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Res immobiliares

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Que ces blocs du Côté ouest de Manhattan sont longs, surtout sur un soleil de plomb

Je ne sais pas très bien pourquoi, mais ce matin en buvant mon café au lait matutinal devant l’écran de mon ordinateur portable j’étais porté à regarder de la pornographie… immobilière, à savoir une sélection assez lubrique de deux à trois pièces à Paris, dans les 7e, 6e, 1er, 2e, 3e arrondissements. Le copain n’en était pas du tout content. « T’as laissé tomber la belle occasion l’année dernière » il a grogné. J’ai fait semblant de ne pas l’entendre (et ce n’est qu’un des multiples talents utiles qu’on développe après quinze ans de cohabitation) tout en m’imaginant propriétaire d’un joli pied-à-terre rue de Verneuil avec « belle hauteur sous plafond, parquet, moulures, cheminées » dans un « immeuble XVIIIème en PDT » — vous voyez jusqu’à quel point j’avais déjà assimilé le langage et l’esprit codé des publicités immobilières du Figaro (et ce billet très intéressant de Me Eolas m’en a donné de nouveaux exemples, comme « un meublé »).

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Vers la tirelire de la 5e avenue

Bien sûr il va falloir que je gagne une fortune pour me payer cette convoitise — comment faire ? Il faut tout de suite reconnaître que je possède de bien maigres talents, financiers ou autres. Et en tout cas, je suis impatient (maladie étatsunienne ?) — je le veux, j’ai donc le droit de l’avoir maintenant ! — je n’ai pas le temps de développer à fond un talent sans doute quelconque. Je veux la reconnaissance pécuniaire immédiate de mes talents jusqu’à maintenant cachés (et à peine valorisés, puisqu’ils sont toujours cachés — oui, oui, c’est tautologique et j’assume.)

Handicapé comme je le suis dans la gérance et de mes (grands) talents (cachés) et de mes (petits) sous (inexistants), j’essaie tout de même de faire un petit effort et aujourd’hui, par exemple, le copain m’ayant « invité » à passer au bureau pour faire le standardiste (son employé étant parti en stage de formation d’un jour) pour quelques heures, j’ai profité de cette obligation de me rendre à Midtown pour passer à la succursale de la Commerce Bank dans la 5e avenue à l’angle de la 36e rue. C’est là (visions de pied-à-terre parisien déjà implantées dans ma tête) où le copain et moi, nous avons récemment ouvert un compte d’épargne à deux qu’on visait à alimenter de la menue monnaie qu’on jette tous les jours dans une boîte à café Bustelo vide et qu’on fait compter par les grosses machines à compter qu’on trouve à la Commerce Bank. Et l’on a déjà plus de 1 000 $ (plusieurs boîtes pleines à craquer et lourdes à transporter en métro) dans ce compte, imaginez-vous. Mais le compte d’épargne ne gagne pas trop — ma foi, non ! — le taux d’intérêt payé est 0,4 pour cent ! Mais je suis malin ! J’allais nous payer un certificat de dépôt de trois mois qui rendrait 4,0 pour cent, ou dix fois plus que le taux pour un compte normal. Il y avait pourtant deux chèques versés qu’on n’avait pas encore « réglés » donc il valait mieux que j’attende le moment où tout l’argent serait disponible. La grosse affaire différée.

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Au bureau du copain — c'est la tour du Times qui s'élève au milieu

On est déjà en plein été. Le ciel est blanchi, lourd d’humidité. On prévoit la possibilité d’orages ce soir. On ira peut-être voir le nouveau film X-Men — qu’est-ce que c’est gai, quand même, avec le joli Australien, le vieil Anglais et le capitaine Picard ! Et puis c’est le tour de Batwoman de quitter le placard en lesbienne mondaine — ou mondaine lesbienne, comme vous voulez.

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On voit les fils en métal qui flottent en dehors de la fenêtre au bureau — ils me donnent le vertige

Plus sérieusement, c’est à faire vomir, toute l’hypocrisie exprimée aux médias par tous ces ex-généraux des Marines quand on leur pose des questions sur ce qui s’est passé à Haditha en novembre dernier. Ils refusent de noter (et les journalistes n’osent pas le leur demander) que l’armée de volontaires, c’est en réalité une armée composée en grande partie d’abrutis sadiques qui n’ont cherché à s’inscrire que pour se permettre le plaisir de faire du mal à d’autres, à savoir les soi-disant « terroristes ». On clame honneur, patrie, dignité et tout et tout, quand tout le monde sait qu’il s’agit dans trop de cas du même genre de voyous qui tortureraient des chiens et des chats chez eux, rien que pour s’amuser un peu. On connaît très bien ces types — la version décrassée et plus ou moins sortable travaille à Wall Street, des petites frappes à cravates Hermès dénouées — cela ne surprend personne de découvrir qu’ils agissent en tueurs d’innocents. Mais ce qui m’agace surtout c’est de faire croire que c’est rare.

L’énigmatique Nothing and some some (est-ce qu’il est toujours à New-York ? Pour quel service secret travaille-t-il ?) offre aux francophones le texte en entier, traduit en français, de l’allocution récente de Stephen Colbert devant la presse de la Maison blanche.

Et l’agente immobilière m’a donné un coup de téléphone pour me dire que la fosse septique chez ma mère (seule condition suspensive dans la promesse de vente) marche parfaitement. Youpi !

Comments

Wowowowow....
maintenant en plus d'être écouté par la NSA, ils vont lire mon site web...

Pour éviter que ceci tourne au gentimentaire: pour X-Men 3, faut attendre après les crédits parce que y'a une minute supplémentaire.

Et à propos de "I'm the Juggernaut, Bitch", un peu de détail:
http://www.salebete.net/archives/000868.html

Mais bon, le film ne vaut vraiment pas le coup...

Grâce à Dieu! (au sujet de la fosse septique)

Il faut que vous restez à New-York afin de pourvoir vos lecteurs françcais des mis-a-jour Gothamesques.

Désolé,
je sais pas copier coller...
le premier message devait se lire:

Et à propos de "I'm the Juggernaut, Bitch", un peu de détail:
http://pop.wizbangblog.com/2006/05/26/the-snakes-on-a-plane-effect.php

Paris toujours Paris.....
Lyon est également une ville magnifique !
Je vous parle de Lyon car je suis agent immobilier dans cette si belle ville.
Je suis depuis six mois un adepte de votre site et grace à dieu la fosse septique marche. OUF !!!

"de rebus immobiliaribus" :
à propos de logement je commence à m’habituer à votre changement de domicile, avec cette nouvelle mise en page j’ai eu au début l’impression que vous aviez quitté votre grand loft pour un modeste studio. Ça me faisait de la peine de vous voir logé aussi chichement !…
Bon, c’est toujours un plaisir pour moi de vous lire depuis que je vous ai découvert. Avec vous ce sont des petits morceaux d’existence pleins de charme : je me balade enfin sans me perdre dans Manhattan, je vais dans les bons bistrots, je me montre dans les vernissages, je ne fréquente que des personnes de bonne compagnie, je vis avec élégance et simplicité…
Merci pour votre légèreté, précieux cadeau…
(c'est drôle, moi aussi j'écris de Lyon !)

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