Peregrinari
Serait-ce à cause du printemps (mais il fait toujours froid ici) que je ressens du Wanderlust — le copain par contre ne veut pas quitter son travail, même pour une courte semaine. Je le comprends. De ces deux jeunes employés, il y en a un, d’origine malayo-chinoise, que le copain aime bien et qui donne l’impression de comprendre ce qu’il faut faire pour remplir ses responsabilités. L’autre, originaire du Kansas et d’une éducation dite « chrétienne », ne semble pas prêt à saisir vraiment de quoi il s’agit dans la petite entreprise du copain — il porte un prénom biblique assez peu commun (hors de certaines histoires pornos de jeunes « fermiers » robustes du Midwest qui s'appellent tous comme ça — Josh(ua), Jacob, Jo(seph), Seth, Ben, Asa, Hiram, Ethan et ainsi de suite) et il a été choqué qu’on lui ait fait la remarque plutôt anodine que son prénom était d’origine hébraïque. « Mais je ne suis pas juif ! », il s’est écrié. Ce type aime beaucoup discuter de la religion, le copain m’a dit, et il a dû lui conseiller fortement de présumer que toute personne rencontrée par hasard à New-York fût juive et qu’elle n’aurait donc peu d’envie de parler avec lui au sujet du christianisme ! J’ai l’impression que le copain va bientôt profiter du « CPE » en vigueur chez lui pour dire au revoir au Kansasais (saviez-vous qu’il existe un billet fort utile au Wikipédia sur les gentilés des États-Unis d’Amérique !) et il va falloir recommencer tout le processus d’embauche. Tout cela pour expliquer pourquoi je ne compte pas beaucoup sur la probabilité de grands voyages dans un proche avenir. On passera peut-être au Québec — j’ai envie, comme je l’ai déjà remarqué, de visiter les provinces maritimes de la Nouvelle-Écosse, du Nouveau-Brunswick, l’Île-du-Prince-Édouard et les îles de la Madeleine. Et pourquoi pas St-Pierre et Miquelon ? On a la vieille bagnole Honda qui arrive toujours à marcher.
Il y a un autre itinéraire qui m’intéresserait aussi — New-York-Paris-Trieste-Istrie-Côte dalmate-Dubrovnik-Venise-Paris-New-York. Le copain est d’accord, mais il ne peut pas quitter son travail. Un de ces jours, donc. Les photos de Buenos-Aires publiées par Patrick me donnent envie de revoir cette belle ville.
J’allais tenter d’écrire une critique intelligente du dernier roman d’Houellebecq La possibilité d’une île. Heureusement, Hoëdic l’a déjà fait, et évidemment c’est beaucoup mieux que je ne l’aurais pu faire.