Ego viator
Goutte à goutte : il vaut mieux ne pas payer le solde débiteur sur une carte de crédit (par Americablog) ; la torture n’est pas permise (sauf à Guantanamo) ; le public américain est assommé d’infos désagréables sur la situation actuelle en Irak (guerre civile, attentats répétés, « gouvernement » irakien désuni, à un tel point qu'on ne réagit plus. Ce matin à la radio publique on a parlé ouvertement et pendant une heure de plusieurs propositions d’empêchement de Bush (certains hésitent à réclamer l’empêchement de Bush, vu l’accession prévue par la constitution à une présidence vacante par le vice-président, en l’occurrence Cheney, qui lui est même plus haï que Bush.)
Arrivée à Bay-Ridge, à la sortie de métro de la 86e rue et la 4e avenue
Entrée de l'immeuble où habitent nos amis à Bay-Ridge, construit dans les années 30, un mélange de déco et de néo-classicisme un peu curieux
Rien ne changera ici que s’il nous arrive une crise économique brutale (chute de la bourse causée, par exemple, par une suspension de livraisons de pétrole du Vénézuéla vers les États-Unis ; une opération militaire contre l’Iran ; une autre surprise géopolitique) qui réveillerait finalement le public au danger de Bush. Par contre, avec les sondages de ces derniers jours très défavorables à Bush, je ne serais pas surpris qu’il ne nous arrive un attentat important pour permettre à l’Administration de reprendre son faux manteau, bien usé à présent, de « grand sauveteur de la nation en péril ». Non, on est trop confortables, on ne voit pas de torture au coin de la rue, nos amis ne disparaissent (toujours) pas dans des prisons à l’étranger ou dans celles qu’on est en train de Oscarabili » au lieu de se concentrer sur le compte des morts civils à Bagdad. Pour le moment, on voit quelques petits efforts assez risibles, mais il n’y a aucune colère véritable. On nous montre comment on nous vole nos élections par le moyen de votes électroniques, mais on hausse les épaules. Il faut cultiver son jardin — jusqu’à ce que le jardin n’explose.
Au restaurant Chianti, où l'on a commencé notre repas avec des calamari frits et un plat d'antipasto
Extérieur du restaurant Chianti à Bay-Ridge
On va ce soir, en principe, à la campagne. L’agente immobilière a déjà montré la maison à plusieurs clients — elle a trois rendez-vous prévus pour demain dans l’après-midi. J’ai vérifié avec l’oncle du copain, le monsignor de Staten-Island, le programme pour l’enterrement de ma mère, qui aura lieu le vendredi 7 avril vers 10 h 30, après quoi on aura une petite réception-déjeuner à la maison. C’est drôle, ma mère n’a pas voulu de service religieux ou mémorial, mais on en fait un quand même. C’est pour les survivants, on m’explique. Je le veux bien. Je pense qu’elle comprendrait pourquoi on doit en faire un petit service bien court.
Un curieux (et assez lugubre) mémorial aux morts des attentats du 9 septembre 2001 qui consiste en des étiquettes avec les noms et les dates de naissance des morts collées sur les tuiles dans la station de la 14e rue — beaucoup ont été complètement ou partiellement enlevées
Notre visite à Bay Ridge mardi soir s’est bien passé — le mari, qui est marchand d’art, ayant dû s’absenter à cause d’un client, on a dîné avec la femme et leur enfant, qui est écolier de « second grade » un soupçon gâté. On est allé manger italien, en hommage au quartier un peu mafieux. On a eu un jeune serveur beau, costaud et d’origine monténégrine (non, cela ne se voyait pas, j’ai dû lui demander d’où il était sorti) à une voix de basse légèrement accentuée à faire tomber les femmes et, je me cite en exemple, un nombre d’hommes. On nous a servi une cuisine italienne pas très moderne. Le plus remarquable, c’était qu’on a pu y aller et rentrer par le métro — la ligne R — et il n’a pris que 35 minutes de trajet à partir de la 34e rue. C’est beau, les transports publics (au moins, quelques fois.)
Un derrière de voiture bien new-yorkais (et berkléen, j'en conviens) — on réclame l'empêchement de Bush, on est féministe, on est gai, on est laïc !
Un attentat terroriste végétarien ? L'autocollant déclare « Be kind to animals, Don't eat them »
Notre quartier désert, tout le monde est toujours au lit — on se lève bien tard dans le Village