Quies
Un temps hivernal à la campagne
Ouf, on est enfin de retour — et c’est vrai, le gris ici en ville n’est pas aussi opprimant qu’à la campagne.
Au sanctum sanctorum des ordinatophiles new-yorkais où j'ai acheté le cadeau du copain
Il est vrai que je me sens en deuil nettement plus pour James Brown que pour Gerald Ford, pardonneur de Nixon, qu’on aurait dû avoir poursuivi en justice— voilà une erreur politique grave pour laquelle nous payons encore aujourd’hui.
Bon, le dollar, c’est foutu. Pour l’Irak, c’est guère mieux. La Chine créancière et l’OPEP pétrolière nous tiennent par les couilles, mais pour le play-back, les gars, c’est toujours les USA les vrais et les seuls champions du monde !
« You’ve given me a reason to smile, boy » (mais si le lien ne marche pas, cliquez ici)
Il s’appelle Daniel, son nom de guerre, c’est Madanna, il est fou de play-back (je recommande tous ses clips, qu'on trouvera chez youtube.com), il tient un cybercarnet ici, il se sent outragé par Bush et sa cabale, il habite Brooklyn, il a plein de talent (hélas, je ne le connais pas) et en admirant ces vidéos je me rappelle qu’il y a encore du beau et du bien chez nous ici et je suis fier d’être un sale pédé new-yorkais tout à fait opposé aux valeurs dites américaines qu’on voudrait nous faire avaler tous, comme la torture, la guerre préemptive, l’égoïsme d’état et surtout la nouvelle mode de l’onction des sièges de juges et des bureaux avec de l’huile d’olive (si, si !) afin les « purifier » et « bénir » les occupants (note à Laurent : fais gaffe au bureau et espérons que cette bizarrerie ne s’avance jusqu’aux bords de la Seine ou de la Tamise). Et finalement, c’est par Joe.My.God que j'ai découvert cette vedette. Merci, Joe.
Le bâtiment municipal au crépuscule
Les lumières rouges devant le magasin Armani dans l'avenue Madison — on était en route vers un restaurant avec les parents du copain
Devant le restaurant Le Chat Noir, nouveau favori de la belle-mère du copain
Malgré nos efforts plutôt antisociaux, ce Noël campagnard a été assez occupé par une variété d’activités mondaines.
On fait la queue dans la rue Bleecker pour le chapon
Il nous a fallu une heure et demie d'attente pour entrer dans la boucherie — les gens là sont trop gentils, ils offrent des conseils de cuisine, ils suggèrent des recettes, c'est fou !
On a quitté New-York vendredi soir, ayant presque oublié le beau chapon que j’avais laissé dans le frigo. Samedi on est allé chercher le vin pour notre cocktail de réveillon de Noël (les magasins d’alcools sont fermés le dimanche au Connecticut) après être passé au supermarché pour acheter des paquets de chips « exotiques », du saumon fumé écossais, des citrons verts et jaunes, et des cacahuètes salées (l’amuse-gueule classique des Wasps, gent en voie de disparition qui occupe encore quelques réserves réduites et éloignées, telles « Pierreville » et Old Lyme au Connecticut).
Au cocktail de samedi soir, qui a eu lieu dans le yacht-club du coin — moi, j'ai flirté avec les serveurs, il y en avait de très mignons (et bien trop jeunes)
Samedi soir on est allé à un cocktail après lequel on a mangé à notre restaurant favori au village, où le grand « sorteur » (c’est ma traduction du mot « walker » qui signifie, dans ce contexte particulier, un homme élégant, distingué et homosexuel (donc, pas menaçant pour les maris au plan sexuel) qui accompagne les femmes quand elles sortent dans le monde sans leurs maris, autrement occupés par les affaires ou par leurs maîtresses) homo du coin, élégant diplomate retraité, s’est assis à notre table pour boire un verre avant de nous inviter chez lui, où l’on a encore bu une bouteille de vin tout en bavardant sur une grande variété de sujets drôles et délicats. Il est allé le lendemain au Mexique (plus précisément, au Yucatan) pour les fêtes.
Au bar à huîtres, en attendant une table — une bouteille de bourgogne blanc à côté
Quelques tables au Café de la rue de l'Eau
Dimanche on a fait le ménage dans l’appartement. Les premiers invités sont arrivés à 18 heures précises (ils sont toujours très à l’heure à la campagne, tandis qu’à Manhattan, on arrive à une soirée en général avec un retard d’au moins trente minutes). On a eu finalement une trentaine de personnes chez nous.
