvoir me connecter.. et je me demande pourquoi il n'y a plus de messages depuis une semaine....

est-ce que tout va bien ?

Edouard, je profite d'un bref moment de connexion pour vous envoyer mes amitiés.

J'espère que rien de fâcheux ne vous est arrivé.

Mon fil rss et mon chat miaulent de contrariété en voyant votre case précédée du triangle orange.

Edouard, je profite d'un bref moment de connexion pour vous envoyer mes amitiés.

J'espère que rien de fâcheux ne vous est arrivé.

Mon fil rss et mon chat miaulent de contrariété en voyant votre case précédée du triangle orange.

Super ce site NYC
je ne m'en lasse pas
je l'ai trouvé en cherchant "village vanguard" images. Les photos nous transportent dans un autre univers pour nous les braves français de province. mieux qu'un voyage en Afrique (en à fric). Merci continuez