Ad Philadelphiam (bis)
Samedi matin j'attends mon train dans la gare de Pennsylvanie, immeuble infect qui a remplacé — ô, comme c'est typique ! — un chef-d'œuvre architectural
Samedi matin je me suis levé un peu en retard — je me suis dépêché donc pour avaler mon café matinal et prendre ma douche avant de me rendre à pied à la station de métro de la 14e rue où j’ai pris le métro jusqu’à la gare de Pennsylvanie, d’où je suis parti pour Philadelphie. Une fois arrivé à la belle gare de la 30e rue, construite en 1934, dans la ville de la fraternité, je me suis dirigé vers la gare des trains de banlieue, où j’ai pu monter sans attendre plus d’une minute dans un train à destination de Wyndmoor, dans la banlieue nord-ouest de Philadelphie.
L'élégant intérieur de la gare de la 30e rue à Philadelphie
Sur le quai de la gare des trains de banlieue
Vu du train, le beau musée d'art de Philadelphie au fond au milieu
Je suis marché à pied (chose rare ici) de la gare jusqu’à chez ma sœur.Elle m’a fait un grand café et on a causé un peu sur n’importe quoi — je lui ai dit que si notre mère revient en fantôme, je disais qu’elle chuchoterait dans l’oreille d’une personne dans la salle de bain « Do you have to use all the towels ? », et à une personne qui sort un verre du placard « Do you have to use all the glasses ? » et à la personne en train de mettre les plats et les verres dans le lave-vaisselle « You’re putting them in the wrong way » (suivi d’un long soupir) — donc, au lieu d’être un fantôme qui menace ou qui fait peur, elle serait plutôt un fantôme qui tape sur les nerfs, probabilité que ma sœur était forcée à reconnaître.
On a fait nos courses dans la vieille avenue de la Ville des Allemands, la rue haute du village
J’ai refait mon coq au vin habituel pour l’apporter chez des amis qui ont dû passer l’après-midi à s’occuper d’une fête d’anniversaire d’un de leurs deux enfants qui a eu lieu dans un bowling du coin. Ma sœur et moi, nous y sommes arrivés avec notre casserole, du fromage (Comté, chèvre et Pont-l’Évêque), deux baguettes d’une boulangerie du village du Coteau des Marronniers (aussi connu sous son nom anglais « Chestnut Hill »), et plusieurs bouteilles de vins rouges français, tous cuvée 2003 (et excellents). On s’est bien amusé à parler de tout et de rien, mais l’un de leurs deux garçons est vraiment un nouveau Damien. Ils ont deux chiens adorables, un labrador jaune et un berger islandais, qui a huit mois et qui m’a complètement séduit. J’ai pris un tas de photos que je vais montrer au copain (hint, hint).
Le labrador et le berger islandais
J'ai eu grand envie de l'enlever, c'est vrai
Mon beau-frère est rentré de sa conférence vers une heure de l’après-midi et l’on est donc tous allés en ville pour déjeuner. Ils ont choisi le restaurant Caribou dans la rue Sapinette (ou Spruce, comme vous voulez) à l’angle de la 12e rue, en plein centre du quartier gai de Philadelphie (le Gymnase de la 12e rue est la salle de sport gaie par excellence de la ville) — ça avait l’air d’un bistro français assez authentique, même si l’on chantait le blues en bas (on était assis au 1er étage).
Un mélange de bâtiments typiquement philadelphien
La façade du Gymnase de la 12e rue à Philadelphie
J’ai pris des œufs brouillés au saumon qui étaient bons et après un double express on m’a déposé à la grande gare de la 30e rue.
Dans le restaurant Caribou
Les ruelles pittoresques du centre ville de Philadelphie
À Philadelphie il y a plein d’appartements à louer dans le centre ville qui ne sont pas chers du tout — je suis presque tenté d’en louer un pour pas cher et de le traiter comme une maison de campagne accessible par train.
Le copain m’a téléphoné à dix heures, il avait fini le marathon en quatre heures et deux minutes — un temps passable, mais pas extra et trop lent, hélas, pour lui permettre de courir le marathon de Boston. Il rentre ce soir, assez tard. Moi, je tape ce billet à bord le train Amtrak régional, et je le publierai quand je serai de retour à l’appartement.
Sur le quai de la gare à Philadelphie — et un hommage au peintre Edward Hopper
(Bon, je suis dans l’appart’ à regarder Les Ménagères désespérés (en rediff) et le copain est toujours sur une des pistes de l’aéroport de Miami — il vient de me téléphoner de son siège — l’avion est complet, plein de Français et de Sud-américains, ils s’excusent du retard en se plaignant d’orages autour de New-York, mais ici on n’a eu rien, quelques gouttes de pluie, ah, qu’est-ce qu’ils mentent ! )
Comments
J'ai regardé toute la première saison de "Femmes au foyer désespérées" en DVD, cette fin de semaine avec le lapin. Il trouve que je ressemble à Bree. Je ne sais qu'en penser.
Posted by: Laurent | janvier 30, 2006 06:41 AM
Hmm, dans ce cas-là, je pense qu'il veut dire que tu as des « control issues », comme on les nomme ici ; )
Posted by: Édouard | janvier 30, 2006 10:03 AM
Salut Ed,
Je reviens ici après pas mal de temps. Le manque de régularité force parfois à de bien curieux téléscopages. Je te présente donc mes condoléances et je te souhaite aussi une bonne année.Gasp...
A part ça, Paris se porte bien. Nous nous regardons décliner avec une délectation masochiste que compensent à peine les difficultés de fin de mandat de votre bien aimé G. W. Bush.
Inutile de chercher vos historiens: ils sont tous ici à nous observer à la loupe. Nous attendons les sociologues de pied ferme, et dans pas longtemps, peut être, avec de la chance, les touristes.
Je voulais aller aux States, mais nous avons des problèmes de passeport, ici. Nous sommes bien les seuls, car je crois que les terroristes persistent à franchir les frontières sans grande difficulté. Ce sont des gens aussi contrariants que les douanes américaines, ce qui n'est pas peu dire.
Voilà en gros les nouvelles du front.
Posted by: Tschok | janvier 30, 2006 11:19 AM
Merci Édouard pour ce lien sur les photos "comparatives" des deux gares. Et un petit commentaire juste pour dire que précisément, ça se passe de commentaire, en effet.
Posted by: Azure-Te | janvier 30, 2006 01:03 PM
Et moi, je suis totalement Lynette Scavo !
Je lis ton blog avec plaisir depuis des mois.
J'espère que cette année du chien de feu te sera plus douce que l'année du coq.
Posted by: Marie-Hélène | janvier 30, 2006 05:53 PM