Le salon, plus ou moins propre
Des roses cuivre devant la glace italienne
L'un d'une paire de candélabres qui ont appartenu à ma mère et qui m'ont toujours fait penser au château de Dracula — et puis, les pédés comme moi adorent les bougies, c'est archiconnu !
Et encore des bougies !
La table aux canapés — avec des bougies (c'est pour l'effet bordel)
Noël il a fait gris — on est allé chez une amie qui offrait une partie pour tuer un peu de temps avant les repas officiels de Noël, qui commençaient entre 14 heures et 18 heures. Le nôtre chez l’amie écrivain était prévu pour 15 heures — après une heure d’apéritifs (du champagne et des olives aux anchois, c’est tout) on était invité à passer à table.
La table dressée chez l'amie écrivain, avec la garniture "Jardins et jets d'eaux" fait en verre à Venise dans les années vingt au centre qu'on ne sort qu'à Noël
La bûche de Noël faite maison, avec des faux champignons de massepain
Là, j’étais à côté de l’amie écrivain et en face de la mère d’un type que j’avais connu comme homo à New-York il y a des années. Il s’est marié depuis à une femme sympa, ayant quitté Manhattan pour s’installer ensuite en ménage tout à fait conventionnel à Pierreville. Cette femme — la mère de ma connaissance — était belle, élégante et tout à fait idiote, elle m’a annoncé, heureusement vers la fin du repas, qu’elle ne pouvait pas regarder les infos sur ABC ou NBC parce qu’elles étaient « trop libérales » (sens américain, bien sûr), elle regardait seulement Fox pour s’informer, et elle adorait écouter son « grand ami Rush Limbaugh. »
L'admiratrice de M. Limbaugh
L’amie écrivain a eu l’air complètement stupéfait par ces révélations, mais pour une fois elle s’est retenue à dire seulement « Non, je ne suis pas d’accord » d’une voix plutôt neutre.
Le sapin de Noël chez l'amie écrivain
Notre repas terminé, on est passé chez une autre amie chez qui l’amie marchande de tableaux dînait, parmi une bonne douzaine d’invités. On y est resté jusqu’à dix heures du soir où, crevés, on est rentré chez nous pour nous affaisser devant nos écrans (Xbox360 oblige) avant de nous coucher.
Mardi on a déjeuné avec l’ami financier qui s’amusait à élaborer pour nous un voyage qu’il espère faire avec sa femme, absente à New-Haven avec sa mère âgée, l’été prochain en Slovénie (pour la pêche),à Venise et à Vence.
De retour à New-York mardi après-midi (et cette fois, la circulation était dense et lente sur l’autoroute 95), on a pris rendez-vous avec des amis venus de Londres. L’option restaurant la plus proche et la plus facile (Sant Ambrœus) étant impossible à cause de fermeture, on a eu de la chance au nouveau Waverly Inn, bondé de monde et toujours sans numéro de téléphone officiel, mais où la maîtresse d’hôtel charmante a fait semblant de me reconnaître et m’a réservé une table. Très agréable de voir ces amis, qui rentraient le lendemain à Londres (histoire de célébrer le mariage gai de deux amis) avant de continuer à Saint-Tropez où ils fêteront chez eux le Nouvel An.
Pour le Réveillon cette année, comme on prévoit de la pluie ici, on va en toute probabilité rester chez nous au lieu de courir dans la course de minuit. Ce soir on va voir « The Big Voice : God or Ethel Merman » dans une synagogue convertie en théâtre. Ça nous a été recommandés par les carnetiers de la semaine précédante qui l'avaient vu.
Je m'excuse pour ce long billet vague et flou et sûrement sans intérêt aucun, mais voici une vidéo politique qui m’a fait sourire. Évidemment, ce n'est pas du meilleur goût, précisément comme je les aime. (Comment dit-on « not safe for work » ? Mais en France, je crois que tout est « safe for work », n’est-ce pas ? Les Français sont plus modernes que nous !)
Comments
Un moment de plaisir et de poésié post moderniste dans un monde d'évanescence meurtrière.
Merci pour la qualité de ton blog, un plaisir de l'esprit.
Posted by: pigeon voyageur | décembre 29, 2006 05:10 AM
Un véritable régal ce billet !
Bonne fin d'année Edouard.
Posted by: R. (bougre) | décembre 29, 2006 07:31 AM
Puisque nous sommes ici le 31 décembre, je vous souhaite à tous les deux une belle fin d'année et un très beau début 2007. Et surtout continuez ce "carnet" qui est un vrai délice !
Posted by: Valérie | décembre 31, 2006 04:37 AM