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De rebus communibus

(Avis : ce billet a été rédigé à plusieurs moments pendant la semaine dernière. Je m’excuse à l’avance donc de tout passage illogique ou anachronique qu’on trouvera ici.)

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Voici l'un des immeubles les plus laids de tout New-York — cela se trouve dans la 8e avenue au cœur de Chelsea, et c'est plein de pédés qui n'ont, il paraîtrait, aucune honte esthétique pour la tribu

De nouveau installé à la campagne après une visite éclair (le jeudi dernier) à New-York où j’ai assisté, accompagné de l’amie marchande de tableaux et de l’amie partenaire en course, à la deuxième représentation new-yorkaise du nouvel opéra Grendel sur la scène du théâtre de l’État de New-York dans le centre Lincoln, dont une connaissance à nous avait participé à la création.

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Un restaurant français dans la rue Hudson — La Ripaille — dans le temps, il y en avait beaucoup de petits restaus français au Village, mais moins maintenant (c'est la cuisine italienne qui est à la mode)

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L'autopromotion sabotée dans la 25e rue ouest ( i sont méssants, ces artistes, non ?)

À l’opposé du Moyen-Orient à présent, tout s’est assez bien passé ici — pas de bagarres lors du partage du mobilier maternel. Ma sœur de Philadelphie est rentrée chez elle à Philadelphie lundi après-midi, la Saab complètement bourrée de butin. Elle revient demain pour en emporter plus, et aussi pour m’aider à emballer tout ce qui reste.

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Une cascade artificielle, à côté de la maison de l'amie partenaire en course, remplie de ciment à « Pierreville » par la nouvelle propriétaire française, maîtresse, on dit d'un type riche du Hawaï — elle avait peur des moustiques

Lundi soir un monsieur marié (sa femme était assise devant moi, c’était une table ronde pour cinq personnes) m’a dragué — le pire, c’est que je le connais depuis des années, longtemps même avant qu’il n’eût « changé d’équipe » comme on le décrit plaisamment ici. Sa femme, que j’aime bien et qui vient de le marier après plusieurs années de concubinage, doit sûrement savoir tout (ou presque) sur son passé — je douterais fort qu’en tout cas cela puisse être particulièrement palpitant, mais on ne sait jamais, hein ? Je me suis dit que je l’imaginais seulement, que j’avais trop bu et que son sourire béat et curieusement prolongé dans ma direction ne voulait rien dire, mais l’hôtesse m’en a parlé en rigolant le lendemain !

Mardi soir on est sorti avec l’amie écrivain, qui ralentit un peu (elle a quand même quatre-vingt-huit ans) — je le vois plus clairement quand il y a quelques semaines entre nos visites. C’est triste mais il n’y a rien à faire — nous vieillissons tous. Après un verre chez elle, on est allé dîner dans un petit restaurant du village qu’elle ne déteste pas trop (c’est-à-dire où elle s’est habituée depuis très longtemps à sa cuisine simple et en fin de compte assez médiocre mais il y a très peu de « bons restaurants » dans la région surtout parce que la plupart des gens ici sont bien trop pingres pour se payer un repas correct !). On était rejoint, tout à fait par hasard, par le jeune maire gai du village (l’amie écrivain est follement homophile, c’est presque gênant, elle dira des choses flatteuses (et, hélas, souvent fausses) sur les homos que personne d’autre n’oserait proférer) et une autre amie « politique » et notre dîner à deux s’est rapidement converti en fête à quatre. J’étais content que l’amie écrivain fût tout heureuse d’être entourée d’amis.

Mercredi matin, assis à table dans la salle du petit déjeuner en robe de chambre avec ma tasse de café au lait, je parcourais sur l’ordi mes journaux et mes carnets quotidiens quand j’ai entendu le bruit d’une voiture qui se garait devant le garage. C’était l’agente immobilière. « Mais tu es là ? » elle s’écrie, tout étonnée, en me voyant. « Ben oui » je lui réponds. « Depuis vendredi soir. » « Ah je pensais que tu serais déjà rentré à New-York. » « Non, j’y vais demain après-midi. » Court silence, puis, « Ah la la, je me suis trompée. J’avais dit à l’acheteur qu’il pouvait venir aujourd’hui avec ses architectes pour faire un tour de la maison. » J’ai haussé les épaules. « Je vais m’habiller. » L’acheteur est venu, accompagné de sa nouvelle petite amie (il a divorcé deux fois), de deux architectes et d’un constructeur. Il était comme un petit enfant dans une boutique de jouets — il veut faire bouger la cheminée du salon, il va enlever certains murs intérieurs — je ne sais plus, je les ai quittés pour m’enfermer dans le bureau du 1er étage.

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Aux guichets du théâtre de l'État de New-York pour l'opéra Grendel

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Une sculpture de canoës par Nancy Rubin installée sur la terrasse du Centre Lincoln

Jeudi je suis rentré en ville pour aller à l’opéra voir Grendel. Une œuvre curieuse, basée sur l’http://fr.wikipedia.org/wiki/Beowulf épopée de Beowulf, écrite en vieil anglais (anglo-saxon), mais refaçonnée par les librettistes et le compositeur pour nous offrir le point de vue du monstre Grendel tué par Beowulf. (Cette version est elle-même basée sur le roman Grendel écrit par John Gardiner publié en 1971.)

