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De originibus

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La rue du Bosquet, ce matin

Un premier froid est descendu sur New-York. L’amie marchande de tableaux m’a téléphoné ce matin de Denver, où elle est chez ses parents, pour me demander de passer chez elle afin d’inspecter son répondeur en panne — ou de découvrir son appartement cambriolé (elle a l’imagination fertile). J'y suis allé. Hélas, rien d’intéressant — le répondeur clignotait « CL » et puis « 0 », mais je n’avais aucune idée de quoi il s’agissait, l’amie marchande de tableaux non plus. « Je n’ai plus le mode d’emploi » elle m’a dit. « Appuie sur le grand bouton vert » elle m'a suggéré. « OK. » Cela n'a rien changé. « Ben, débranche et reconnecte. » Ce que j’ai fait, toujours sans succès. On n’est visiblement pas doué dans les arts de la téléphonie.

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Le début de la 4e rue ouest à partir de la 7e avenue, avec le Riviera Café à droite

Cet après-midi, lorsque je prenais un café dans un café (en principe) catalan dans la rue Christophe, deux jeunes hommes sont entrés. Ils sont allés parler avec le propriétaire, un jeune homme de Brooklyn, qui leur a dit, en riant, « Sorry, but I don’t speak French. » Il a continué en leur expliquant qu’il cherchait de gens pour faire la vaisselle et pour nettoyer le sous-sol. Le plus petit des deux est sorti faire un coup de téléphone, l’autre l’a rejoint sur le trottoir. De nouveau dans le café, ils se sont parlés en français, tout bas, je ne suis pas arrivé à les entendre. Mais le propriétaire leur a offert les postes de plongeur et ils ont accepté.

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Ces deux jeunes Français cherchaient du boulot dans le café où je prenais un café

Je suis sûr que le type n’avait aucune idée qu’ils étaient des Français d’origine arabe — pour lui, c’étaient tout simplement des Français sans papiers qui cherchaient des emplois « noirs », ce qui ne semblait pas trop le gêner de toute façon. Je me suis demandé s’ils auraient eu plus des problèmes à se faire engager à Paris, étant donné leurs aspects « beurs » et « banlieue ». Et cela m’avait rappelé la réaction de pas mal d’Américains noirs à Paris — « Mais, le plus déconcertant pour moi, c’est qu’on m’a traité comme personne ordinaire, et non pas d’abord comme un noir et ensuite comme un individu. »

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On change de vitrine à la boutique Polo dans la rue Bleecker

Comments

Merci cher Edouard pour ton magnifique carnet, cela fait maintenant quelques mois que je le visite avec toujours le même plaisir.
Au file de tes posts je me rend compte que finalement la seule chose qui sépare les Etats-Unis de l'Europe, c'est un océan.

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