Vita brevis
On passe à la quincaillerie pour chercher du fil pour les banderoles
Désolé pour mon silence radio — ou je n’avais pas le temps pour rédiger un billet (et, rappelez-vous qu’il me faut plus de temps que la plupart de vous puisque je suis obligé de relire, de réviser — merci, Antidote — et de corriger à plusieurs reprises avant de cliquer « Published ») ou je n’avais tout simplement pas envie.
Dans la rue Hudson à sept heures du matin, où l'on essaie de héler un taxi pour aller au Parc d'Expositions Javits
Devant le Parc d'Expos Javits
Il y avait en même temps un salon de dentistes — aïe ! non !
Un hall désert à 7h15
On monte les stands
Au stand du copain — et non, ce n'est ni lui, ni moi
La circulation aux heures de pointe dans la place du Héraut (j'avais une course d'urgence à faire)
Le hall, quelques heures plus tard
Je rentre par la 34e rue ouest pour prendre le métro dans la 8e avenue
On a bel et bien fait le salon des petites entreprises de la région new-yorkaise au Parc des Expos Javits — on est arrivé au stand à sept heures et le copain est allé, avec l’un de ses deux employés, assister à un petit déjeuner d’affaires avec le maire Bloomberg. Le salon s’est ouvert au public à huit heures trente et le copain revenu au stand, j’ai moi-même fait quelques tours dans les longues allées afin d’observer la concurrence.
Au vernissage jeudi soir
Jeudi après-midi, le copain a du travail chez un client qu’il doit faire après l’heure de fermeture. C’est pour cela que j’ai convenu à accompagner l’amie marchande de tableaux à un vernissage à Chelsea à la galerie Lennon Weinberg pour un vieil artiste bien connu de tout le monde http://theviewfromhere.artinfo.ru/index.asp?lang=eng&sec=113&page=1 Barton Lidice Benes. Un autre marchand d’art m’ayant sur le coup téléphoné, je lui ai invité à nous accompagner, ce qu’il a accepté. Nous étions donc trois finalement à nous jeter dans les foules « philotechniques » encombrant la 25e rue ouest.
Notre visite cursive terminée (le marchand d’art est resté accoudé au bureau à bavarder avec les deux propriétaires de la galerie, tandis que l’amie marchande de tableaux et moi, nous avons feint un minimum d’intérêt en nous mettant devant la plupart des assemblages pour au moins deux secondes, tout en secouant nos têtes de façons visiblement érudites), on est allé dîner dans la 8e avenue — le copain téléphone, il quitte le bureau du client, il nous rejoindra au restaurant. Bon.
Du monde à Shag
L’amie marchande de tableaux commande une vodka martini. Je fais de même, l’autre marchand d’art aussi, le copain son gin-tonic habituel. On mange des entrées, on recommande des martinis, on mange nos plats. On s’en va. L’amie marchande de tableaux veut qu’on prenne un verre de plus — on est d’accord, on va au bar Shag, on recommande des boissons. Il y a du monde (tous plus jeunes, mais beaucoup plus jeunes que nous !), il y a même un DJ.
C'est l'entrée des garçons sensibles à Shag
C’est pour vous expliquer pourquoi j'ai eu un peu de mal à bien la suivre quand l’amie marchande de tableaux s’est penchée vers moi pour me chuchoter qu’elle avait eu de mauvaises nouvelles sur sa santé — son médecin lui avait que le cancer avait réapparu, mais cette fois, aux poumons. « C’est lui qui m’avait conseillé d’aller voir mon frère en Australie » elle me dit. « Selon lui, je n’ai pas pour longtemps. » Quoi ? Il y a beaucoup de bruit. Est-ce que j’ai mal compris ce qu’elle vient de me dire ? Et plus, elle a maintenant l’air assez saoul. Est-ce qu’elle plaisante ? Je ne sais pas quoi répondre. Puis elle ajoute « Tu sais, (nom d’un artiste connu) et moi, on se voit depuis l’été. » Re-quoi ? « Oui, on se voit toutes les deux semaines, on s’aime beaucoup. » « Et sa femme ? Et ses enfants ? » je lui demande. « Oh, il me dit qu’il ne l’a jamais aimée vraiment. On l’avait obligé à se marier avec elle. » Est-ce la vérité, ou est-ce qu’elle divague à cause de l’alcool ? « Je suis amoureuse de lui, tu sais », elle me dit avec un énorme sourire « depuis des années. » Oui, je le savais, et si le diagnostic malheureux est correct, je suis plutôt content qu’elle ait enfin pu trouver un amour réciproque. Mais à ce moment-là, j’ai du mal à la suivre, ayant moi-même trop bu. On va rentrer chez nous, et je l’accompagne chez elle, où elle me verse encore un verre de vodka gelée. Je ne sais pas à quelle heure je suis rentré chez moi (j’ai quand même réveillé le copain en lui disant des bêtises folles et dérangées.)
