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Tempus fugit

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Retour à la place du Temps et les énormes panneaux publicitaires pour le magasin Target

Bon, la semaine dernière, mercredi soir, on est allé voir la nouvelle pièce de David Hare, The Vertical Hour. Pas extra, à mon humble avis, et l’actrice de cinéma Julianne Moore ne sait pas projeter sa voix au théâtre, une faille rendue plus évidente par l’excellence des autres acteurs plus expérimentés tels Bill Nighy. Saviez-vous que M. Hare est le mari (en deuxième noces) de la couturière franco-algérienne Nicole Farhi basée depuis les années 70 à Londres ? Moi non plus.

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Vers le théâtre

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Le beau panneau électronique du Nasdaq

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Au nº 1, place du Temps

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Au théâtre La Boîte à musique dans la 45e rue ouest

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Un monde très new-yorkais devant le théâtre

Jeudi j’ai dû partir tôt pour la campagne, où l’on allait dire à 8h30 vendredi matin une messe de commémoration pour ma mère, morte il y a un an. Le copain a voulu m’accompagner (je ne l’ai pourtant pas obligé) et l’on est parti par un temps de tempête assez violente.

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L'Église Ste-Marie à Pierreville

Ma mère n'était pas du tout catholique — élevée dans l'église presbytérienne, « convertie » à l'anglicanisme à l'américaine, elle s'est toujours dit plus porté aux principes du judaisme — déclaration qui a déconfit son accointance. Mais j'aimais pas le prêtre épiscopal et par contre j'aime bien le prêtre catholique et en plus ce sont les cathos qui ont plus besoin d'un peu de fric. Et non, je ne suis pas croyant, mais j'avais une obligation personnelle dont je cherchais à être quitte.

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L'intérieur de l'église, qui est plutôt moche

Il n’y avait qu’une dizaine de personnes à l’église — quelques vieilles femmes, un pêcheur âgé. L’aide-soignante de ma mère nous a rejoints et après la messe elle est rentrée à notre appartement pour prendre un café. Elle n’a pas la vie facile — son mari vient de lui demander un divorce, sa fille est entrée en « rehab » — un programme de rééducation pour toxicomanes, elle n’aime pas son nouveau travail.

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L'après-midi on est allé au cimetière pour mettre un pot de fleurs devant le banc tombal — tout près des parents j'ai retrouvé cette jolie pierre tombale à moitié en chinois, mes parents en auraient été contents, ils étaient tellement sinophiles

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La table dressée chez nous — j'ai encore une fois préparé des pâtes, non, ce n'est pas très imaginatif, c'est vrai

On est ensuite allé fêter l’anniversaire (le 92e ou 93e, on ne sait pas précisément) d’une amie du copain à un déjeuner offert et préparé par une jeune femme amie. On ne la connaissait pas très bien, mais elle était charmante, le déjeuner était délicieux, l’invitée d’honneur était contente et on s’est bien amusé. Vers 17 heures je suis passé chez l’amie écrivain pour lui lire encore des chapitres d’Istanbul d’Orhan Pamuk. À 19 heures on avait rendez-vous au restaurant avec deux couples, dont l’un vient de Washington où ils occupent tous les deux, le mari et la femme, des postes plus ou moins gouvernementaux. On a eu de vives discussions sur l’immigration illégale, sur l’élection de Liebermann, sur les « démocrates modérés ».

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La table dressée pour la fête d'anniversaire

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Une devise à contempler en mangeant

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Le gâteau d'anniversaire

Dimanche, en rentrant à Manhattan, on est passé chez un ami galeriste tout à fait névrosé qui, avec son copain super indulgent, vient de rénover une grande maison dans un quartier un peu douteux à Milford. N’étant pas de sales bourgeois sans imagination comme nous, ils ne se sont pas sentis obligés de s’acheter une maison dans un village de « charme » prétentieux où l’immobilier s’achète à un prix qui reflète son soi-disant standing.

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Deux exemples de la laideur architecturale d'une grande partie de la ville de New-York découverts lors d'une excursion imprévue à la Colline de Murray la semaine dernière

De retour chez nous j’ai téléphoné à des amis parisiens de passage à New-York pour les affaires. On est allé dîner dans notre restaurant de quartier où, en le quittant à la fin du repas, on entend du français parlé par un groupe de trois femmes au bar — deux d’entre elles sont des connaissances à eux de Paris, l’autre habite New-York. Bises partout, puis détails de voyage, tels « Tu rentres quand ? » et « On est ici jusqu’à mercredi soir. Et toi ? »

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Dans l'avenue Lexington par un temps bien gris

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L'avenue du Parc-Sud

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Et, pour terminer notre traversée des avenues new-yorkaises, l'avenue Madison

Nos amis nous ont encouragés à louer une maison aux environs de Ramatuelle en même temps qu’eux l’été prochain. Quelle tentation !

