Vita pagana
La façade de mon salon de coiffure dans la rue Christopher - Free Time — très « accueillant aux gais » et pas cher, $15 la coupe !
On a passé un agréable week-end à la campagne, le copain et moi — lui il allait faire une course de voile dimanche autour de l’île de Fisher, un circuit assez long pour lequel il aurait fallu compter au moins neuf heures (et plus, en toute probabilité) pour compléter, mais l’un des trois membres de l’équipe a dû décommander, pour une raison assez drôle — sa mère est en visite et elle est tellement difficile qu’il n’a finalement pas osé la laisser seule avec sa femme toute la journée. On est descendu chez une amie, partie sur la côte du Maine, qui nous avait laissé sa maison.
Le lit de l'amie chez qui on est resté se trouve dans une sorte de tour qui donne sur le quartier et la mer
Samedi il a fait très beau et le matin, le copain étant parti courir, j’ai téléphoné pour avoir des renseignements sur trois appartements à louer que j’avais vus dans les petites annonces. Oui, j’ai décidé de louer un appartement au village qu’on a quitté l’année dernière — voici le sens de mon raisonnement : on connaît trop de monde là-bas, on y a trop d’amis, c’est bête de les laisser tomber comme ça, si l’on a un appartement pas cher, on peut y aller aussi souvent qu’on veut sans avoir l’air de « gaspiller » quelque chose d’important, on ferme à clef et on s’en va, pas de soucis. Je suis donc allé voir trois appartements, dont un était impossible (deux pièces au 1er d’une vieille maison découpée en appartements) et les deux autres plus ou moins acceptables. J’ai finalement décidé de prendre celui qui a une énorme vue sur une baie (je ne sais pas si le propriétaire va être d’accord — je lui ai fait une proposition pour moi un peu curieuse, mais qu’on m’avait fortement recommandée — on offre une somme pour toute l’année en comptant, ce qui est bien sûr nettement réduit de ce qu’on payerait en lui versant le loyer mensuel pendant douze mois, mais le propriétaire est par contre sûr d’être payé sans histoires éventuelles. (NDLR: cette méthode ne marche pas du tout à New-York.) L’agente immobilière vient de me téléphoner pour me dire qu’on avait passé la proposition au propriétaire. Donc, on verra.
La vue de l'appartement qui se trouve au 1er étage
Dis, tu te fous de ma gueule ou quoi ?
Samedi on a déjeuné avec la nonagénaire amie du copain — elle est adorable et j’adore la taquiner — et à dix-huit heures, après mes visites d’appartements, on est allé à un cocktail offert par la veuve d’un éditeur qui partage sa vie entre le village et un appartement dans ce quartier un peu vieillot mais plein de charme d’un New-York qui n’existe presque plus — c’est-à-dire, aux « East Fifties ». Elle habite avec un perroquet bruyant au nom de Henry — il leur a fallu des années avant d’apprendre qu’il s’agissait en fait d’un perroquet femelle.
Le perroquet Henry, bête femelle en dépit de son nom
Notre hôtesse était la fille d’un grand journaliste américain basé en Europe avant la guerre de 1939, H R Knickerbocker, ami aussi des parents de l’amie écrivain, dont le père capitaine de vaisseau était lui aussi en poste à Paris.
Dans le jardin de l'amie écrivain — du mobilier de jardin en fil de fer de l'époque victorienne
Le banc de jardin venu de notre jardin à nous, ça a l'air plus content ici, dans un jardin proprement célèbre !
Des tomates au potager
Le porche où l'on a pris un verre avant le dîner
On est allé dîner chez l’amie écrivain — on était quatre : l’amie écrivain, moi, le copain, et conservateur d’art-leveur de fonds (oui, oui, je sais, c’est curieux comme description de métier) — l’un de ces pédés qui se disent « républicains » pour « maintenir les traditions politiques de ma famille » (beurk multiplié à l’infini pour ce genre de raisonnement, mais on ne fait pas scène chez l’amie écrivain, qui, démocrate pure et dure, apprécie pourtant toutes les attentions que lui fait ce type. On a commencé avec un « émerveillement » de tomates de toutes sortes — rouges, pourpres, jaunes, vieilles, rondes, etc. — toutes venues du jardin potager de l’amie écrivain et accompagnées d’une sauce mayonnaise à l’estragon. Ensuite on a eu des pâtes al pesto, le basilic venant aussi du potager.
Le plateau de tomates assorties
Quittant l’amie écrivain vers dix heures, on est allé prendre un dernier verre au bar-restaurant dans la rue de l’Eau, où nous avons été salués par la propriétaire qui s’est assise à notre table pour parler politique (par exemple, serait-il diplomate de faire une fête pour un candidat démocrate qu’elle favorise tandis que son rival républicain — qui est déjà à la Chambre des Représentants — est bon client et aussi assez bien vu dans le village ?) et de n’importe quoi.
On est rentré à Manhattan dimanche soir après avoir invité un ami, notre ancien voisin de derrière chez nous, veuf, à dîner avec nous — il est très marrant, il veut vendre sa maison mais il faut qu’il la débarrasse d’abord de toutes les affaires qui se sont accumulées dans la maison (et surtout au grenier et au sous-sol) depuis quarante ans — quelle corvée !
Ce lien date de quelques jours (une éternité pour la carnétosphère) mais pour ceux qui ne l’auront pas encore vu, c’est assez drôle : Atrios).
Bush a fait une sorte de conférence de presse ce matin — je n’arrive pas à l’écouter parler, tellement il vacille entre l’hésitation, l’arrogance et la débilité. Comme le répète Billmon, c’est le régime Cheney qui est au pouvoir aux Etats-Unis — le pauvre Bush n’est que la façade publique.
Comments
J'étais sûr que vous aviez inventé ce M Knickerbocker, mais voilà, il a gagné un Prix Pulitzer dans 1931.
Posted by: R J Keefe | août 21, 2006 03:07 PM
Si j'etais l'amie ecrivain je me mefierai de ce conservateur-leveur de fonds comme de la peste. Je sais par experience qu'une grande partie de leur charme est en fait une facade pour essayer d'obtenir ce qui les interessent dans la maison (objets, peintures, etc). Mais bon, je suppose qu'elle n'est pas dupe. En plus, comment peut-on faire confiance a un gay republicain? ;)
Posted by: T. | août 22, 2006 09:07 AM
oui, H.R.knickerbocker existait: j'ai meme un des ses livres publie en 1942: Le voila:http://www.bibliothequedesuzette.com/images/knicker1942.jpg
C'est un livre de poche et sur le fs est ecrit: BOOKS for the FORCES- Leave this book at a Post Office when you have read it so that men and women in the Services may enjoy it too
Feruz
Posted by: ferouzeh | août 22, 2006 01:10 PM
Coucou,
Dommage, en week end à NY, je suis passé avec mon ami rue Christopher pour essayer de trouver votre salon et vous faire un coucou mais je ne me rappelais plus la façade de celui-ci. J'ai pourtant bien demandé au gars qui se trouvait devant mais il n'a pas su me renseigner. Tant pis. et maintenant que je revois la façade, je râle de savoir que j'étais au bon numéro. Une autre fois, qui sait ? En tout cas, merci, cela nous a permis de découvrir ce coin de Greenwich Village absolument charmant.
Posted by: Patrick | septembre 1, 2006 08:22 AM
bonjour mon ami,longue vie a toi et a ton entreprise.je suis le fils de maria concetta pagana.si tu as envie de venir en france avec ton ami,tu es le bienvenu dans notre maison.viva america et la fiesta pagana
Posted by: piraina franco | février 26, 2008 01:22 PM