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De familiis

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Début de la route qui mène à la cabane de chasse et la maison chez mon oncle en Virginie

J’aurais dû le prévoir — vu la présence exceptionnelle de mes deux sœurs et d’un nombre de leurs enfants accompagnés de petits amis et de petites amies, j’aurais sûrement dû m’attendre à des surprises. La plus grande, pour moi, était combien je ne peux plus supporter ma sœur la plus jeune. Elle a réussi à m’énerver cinq minutes seulement après son arrivée (en retard) à la cabane de chasse au cerf. J’aurais dû me taire, mais la situation était trop chargée, trop curieuse — il y avait surtout mon oncle, plus âgé que mon père (mort il y a quinze ans) et en mauvaise santé, pour qui on avait accepté de venir, et sa seconde femme, beaucoup plus jeune que lui, d’un arrivisme énergique et un soupçon rebutant, pour qui il avait quitté sa première femme et la mère de ses deux enfants, mes cousins. Et un cousin plus âgé que moi et, le lendemain, un autre, à peu près de mon âge, avec un fils marié et une fille que je ne connaissais pas.

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Une des tables dressées chez mon oncle et sa femme pour le dîner de samedi soir

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La cabane de chasse, construite par mon grand-père en 1936 et réaménagée complètement par la nouvelle femme de mon oncle en 1992

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La véranda principale

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Les anciens skis en bois montés sur le mur

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Le dortoir du 1er étage de la cabane — des lits superposés permettent à plus de 24 personnes à coucher là-haut

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Le salon et la cheminée

La femme avait organisé un grand dîner de gala chez eux, dans une maison qu’ils ont construite au milieu de plusieurs centaines d’hectares de bois — elle se trouve à 1,5 milles de distance de la route principale et il faut quarante minutes de route pour aller au supermarché le plus proche, dans la petite ville de Clifton Forge.

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Dans la brasserie Roccoco à Hagerstown

Avant de quitter Hagerstown pour la Virginie, on a bien dîné à la brasserie Roccoco. Entrés dans la belle vallée du Shenandoah aux doux contours bleuâtres, nous avons déjeuné dans la petite ville d'Harrisonbourg, ville universitaire et chef-lieu du comté de Rockingham, dans un café « alternatif » plein de charme dans la place du palais de Justice au nom de l’Artful Dodger (petit nom d’un personnage du roman Oliver Twist de Charles Dickens). Il y avait partout des tracts contre l’approbation par l’électorat virginien de l’amendement « pour le mariage » (et donc contre les droits des gais), ce qui nous a impressionnés.

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Une belle maison ancienne en brique à Harrisonbourg

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La rue haute d'Harrisonbourg

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Le palais de justice d'Harrisonbourg

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Le café Artful Dodger à Harrisonbourg

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L'intérieur du café

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Détail du mural qui décore la terrasse du café devant le palais de justice

On est arrivé dans la forêt profonde vers 15h30. On était les premiers.

Le soir je me suis saoulé, probablement à cause de la nervosité que je ressentais devant cette collection bizarre de parents qu’on ne connaît qu’à peine, ou même pas du tout. Il fallait feindre un plaisir familial que je n’avais effectivement pas — j’ai beaucoup pensé à ma mère, qui aurait trouvé tout à fait invraisemblable ce genre de rassemblement tribal.

Dimanche matin, je n’étais pas entièrement en forme — je n’ai plus adressé la parole à ma sœur, qui m’a traité avec une pareille indifférence silencieuse. La femme de mon oncle (elle n’est pas, après tout, vraiment ma tante) avait préparé un déjeuner campagnard de porc rôti et de salade de choux que nous avons mangé juste avant de reprendre la route pour la Virginie-Occidentale, où habite la tante du copain.

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Autocollant « francophile » ( ? ) et anti-Bush sur la voiture de la tante du copain à Lewisbourg

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Notre suite dans l'auberge à Lewisbourg

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La rue Washington à Lewisbourg — l'une des deux rues principales

Libéré des malaises suscités par cette réunion un peu mal conçue, on a pris l’autoroute I-64 qui nous a menés jusqu’à Lewisbourg, petite ville d’environ 4.000 âmes qui date de 1751 situé dans les monts Allegheny. La tante et la nièce du copain y habitent depuis longtemps — une autre tante a sa chambre à coucher dans la maison de sa sœur, mais elle habite normalement à Charlottesville et à Cannes (elle aime se marier et l’a fait plusieurs fois). On a passé l’après-midi à bavarder avec la tante, qui est toute simple, belle et très chic à 82 ans, et elle a expliqué pas mal de « méprises » de l'histoire familiale pour le copain, dont l’origine mystérieuse d’une grande maison élégante au nom d’Earlehurst qui avait appartenu à ses grands-parents et où il avait passé une partie de l’été avec sa mère jusqu’à l’âge de 15 ans.

