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Extrema aestate

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Le célèbre bar Stonewall va fermer — le local est à louer

L’humidité ce matin est à 94 %, je le sais avant d’aller le confirmer sur wunderground.com parce que j’ai la peau qui me démange — je me paierais bien un « grattement corporel entier », mais même les Chinois sympas et commercialement avertis de la rue Christopher n’offrent pas cette félicité épidermique. Et pourtant, je me rappelle avoir lu quelque part que le brossage sur peau sèche fait du bien.

En fin de compte, en dépit de toute notre bravade arrogante, aussi bruyante qu’incessante, il faut avouer que nous sommes un peuple peureux. Les deux partis, ils cherchent tous les deux à profiter bien sûr de cette lâcheté citoyenne dans les élections à venir — les républicains diront que, grâce à eux, on n’a plus eu d’attentats, et les démocrates, eux, affirmeront qu’on est moins sûr que jamais — l’histoire de sécurité portuaire et des conteneurs toujours non inspectés à l’appui.

Nous prépare-t-on (pour la énième fois) une guerre en Iran tout utile ? Certains auront besoin d’un peu de distraction avant les élections de novembre.

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Le bar du restaurant de quartier Sazerac House dans la rue Hudson, qui a été vendu et qui va devenir un restaurant « plus moderne » au nom, peut-être, de Bayard's

Je viens de terminer les mémoires de Gore Vidal, intitulées Palimpsest. Il peut être plutôt énervant, ce M. Vidal, tant il se présente comme le seul qui ait correctement prévu tel ou tel développement politique ou culturel (la mort du roman, la fin du théâtre) mais il est toutefois vrai qu’il offre, même dans cette biographie qui date de 1994, à l’époque où il vivait toujours en Italie, à Ravello. Il sait tourner des phrases («…before the great sullenness spread over the land » à propos de lettres envoyées à la mère par son fils, jeune militaire que Vidal a aimé — en toute probabilité son seul amour) et aussi sait en répéter de bonnes, comme celle-ci, attribuée à Staline, en réponse à Lady Astor, qui lui avait demandé « Maréchal Staline, quand est-ce que vous allez cesser de tuer les gens ? », « Lady Astor, the undesirable classes do not liquidate themselves. » (Il faut avouer que Staline n’avait pas tort, le bonhomme.)

J’ai envoyé cet après-midi par Federal Express le contrat de location pour le petit appartement à la campagne — ai-je mentionné que les propriétaires eussent d’abord refusé avant d’accepter mon offre ? Je leur ai donc envoyé ma demande officielle, le contrat signé par nous deux, le constat d’absence apparente de plomb dans la peinture du local (miam, j’ai toujours envie de manger de la peinture au plomb — c’est tellement bon et puis j’ai depuis longtemps abîmé mes neurones), tous ces documents accompagnés de deux chèques, dont l’un pour le loyer du mois de septembre et l’autre pour la caution d’un mois. J’espère que les chèques les convaincront de nous approuver.

Hier matin le copain a couru le demi-marathon de Manhattan patronné par Nike — il a dû se rendre à la 5e avenue à l’angle de la 90e rue à 6 heures, l’heure à laquelle il avait un rendez-vous avec l’ami ex-Marine qui allait courir aussi. Il est rentré chez nous à 9h45 — on avait fermé pour « travaux » (malin, non ?) plusieurs stations de métro autour de la rue du Mur — et puis on a invité les parents à nous rejoindre pour déjeuner dans le quartier.

Samedi soir on est allé chez des amis à Brooklyn, dans le quartier de la Colline de Boerum — l’un des deux est toujours sans papiers. D’origine bangladeshie, il a des ennuis avec l’Immigration à cause de sa mère, qui n’a pas rempli les formulaires corrects il y a quinze ou vingt ans, quand la famille est arrivée en Californie. Il nous a préparé un cette ceviche à la mexicaine. On n’est pas resté longtemps puisque le copain avait besoin de se coucher très tôt — ce qu’on n’a toutefois pas réussi, nous mettant au lit vers minuit et puis j’ai eu une insomnie et voilà, on n’était pas, euh, tout frais, tout reposé ! Ce matin je me suis levé à 6 heures et demie, c’est l’oiseau matinal qui attrape le ver (mais maintenant il me faut définir en quoi consiste, précisément, mon « ver », n’est-ce pas ?)

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