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Miscellanea

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Voyez-vous ce qu'il y a de bizarre dans cette photo ? C'est que presque toutes les fenêtres sont illuminées, chose rarissime dans les immeubles à New-York, mais celui-ci est un dortoir qui appartient à l'Université de New-York, donc ils sont tous là (c'est la rentrée des vacances) à bosser avant qu'ils ne sortent pour se bourrer dans les bars du quartier

Il est des gens qui sont tout simplement mal dans leurs peaux et c’est chez l’un d’eux où nous sommes allés dîner mardi soir. C’est un mécontent aigri qui s’insurge à jamais contre le sort qui l’a fait laid, superflu et conscient des deux (ce qui est le pire, en fait). Il a pourtant un copain sympa (d’origine canadienne), intelligent (diplômé de Harvard et de Columbia), complaisant (grâce aux médicaments — non, je plaisante mais il y a quelques années il m’avait déclaré dans une soirée que le psychiatre lui avait ordonné du Zoloft pour la dépression) et tout et tout. On ne comprend pas pourquoi il continue à vivre avec l’autre, qui le traite avec mépris et méchanceté jalouse, mais c’est comme ça — ça fait des années qu’ils sont ensemble. Mais c’est dur pour nous, les autres. Son père est mort il y a pas trop longtemps. « Mais je n’ai rien ressenti — absolument rien. Je savais qu’il allait mourir et puis un jour il est mort, on l’a tout de suite enterré et puis c’est tout, fini. » Il fait ça exprès, bien sûr,dans un effort de choquer, mais l’effet est plutôt pathétique et désagréable. Né et élevé à Brooklyn dans un quartier sans distinction, il adore Los-Angeles pour les raisons les plus inintéressantes (le climat, par exemple) — je trouve que ceux qui aiment le plus Los-Angeles sont originaires souvent des « Outer Boroughs » de New-York ou de certaines parties de la banlieue new-yorkaise (l’Île-Longue et le Nouveau-Jersey, mais curieusement pas le Westchester ou le Connecticut). On subit donc les plaintes d’un être supposé supérieur tout en mangeant une cuisine peu appétissante — on a commencé avec un potage qui était un mélange de bouillon, de légumes et de grands morceaux de saucisses et de viandes difficiles à mastiquer (c’était désagréable au maximum), suivi d’un plat au poulet avec des haricots et d’autres légumes pas assez cuits. (Miam, hmmm…) Heureusement, il y avait beaucoup de vins, pour la plupart des californiens puisqu’ils aiment leurs goûts feutrés, tandis que je préfère en général la douce aigreur d’un vin français plus tannique — c’est une habitude, je suppose. De toute façon, on n’y est pas resté trop tard.

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La scène de « Room Service » — une chambre d'hôtel sur Broadway dans les années 30

Mercredi soir on est allé voir une pièce comique au théâtre Soho dans la rue Vandam. La farce Room Service avait fait son début sur Broadway en 1937. Ce n’est pas du Feydeau, c’est sûr, mais c’était assez divertissant. Les acteurs étaient très bons, tous emplis d’une frénésie de jeu sortie tout droit du cinéma muet — ça peut agacer, mais cette fois au moins c’était assez drôle. Nous nous sommes quand même demandé pourquoi on avait repris cette vieillerie sans grande importance — la réponse, on l’a trouvé dans le programme : la femme qui est propriétaire du théâtre est aussi la veuve d’un des coécrivains de la comédie.

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Stay away from the light !

On a ensuite dîné au restaurant Raoul’s dans la rue du Prince dans le Soho. Plein d’un monde plutôt avenant, le restaurant accueille une clientèle branchée depuis bien des décennies. Il est toujours agréable de passer un peu de temps dans un restaurant professionnel où l’on mange bien.

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Devant le théâtre Barrymore dans la 47e rue ouest

Hier soir on est allé voir la reprise actuelle de la comédie musicale Company, qui a débuté sur Broadway en 1970. Œuvre de Stephen Sondheim, il s’agit d’une sorte de méditation musicale sur les relations domestiques et surtout maritales interprétée par un célibataire de 35 ans et par ses amis en couple.

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La scène de Company

Tout comme A Chorus Line et The Apple Tree, cette reprise souffre du décalage d’époque — beaucoup de ce qui a été nouveau et surprenant et émouvant en 1970 l’est nettement moins en 2007. Le metteur en scène de cette reprise de Company est John Doyle et c’est à lui qu’on doit l’idée de doubler les acteurs en musiciens — astuce de mise en scène qui m’a laissé assez froid, puisque les acteurs qui savent jouer un instrument et chanter ne sont pas, hélas, les plus agréables à contempler des yeux. M. Raúl Esparza, par contre, est beau et chante très, très bien, même s’il joue au piano d’une manière assez hésitante à la fin du second acte. Toute la pièce a un peu l’air d’un cabaret intello sophistiqué, mais le second acte retrouve de la vraie émotion, quand le « jeune homme » Robert se rend compte enfin de la nature de sa solitude et proclame son nouveau désir de se risquer dans les errements du cœur humain en chantant « Being Alive » qui est le morceau signature de la pièce (malgré le renom mérité de « The Ladies Who Lunch » chanté en 1970 par l’incontournable Elaine Stritch, que j’ai rencontrée il y a des années juste devant moi dans la queue pour la caisse à l’épicerie des Pins à l’île du Feu où elle passait le week-end avec des amis homos.) La mise en scène est élégante, sobre, cosmopolite (le costume d’homme d’affaires que « Bobby » porte est Armani) mais le premier acte traîne un peu. C’est le second surtout qui vaut le coup.

Le copain est un patron trop complaisant — il permet à ses employés plusieurs de ce qu’on appelle ici des « jours personnels » mais ses employés oublient souvent de lui en faire part des dates qu’ils « prennent ». Il lui arrive donc de n’avoir personne au bureau pour répondre aux téléphones (il y a bien sûr tout un système de répondeur téléphonique, mais le copain préfère la soi-disant touche humaine) ou pour recevoir des livraisons FedEx où il faut une signature, comme le paquet de Microsoft Office pour Mac que j’attends aujourd’hui. Pour cela, donc, je me trouve au bureau du copain à faire le standardiste en dépit du fait que je n’arrive toujours pas à apprendre comment transférer un appel à la boîte vocale, mais bon, j’ai d’autres talents). Heureusement qu’on ne téléphone pas trop et on n’a pas voulu laisser des messages enregistrés. La vieille comptable, ancienne hippie, vient d’arriver, mais elle en sait autant que moi sur les téléphones. Je pense aussi qu’elle est ici pour se servir des ordinateurs — elle est en train de taper tout un roman à ce que j’entends, ou toute sa correspondance courriel, mais je n’ose pas aller voir ce qu’elle fait. Oh, je ne suis plus fait pour la vie de bureau !

Comments

Merci pour cet hilarant billet, Edouard :-)

Je crois que la vie de bureau donne un coup de fouet à votre plume et je remercie le copain de vous avoir mis à contribution.

Edouard il faut que tu regardes "le coeur a ses raisons", les scènes de téléphone sont hilarantes ! :-)

New York life style, uhuhuh! Courage, Mike

Vous êtes très méchante, samantdi — je retourne au bureau lundi matin (c'est un vrai dépravé, le copain, qui cherche à me faire travailler pour lui à tous moments).

Matoo, c'est brillant, la série, que je ne connais pas du tout. Il faut que je demande des DVD de Netflix.

Oh, le New York Life Style, c'est bien fatiguant pour nous, les vieux. Mais on fait ce qu'on peut ; )

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