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Les pompiers volontaires s'amusent à décorer le sapin de Noël de Pierreville

Comme ils avaient beaucoup apprécié le nouveau Bond, Casino Royale avec Daniel Craig, on est allé le voir nous-mêmes hier soir, en compagnie de l’amie marchande de tableaux.

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La billetterie des cinémas AMC/Loews de la 34e rue ouest

On est allé aux cinémas AMC de la 34e rue, toujours assez vides et avec de grands écrans et une excellente sonorisation. M. Craig est pas mal (non, je plaisante, il est très bien, il a dû passer plusieurs heures par jour à la salle de sport avec un moniteur pour arriver à se donner un corps pareil.) Je ne suis pas expert en films Bond mais celui-ci nous a vraiment divertis.

Ce soir on va voir les pingouins dansants dans « Les pieds heureux ». (Comme ça on arrive à oublier et l'Irak et l'Iran et la Corée du Nord et l'assassinat de Gemayel et tout le reste, du moins pour un instant.)

Nos préparations pour la fête de l’Action de grâce sont typiquement désorganisées. D’abord, les parents du copain nous avaient décommandés du repas prévu chez eux à la campagne, au village de Sharon au Connecticut. Maintenant on va prendre un apéritif chez les parents du copain chez eux dans leur appartement minuscule dans l’avenue du Parc avant de traverser le Parc central pour nous rendre à l’Église St Grégoire le Grand dans la 90e rue ouest où nous allons dîner dans le réfectoire avec l’oncle prêtre, qui ne prépare, il nous a déjà avertis, que la dinde. On sera rejoint à cette « fête familiale » par l’un des frères du copain, sa femme et leur fille qui habitent Boston. C’est à nous de fournir le vin.

C’est nous les moins accueillants. Mais voyons, on ne peut pas se battre tout seul contre al-Qaïda et être gentil envers des visiteurs étrangers en même temps.

Et finalement, voici site pour garçons sensibles qui aiment les chiens : Gentlemans Canine Society. Oui, oui, je sais, cela devrait être « Gentlemen’s » mais les jeunes et la grammaire aujourd’hui, on ne peut pas les corriger ! (Mais ils créent, par contre, d'amusants noms de célébrité — depuis l'annonce du divorce, les branchés gais du gym parlent, au lieu de l'ancien K-Fed, mari de la Spears, de « Fedex ». Mais ils sont troooop méchants !

Comments

Tiens ca m'etonne que tu n'aies pas ecrit "le magasin Cible", toi qui d'habitude nous traduit les landmarks...

Dolce, ma règle générale à moi, c'est de traduire les noms descriptifs et de garder en langue originale les noms de marque (donc, Target au lieu de Cible) — mais je ne suis pas inflexiblement puriste — je traduis et je laisse en anglais un peu par hasard, par plaisir. C'est joli, « la place du Temps », ça fait rêver un peu, vous ne trouvez pas ?

Moi j'aime bien la traduction des noms américains. Cela ajoute un certain charme au texte. Continue à nous faire réver chez Edouard

Mais j'ai beaucoup aimé la fête de l'Action de Grâce, justement je me demandais si j'allais la nommer en français quand j'allais en parler moi-même, et je vois que tu as créé un précédent.

Happy Thanksgiving!

Otir, on dit l'Action de Grâce au Québec, même si on le fête avec un mois d'avance.

vous avez remarqué que les français ne disposent pas leurs couverts de la même façon ? chez nous, les couteaux sont tournés vers l'assiette, pour être moins "agressif"...

Otir, Olivier de Montréal a bien découvert la source de ma traduction (le Québec est particulièrement fécond).

Anonyme, vous êtes trop fin observateur. Mais, je dois l'avouer, il s'agit d'une faute chez nous de mettre les couteaux ainsi. Moi je n'ai pas fait attention au sens des couteaux (le côté du monogramme, quand il y en a, m'aide à me rappeler comment il faut mettre le couteau).

C'est tres joli la place du temps...

Et pour les fourchettes idem, en France, pointes vers le bas. Ici toujours vers le haut...
Les restos trichent en France : c'est pour eviter d'abimer les nappes !

ok merci

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