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Minus plusque

« Deru kugi wa utareru. » C’est un proverbe japonais qui, traduit en français, veut dire : le clou qui dépasse appelle le coup de marteau. Tout le monde sait qu’Embruns a toujours dépassé le moyen, et de loin, et toujours avec la verve piquante qui lui est particulière. Il est donc sans aucune surprise que Laurent s'est trouvé ces derniers jours la cible de jalousies et de courriels malveillants et blessants. À mon humble avis, c’est une marque d’honneur et pour lui et pour son carnet, car il est toujours très correct (et louable) d'emmerder les cons. (Et il le fait très, très bien en plus !)

J’ai découvert le carnet Web de Karl Dubost quand, émanant de Montréal, il s’appelait Karl & Cow — c’est-à-dire, il y a bien longtemps. À part son côté super guique ès choses W3C que je ne comprenais mais pas du tout, il écrivait des billets drôles, poétiques, touchants, élégants, pleins de savoir humain et toujours optimistes, dans le sens où il cherchait toujours à améliorer nos connaissances, nos appréciations du monde. On sentait bien qu’il ne refusait chez les gens que la petitesse d’esprit. Son grand esprit à lui, ouvert et magnanime, ainsi que son grand talent de photographe, me manqueront (les parties guiques, heu, moins quand même, c’est vrai, puisque je n’y comprenais rien, toujours rien.)

Il faut le reconnaître (je crois que Laurent, qui s’y trouve en ce moment, en serait d’accord lui aussi) — à un certain moment, aux débuts de la carnetosphère, c’était Montréal, la source et la capitale des efforts carnetiers francophones. Karl, Martine (heureusement toujours là), et La Grande Rousse, ces trois carnetiers figuraient parmi les plus grands, les plus importants de toute la carnetosphère francophone. L’idée même de Paris Carnet a été inspirée des Yulblogs montréalais qui ont commencé le 21 mars 2000, d’après La Chronologie de la blogosphère francophone. La lecture assidue de ces trois carnets Web montréalais m’a en grande partie encouragé à faire mon propre carnet en français, ici à New-York. C’est pourquoi je me suis réjoui en apprenant le retour de la Grande Rousse à la carnetosphère. Je trouve que le départ de Karl est en quelque sorte mitigé, c’est vrai, par le retour de la Grande Rousse — aucune petitesse d’esprit chez elle, non plus, mais par contre elle est acharnée dans sa défense de la langue française et dans ce combat mortel elle ne prend pas de prisonniers, donc il faut faire gaffe (pour moi, qui suis étranger, elle a été plutôt cool — oh la, ça va me valoir une claque ! — mais pour vous, les francophones de langue maternelle, elle est im-pi-toy-able !) Bon retour, LGR !

Comments

Tout pareil (pour la sympathie, le mépris des malveillants anonymes et le regret de ne plus pouvoir rêver en lisant les photos de Karl)...

Sinon, il est amusant de noter comment ce célèbre proverbe japonais a, selon le pays de celui qui l'écoute, une signification toute différente. Au Japon, loin d'être une amère constatation du sort (injuste) que la société réserve aux originaux, il s'agit bien d'un avertissement aux "faiseurs de troubles" de ne jamais être ce fameux clou qui dépasse, sous peine d'un coup de marteau (sous-entendu : mérité)...

Merci pour l'annonce de ce retour.

Mais non... je ne prendrai pas la mouche pour aussi peu. D'autant plus que la qualité de ton français, je l'ai déjà écrit et je le maintiens, ferait pâlir d'envie bien des francophones baignant dans le français à chaque instant.

"Il faut le reconnaître…" Je le reconnais aussi, et j'ajouterai que c'était aussi un peu un âge d'or de la carnétopshère…

New-York me manque!

Connaissez-vous le Bowery Poetry Club, sur broadway? Il s'y joue du slam et des concerts. J'aimerais bien avoir des nouvelles de ce cher Bob Holman. J'ai perdu son mail... si jamais vous croisez ce fanfaron généreux.

See ya!

Edouard, ta maitrise du francais doit faire mal au ventre a plus d'un francais "pure souche". Toujours un plaisir de te lire et si tu pouvais glisser plus de fautes de francais cela me ferait vraiment plaisir ;-)

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