Dies quinta (Insulis Magdalenæ)
L'île d'Entrée nous accueille à l'archipel
Ça y est — on est bel et bien arrivé au but psychogéographique de notre voyage, l’isolement physique et moral que je cherchais — les Îles de la Madeleine. Après quatre heures de croisière, on a tout d’un coup vu une forme floue apparaissant à l’horizon. C’était le promontoire de l’île d’Entrée, rude et déboisée, qui sortait de la mer grise. Et quel vent ! Les enfants se marraient à monter et à remonter les ponts en luttant contre ce vent fou.
On est arrivé au port vers 19h15 — un peu en retard, mais il faisait toujours beau. On a pris nos bagages à main pour trouver l’hôtel, qui était censé se trouver à dix minutes de marche de l’embarcadère. Ce qui était vrai.
On ne peut pas prétendre que la bourgade de Cap-aux-Meules soit d’une beauté ensorcelante — ça ressemble plus à ces endroits plus ou moins hippies avant qu’ils ne deviennent à la mode, avec des hôtels de luxe et les restaurants chers. C’est le cœur industriel des îles et le centre des services sociaux (hôpital, etc.) mais ce n’a pas beaucoup de charme.
Par contre, les dunes, les plages et les villages de maisons de pêcheurs sont extraordinaires.
Un coup de soleil sur la mer
Hier soir on a dîné dans un endroit qui m’a rappelé des bistros à Ibiza, à Mykonos ou à St-Tropez il y a dix ans, quand il y avait encore des endroits sympas pas péniblement tendance. C’est le restaurant Les Pas Perdus, tenus par quatre patrons, dont un vient de Montréal et les trois autres sont des gens locaux.
Des falaises rouges et blanches
L'arrivé au port de Cap-aux-Meules
Les Madelinots regardent l'arrivée de touristes et d'amis
Bourré de monde, surtout de jeunes hommes et de jeunes femmes, bronzés, mal rasés, aux cheveux longs, et ainsi de suite — c’est profondément décontracté (sans pourtant en souffrir), on y joue de la musique brésilienne, on boit du vin et de la bière, un certain monde se rencontre au bar, les petits enfants dans les bras.
Dans le restaurant Les Pas Perdus
Et la cuisine est excellente — moi j’ai pris une assiette de saucisses et de viandes préparées aux îles et un filet de flétan aux tranches fines de pommes de terres bleues, tandis que le copain a une belle salade mixte pour commencer, suivi de côtelettes d’agneau superbes. Comme il faisait un peu frais, on a choisi une bouteille de bourgogne français un peu chère mais bon, on est en vacances. Vers dix heures des jeunes sont montés sur la petite scène pour faire un petit concert de rock ‘n roll pas mal du tout — et l’un des guitaristes n’était pas mal non plus. Une très agréable introduction aux îles.
De rockeurs durs
Comments
Bonjour Edouard, quel temps fait-il sous ces cieux magnifiques?
Bon reportage.
Posted by: mab | août 10, 2006 01:41 AM
le bourgogne réchauffe les coeurs ... tant pis pour les prix ! bonnes vacances !
Posted by: wam | août 10, 2006 02:50 AM
Commentaire general sans rapport avec ce post particulierement, mais qui traine depuis longtemps sur mon clavier:
Edouard, mon ami, tu ecris vraiment tres bien. Ca en est rageant de jalousie, parfois. ;-)
Posted by: Le Piou | août 10, 2006 08:05 PM
LP, ça me fait rougir. Merci.
Posted by: Édouard | août 10, 2006 11:00 PM