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Où, les soirs d'été, on y danse le swing en groupe

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On s'est acheté des frozens (un peu trop sucrés) et l'on s'est promené sur la terrasse devant l'opéra Métropolitain

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Une vue de la terrasse du Centre Lincoln

Musique un peu hollywoodienne (il travaille pour le cinéma et la tv), décors attirants, libretto un soupçon confus, qui s’est heurté un peu entre les extrêmes d’un vernaculaire cru et une langue poétique très élevée, Mais je ne me suis pas ennuyé et en plus il y avait tout un corps de ballet de jeunes danseurs musclés plus ou moins déshabillés ou portant des uniformes « anglo-saxonnes » sexy (culottes serrées en cuir brun, des cuirasses pas trop grandes, un casque paléolithique et des épées — tout ce qu’il faut à un soldat de ballet). On a bien dîné après l’opéra au restaurant mexicain Rosa Mexicano, malgré une tablée d’Australiens et d’Australiennes hurlants à côté de nous.

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Je m'excuse mais c'est toujours impressionnant sous certains angles

Le lendemain je suis allé faire des courses avec le copain, de retour de Boston où il avait participé à la grande conférence Microsoft. J’ai aidé le copain à transporter son butin au bureau (cadeaux pour les employés) et de retour dans la rue, c’est là où j’ai vite remarqué que, du moins à New-York, tout le monde il est beau, tout le monde il est sexy. Je suis descendu la 5e avenue à pied vers le Village en appréciant tous les touristes (du Midwest et de l’Europe).

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La prise de la Bastille commémorée au Village

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Et dans la rue Bleecker

On s’est levé bien tôt samedi matin pour revenir. Aujourd’hui l’acheteur est revenu. Vers quatre heures de l’après-midi j’ai entendu un doux tac-tac-tac. « Y a quelqu’un ? » je me suis demandé. Tac-tac-tac. Je me lève du canapé où j’avais le portable (le wifi ici, c’est extraordinaire, tellement c’est fort !) et je vais vers l’entrée, où je ne vois qu’un manche blanche. J’ouvre la porte. C’est l’acheteur, en jeans et chemise blanche toute froissée, avec ses trois garçons — « my guys » ou « mes mecs », dont l’aîné était pas mal mais les deux autres étaient trop gros. « Bonjour, j’ai envie de montrer la piscine à mes mecs. » « Pas de problème, allez-y. » Plus tard il revient. « Je peux leur montrer les vues de la maison ? » « Mais entrez donc. » Il voit tout le mobilier qui reste dans le salon. « Vous savez, s’il vous faut plus de temps pour partir, il n’y a pas de problème. » Je lui remercie, en notant toutefois qu’ «une date limite nous fait du bien. » L’agente immobilière serait folle furieuse qu’il vienne comme ça sans « autorisation préalable » mais il est comme un garçon avec un nouveau jouet. Ça lui donne tellement de plaisir que ce serait méchant de se l’en empêcher.

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Le coucher de soleil de samedi soir

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Le petit yacht-club de « Colline de la Vigie »

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Vue du port

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Le restaurant où nous sommes allés manger samedi soir

Le copain est rentré à New-York par le train hier soir — dimanche — après une courte visite chez l’amie écrivain, à qui on a lu les critiques de l’opéra du Times et du Post. Ma sœur, mon beau-frère et mon neveu sont arrivés aussi ce soir-là. Demain c’est l’inspection obligatoire de la maison par un inspecteurs des pompiers avant de pouvoir la vendre — c’est prévu pour 8h30 !

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Les hortensias comme il faut — bleu néon !

Je suis tombé sous le charme du père du jeune qui vient tondre la pelouse — malheureusement je n'arrive pas à lui faire comprendre mon attraction. (Le copain en est au courant et il s'en fiche, sachant trop bien la puissance limitée de mes pouvoirs d'attraction.)

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Et c'est là où je me sauve pour combattre la chaleur

C'est pareil avec le beau type qui s'occupe de la piscine torse nu, que je n'ai vu malheureusement qu'une fois — mise en scène de film porno tout ce qu'il y avait de plus prometteur, sauf qu'il a refusé de me regarder tout en nettoyant la piscine. Ma sœur en a ri, la salope.

Comments

Qu'ils sont agréables à lire vos billets d'Amérique Edouard. Vos photos aussi.

Tout à fait d'accord avec Louis. C'est très sympa et je découvre une autre facette des Etats Unis à chaque nouveau message. Les photos sont géniales !! (j'aime bien le vue de l'empire state building, toujours aussi impressionant!)

Je savoure toujours autant vos billets et vos photos... Quel plaisir pour moi, c'est la même joie lorque je m'offre un magazine que j'aime.

Tout à fait d'accord avec les commentaires précédents. Merci, Edouard, de nous faire visiter votre univers, NY, la campagne, les amis ... On a l'impression, tant à cause des mots que des photos, de marcher à vos coté, et c'est très agréable.

Au fait, on dit "toc, toc" quand quelqu'un frappe à la porte, pas "tac, tac" mais ne me demandez pourquoi, par contre!

Merci à vous tous (et surtout à Tomate Farcie qui me corrige). ; )

puisque salebete aime qu'on le corrige, je lui dirai qu'on ne dit pas non plus "sa femme, qui vient de le marier" mais "sa femme, qui vient de l'épouser" ou bien "sa femme avec lequel elle vient de se marier". les quebecois disent volontiers "marier quelqu'un" mais c'est un horrible anglicisme, ce qu'ils se refusent à reconnaitre... mais ne change rien, c'est tellement mieux avec ces petites fautes...

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