On avait invité toute la famille à dîner dans un restaurant local de leur choix — on est allé chez Julian, type un peu « artistique » qui est chef d’un restaurant italien. On s’est bien amusé et je me suis tenu correctement (pour une fois).

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L'entrée du restaurant Julian's à Lewisbourg

On est descendu dans une auberge gaie qui s’appelle l’auberge de la rue Lee. Les propriétaires de l’auberge sont deux hommes d’une quarantaine d’années, dont l’un travaille pour la Poste et l’autre, qui s’appelle Jeff, s’occupe de la maison et des chambres. Il était charmant, un peu piqué, qui portait une boucle d’oreille diamant et qui n’aimait pas voyager malgré les grands succès de son copain à gagner des voyages gratuits (ils venaient de rentrer d’Amsterdam).

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Le devant de l'auberge de la rue Lee dans le brouillard matinal

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Vue de la maison Earlehurst, construite en 1910, pour permettre à la famille à prendre les eaux minérales du coin (et pour échapper à la chaleur infernale de Washington en été !)

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Et de plus près

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Panneau indicateur pour le village de « Les Corbeaux »

On a quitté Lewisburg assez tôt lundi matin pour aller voir l’ancienne maison familiale à Earlehurst — pays merveilleusement beau mais gravement isolé (et les gens aiment à montrer leurs drapeaux des confédérés, ce qui ne m’a pas tellement rassuré sur leurs préférences politiques) avant de passer ensuite à Clifton-Forge, où j’ai revu la petite maison de mes grands-parents, où j’avais moi aussi passé une partie des vacances d’été à lire des histoires d’Angleterre et à explorer les alentours — on avait abattu la rangée d’ifs qui sentait tellement bons dont l’odeur piquante reste pour moi un grand souvenir de ma jeunesse.

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L'ancienne maison de mes grands-parents à Clifton-Forge

De nouveau sur l’autoroute en direction de New-York, on l’a quittée à Winchester pour déjeuner en ville (il faut surtout éviter les énormes centres commerciaux qu’on trouve aux alentours de toute ville américaine). Là, la municipalité a créé une zone piétonne, mais cela n’a pas l’air de marcher très bien. On a pris des sandwichs sur une terrasse devant la jolie façade d’une ancienne banque au nom évocateur et vieillot de la Farmers and Merchants Bank.

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De belles maisons anciennes à Winchester

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Une maison historique à vendre

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Le quartier historique de l'Ancienne Ville aménagé en zone piétonnière

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La façade agréable d'une ancienne banque

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Le palais de justice historique de Winchester

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Un exemple amusant de la francophilie provinciale — c'est une traduction fautive, je crois bien, de « Hair Salon » ou salon de coiffure

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La maison de glycine — de jolis bureaux d'avocats

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La vie de café à Winchester — on a bien mangé au Restaurant de la Place du Village

De là on a continué notre route pour New-York — on a pourtant fait escale à un centre commercial pour cause d’urgence urinaire et pétrolière, où j’ai trouvé un bon caffè latte pour me préparer pour la traversée compliquée du Nouveau-Jersey.

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Un des couloirs infinis dans un centre commercial à Hagerstown

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La cour alimentaire au centre commercial — pas beaucoup de monde

Comments

ce "salon cheveux" est délicieux. merci pour ce périple.

Super voyage, j'ai bien aimé

Grace aux photos campagnardes, nous voyons arriver l'été indien... Merci

L'ete indien... ca sent l'hiver mais c'est encore joli...
La premiere photo me donne envie de humer les sous-bois...

Un billet parfait, en effet... du grand art !

Très évocateur. Merci pour cette ballade.

Tres joli billet en forme de road-movie. L'Amerique en dehors des gros centres urbains est meconnue, et a parfois un petit cote assez charmant.

Merci beaucoup à vous tous.

D'une élégance parfaite, une poesie visuelle et littéraire, du grand art.

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