Il m’a fallu deux jours pour me récupérer entièrement de ces excès et de ces révélations, qui me pèsent assez lourdement sur le cœur. J’ai parlé hier avec l’amie marchande de tableaux qui pourtant n’a dit mot de ce qui s’était passé ni des sujets qu’on avait abordés. Je me demande si elle se souvient même de tout ce qu’elle m’a dit. Et que faut-il faire, comment faut-il agir maintenant ?
L'un des rayons de chaussures assez impressionnants dans le magasin DSW
Vue de la place de l'Union avec le Marché de Noël dans l'avant-plan
Hier le copain a voulu acheter des chaussures pour le travail — après être passés chez le magasin DSW dans la place de l’Union, je l’ai convaincu avec un certain effort de poursuivre sa recherche dans les trois grands temples du magasinage masculin à l’initiale B, à savoir Bloomingdales, Barneys et Bergdorf Goodman Men. Et puis on a accès à Bloomingdales du métro IRT.
Du Verlaine, en VO, dans le métro newyorkais — avec, tout de même, une faute de frappe importante à la première ligne
Dans l'avenue Lexington devant le magasin Bloomingdales
Donc, on a commencé dans l’avenue Lexington, avant de continuer au Barneys dans l’avenue Madison, d’où, après un bref détour dans le magasin Apple de la Cinquième Avenue, on est allé jusqu’au Bergdorf Goodman Men’s. Pas de chance, on n’a rien trouvé, et le copain m’a ensuite prié de continuer jusqu’à la boutique Timberland dans l’avenue Madison, où il a réussi à trouver une paire de chaussures convenable.
Église française du Saint Esprit dans la 60e rue est — c'est pour les Anglicans francophones (si, si)
Dans l'avenue du Parc
L'avenue du Parc, vers le nord
Entrée Barneys New York, où j'ai trouvé une veste Armani en velours noir, d'une beauté indicible, autrefois 2875 $, soldée maintenant à seulement 1785 $ (c'est rien pour vous, riches Européens)
On passe devant l'ancien hôtel Plaza, en train de devenir des appartements
Les tours du Centre Time-Warner au fond de la 59e rue
Entrée à la boutique Apple dans la 5e avenue — c'était ma première visite
Il y avait du monde dans le magasin
Oui, je le veux
C'est le copain qui m'a fait photographier cette vitesse de téléchargement phénoménale de plus de 24.000 ops
Il y avait du monde dans le coin des enfants
La tour General Motors vue depuis la boutique Apple
Au magasin Bergdorf Goodman Men's — plus connu tout simplement comme « Berdorf's Men's »
La tour GM, côté avenue Madison
Dans la 5e avenue
On a essayé d’aller au spectacle Carrie : A Period Piece (sous-titre très vulgaire et marrant que je ne traduis pas, vous êtes tous assez doués pour le comprendre, j'en suis sûr) il n’y avait pas de places. On est donc resté au taudis à regarder le DVD de Les Parapluies de Cherbourg avant de regarder la daube même plus mélo « It’s My Party » de 1996 où un type gay atteint d’une maladie incurable causée par le sida s’arrange pour se suicider entouré de ses amis et de sa famille (plutôt difficile). Je ne le ferai pas comme ça, c'est sûr !
Aujourd’hui, dimanche, il fait frais, ensoleillé. En principe on doit aller cet après-midi à une fête de Noël organisée par un membre fondateur de la Haute Bourgeoise Pédé New-Yorkaise. Il faut apporter des jouets. On va y rencontrer l’ami galeriste, avec ou sans compagnie. Je n’ai pas tellement envie d’y aller, mais on verra.
Comments
Il est exact que nous sommes vite en manque lorsque vos articles sont espacés dans le temps. mais quel plaisir de voir un nouveau titre et de pouvoir se régaler de vos articles, de votre style et des photos.
Merci et bon courage pour cette période un peu morose.
Posted by: ella | décembre 3, 2006 01:34 PM
Je ne pense pas que même totalement "bourrée" on puisse raconter ce qu'a dit votre amie sans raison.
Je comprend votre embarras.
Sinon pareil que ella, j'aime arriver et voir que ça y est, nous avons un nouveau chapitre à lire. Merci beaucoup Edouard
Posted by: Valérie | décembre 4, 2006 12:44 AM
Sans vouloir trop contribuer à des révisions par une remarque cuistre sans intérêt, mais par curiosité, le titre ne devrait-il pas être "vita brevis" (sauf si on est passé à l'italien) ? :)
Posted by: Phersu | décembre 4, 2006 01:44 PM
Merci, Phersu — je suppose que « vita » avait l'air un peu neutre, et je n'y ai pas fait assez attention.
Posted by: Édouard | décembre 4, 2006 02:37 PM