Suffragium
L'intersection de la 7e avenue, de la rue Christopher et de la 4e rue ouest
Demain c’est les élections primaires à New-York. Le copain et moi, nous passerons au Centre lesbien, gai, bisexuel et transgenre de la 12e rue ouest pour marquer nos préférences parmi les candidats démocrates. Nos choix sont déterminés par plusieurs facteurs — au début de la liste se trouvent des positions politiques pour (ou contre) les pleins droits pour les personnes homosexuelles. Non, nous ne basons pas nos suffrages que sur ce seul élément, mais il est évident qu’à New-York au moins ceux qui sont en faveur des droits des homos sont aussi en faveur de plein d’autres choses qu’on approuve, comme, par exemple, une subvention additionnelle des transports en commun et de meilleurs salaires pour les enseignants, tout comme ils sont contre (du moins en principe) les constantes arnaques immobilières qu’on nous fait subir ici. Leurs attitudes envers la guerre en Irak, quoique hors de leurs champs d’action pour la plupart d’eux, comptent pour moi — et le copain, lui, a été rendu fou furieux par l’effort mené par certains en faveur d’un nouvel amendement à la Constitution contre l’acte de profaner la bannière étoilée. C’est pourquoi on va voter demain pour Tasini contre la Clinton (mais on n’est pas content d’elle non plus parce qu’elle a voté en faveur de la guerre illégale en Irak et parce qu’on la trouve tout à fait lâche dans ses positions vis-à-vis du mariage des homos.) Pour le poste d’Avocat général de l’État de New-York, c’est un choix assez pénible entre le fils à papa Cuomo et l’exécrable pleurnicheur professionnel Mark Green — nous allons voter pour l’outsider Sean Maloney qui est à la fois beau gars, avocat et gai — dommage qu’il n’a aucune chance de gagner cette course de médiocrités ambitieuses. Eliott Spitzer, notre Robespierre (ou chevalier blanc) contre la Réaction des sociétés tricheuses, gagnera facilement. Il sera ensuite gouverneur.
C'est toujours étonnant pour un New-Yorkais comme moi de voir combien ils sont spacieux, les supermarchés à la campagne — voici le rayon laitues
Le copain s’entraîne ce soir aux quais du Parc du fleuve Hudson — il fait des épreuves de vitesse, il m’a expliqué, en préparation pour le marathon d’Hartford. Hé oui, c’est pas très exotique, la ville d’Hartford — c’est même assez laid, mais c’est proche, le trajet est connu, il n’y a pas trop de monde (à l’oppose de celui de Paris ou de New-York) et on peut espérer donc atteindre un temps de passage suffisamment bon pour le qualifier de courir le marathon de Boston.
Les fruits, beaux et bien présentés, ont pourtant nettement moins de goût que les fruits que nous achetons en ville
Bon, je viens de terminer une drôle de biographie de la comtesse du Barryet j’ai commencé un roman qui s’appelle, dans sa traduction anglaise, « Snow », de l’écrivain turc Orhan Pamuk dont je ne connais rien de l’œuvre. J’ai envie de découvrir de nouveaux écrivains à admirer puisque je trouve que la littérature américaine est devenue excessivement alexandrine.
Comments
"excessivement alexandrine"... Peux-tu traduire, stp. Pour ma part, je trouve que la littérature française (et non "francophone") est devenue excessivement nombriliste.
Quant à la "courses de médiocrités ambitieuse", j'aime beaucoup. Comme l'a si bien vu Toqueville (désolé de faire référence à un de mes anciens billets), la démocratie donne trop souvent la palme au plus médiocre...
Posted by: L'Amateur | septembre 12, 2006 03:36 AM
"Neige," c'est un roman formidable. J'avais la chance de le lire à Istanbul! - quoique la mis-en-scène soit une ville dans l'est de la Turquie, assez reculée.
Je suis en train de lire la nouvelle traduction du "Livre Noir" du même auteur.
Posted by: R J Keefe | septembre 12, 2006 09:04 AM