Tempestas
On est en pleine tempête d’automne — depuis le salon de l’appartement, je regarde la mer grise tourmentée par un vent fort venant du sud-est à 35 km/h avec des rafales jusqu’à 56 km/h. Ce vent est arrivé vers quatre heures du matin quand j’ai été réveillé par un long gémissement presque animal qui venait de la grande fenêtre dans la chambre à coucher — quelque part il doit y avoir quelque chose de défait que le vent a fait sonner. Je me suis heureusement rendormi au bruit de la pluie qui frappait contre toutes les fenêtres et la lucarne bombée de la salle de bain.
Bateau à moteur coulé devant l'appartement en pleine tempête
Ce matin j’ai remarqué qu’un des deux bateaux à moteur amarrés au quai d'à côté avait coulé — l’autre semble bien mieux attaché. C’est l’ami galeriste qui m’avait conseillé hier après-midi de quitter New-York pour éviter le mauvais temps à venir, ce qui j’ai fait vers 19h15, le copain étant obligé de rester en ville hier soir et aujourd’hui pour la mise à jour du serveur d’un client. Il est censé me rejoindre cet après-midi par le train (je vais le chercher à la Nouvelle-Londres.)
Trois restaus de quartier, dont Les Deux Copains, I Tre Merli et Chow Bar, ont collaboré à créer ce monument pour Halloween dans la 10e rue ouest dans l'emplacement où l'on venait d'enlever un tronc d'arbre mort
Il n’y a pas que moi qui m’inquiète des résultats éventuels de ces élections prochaines. Pour ceux qui aimeraient comprendre un peu la tension qu’on ressent aux États-Unis en ce qui concerne ces élections, ce billet de Publius l’Américain, junkie politique bien pire que moi, intitulé « The meaningless, most important election ever » est à lire absolument.
Il écrit: In this way, 2006 has the potential to be far more depressing than 2002 and 2004. That’s because the latter elections maintained at least the illusion of democracy.
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Bottom line — if the GOP wins this time (or even if they don't), I think people need to get serious about addressing the procedural structural flaws that have crept into the American electoral system.
C’est pourquoi, pour lui comme pour beaucoup d’autres, ces élections sont si importantes — elles montreront si la démocratie américaine permet toujours des changements de politique ou si les hommes politiques ont enfin réussi à créer un système « électoral » exempt des vœux de l’électorat. (C’est beau comme euphémisme, n’est-ce pas ?)
Cette fois, on se prépare contre les intrigues aux isoloirs — on doit enregistrer sur vidéo les problèmes qu’on rencontre en essayant de voter.
(Vidéo ramassée chez Andy Tobias.)
Qu’est-ce qu’on devrait porter à la fin d’une tradition démocratique vieille de plus de 200 ans ? Ben, si l’on fait partie des gens que le régime n’apprécie pas tellement (gai, libéral et New-Yorkais) , il vaut mieux, il me semble, s’acheter des vêtements durables — genre « on va manifester dans les rues et les pantalons Prada n’ont aucune descendance proprement contestataire ». C’est donc chez la magasin Levi’s dans le Broadway que je me suis dirigé pour m’offrir une toilette dûment séditieuse. Mais en route j’ai passé, dans la rue Christophe, le magasin http://www.aedes.com/brand.php?cat_id=2 Aedes de Venustas dans lequel je suis entré pour acheter une bougie Diptyque (révolution caviar oblige) senteur http://www.diptyque.tm.fr/produits_maison.php?lan=fr&senteur=3&produit=13 thé pour la campagne. Il y avait un transsexuel en imperméable dans la boutique à la caisse avant moi, le visage féminisé (et surtout les lèvres gonflées, ce que je ne trouve pas très séduisant, mais j’ai probablement tort) et la voix toujours profonde et masculine, qui achetait une bougie comme cadeau.
La vitrine un peu style « des Esseintes » du magasin de parfums Aedes de Venustas
J’ai fait du lèche-vitrine dans la 8e rue ouest pour trouver des bottines en cuir noir comme celles qu’a porté le prêtre vicieux (et homicide) dans la pièce Ascension qu’on a vue la semaine dernière — des bottines noires avec deux rangs de crochets, très démodées, je sais, mais elles m’ont plu — je parie bien qu’on pouvait en trouver à Londres, le paradis des vêtements inhabituels, mais ici ça va être difficile — mais sans succès.
L'arc de... euh, je ne sais pas quoi, dans la place Washington
Un écureuil content d'ignorer tout sur Bush
Voitures brûlées — ça doit être les émeutes dans la banlieue parisienne ! — mais non, c'est pour un film de Warner Brothers
Les touristes allemands et français ont adoré — comme moi !
J'ai entendu un des chauffeurs qui disait « Ben, i' comprennent même pas que leurs photos appartiennent entièrement à la Warner Bros » — les concepts légaux sont très flous aux USA, c'est pourquoi il y a tant de républicains
La fontaine au centre de la place Washington
Désolé pour cette photo cliché prise par ce temps gris
Un peu plus loin, on fait de l'arboriculture ?
Mais non, c'est tout pour le film qu'on va tourner — l'arbre est en plastique !
C'est comme ça qu'on n'affole pas les Amis des Arbres !
A Broadway j’ai vu l’ancien magasin de disques Tower, en faillite dans les USA. Cette chaîne de magasins de disques énormes nous est venue de Californie ; son magasin le plus connu se trouvait sur la Sunset Strip à Los-Angeles. Je ne sais pas combien de disques compacts j’ai achetés à cet endroit, mais je leur ai donné des sous. Et maintenant, fini, terminé.
Tower Records n'est plus (snif)
Je descends Broadway, dont les trottoirs sont bourrés de touristes italiens et anglais. Au magasin Levi’s j’entends de tout — de l’espagnol, du français, de l’anglais fort accentué. Les jeans n’y sont pas très bon marché — à 46 $ pour une paire de 501 noir classique. Je ne m’en suis pas renseigné sur les prix des autres modèles — pour bottes, délavés, etc. — qui sont plus à la mode. J’ai quand même acheté deux paires de pantalons en velours côtelé très fin — je trouve que c’est très seyant aux jeunes hommes de 20 à 25 ans aux tailles fines et ça fait des années qu’on ne les ait plus vus — on verra ce que ça donne à cette carcasse gonflée de Méthusalem que j’ai.
Dans le magasin Levi's dans Broadway
La foule à SoHo
L'embouteillage de ouiquende dans la 7e avenue, à plusieurs blocs de l'entrée au tunnel d'Hollande — pauvres Nouveau-Jersiais, va !
Puisqu’on fait une sorte de dîner de veille de la Toussaint (un peu en avant) chez l’amie écrivain ce soir, je suis allé acheter des masques à plumes pour tous les invités. Son fils unique et sa femme viennent (sont venus hier soir, je l’espère) de Washington. C’est une chose rare, cette visite — ils ne viennent en général que passer le week-end du jour de commémoration des soldats morts en fin mai et celui de la fête du Travail en septembre. « They’re coming to check on the old girl » l’amie écrivain m’a expliqué tout platement quand elle nous avait invités. Et j’ai moi-même ressenti un léger pressentiment, encore confus, à son égard. C’est pourquoi je veux un peu hausser l’aspect de fête de ce dîner. Il faut profiter du temps qu'il nous reste.