Domi
La pizza d'hier soir
Après ma corvée bureaucratique d’hier (un client a eu le culot d’appeler à 16h56 pour se plaindre d’une mise à jour manquée d’un site Web pour lequel le copain n’avait reçu aucun courriel ni fichier — moi j’ai dû faire vite mon « employé de bureau » des plus complaisants en m’excusant longuement et profondément de cette inattention, due sans doute (ici j’invente à gogo) à un filtre de pourriel « trop musclé » — vous voyez combien je fais preuve de sang-froid devant les bouleversements de la vie des affaires), je suis rentré à l’appartement par métro (qu’est-ce qu’il est bondé à 17h30 ! — je trouve qu’il y a du bon et du mauvais dans cet entassement humain) en passant par le distributeur de la banque Chase pour me procurer quelques sous pour me payer une pizza Two Boots livrée à domicile. Le copain, lui, avait du boulot (histoire de serveur pourri) jusqu’à une heure très tard — je me suis laissé aller à bouffer ma pizza (une combinaison qui m’est chère : pepperoni, filets d’anchois, poivre de Jalapeño, oignon rouge et ail) par terre en regardant une émission de « Grey’s Anatomy » qu’on avait enregistrée et en terminant une bouteille de sancerre ouverte trouvée au frigo.
Je suis en train de lire The God Delusion de Richard Dawkins. Il est délicieusement immodéré dans son dédain pour la religion et c’est quand même intéressant que ce livre continue à avoir tant de succès en librairie (c’est à la 9e place dans la liste actuelle des best-sellers de la semaine du New York Times). Je viens de terminer The Tribes of Britain, bouquin très intéressant pour ceux qui s’intéresseraient comme moi à l’histoire anglaise et aux sociétés en transition, et Cinq Lettres d’Égypte de Flaubert, petit recueil de cinq lettres écrites à Louis Bouilhet par l’écrivain rouennais, datées du 1er décembre 1849 au 27 juin 1850, dans lesquelles Flaubert régale son ami de curiosités égyptiennes (à propos du Sphinx : « on lui voit encore les yeux très expressifs et terrifiants, tout le corps est dans le sable »), de baises répétées (« En général les belles femmes dansent mal » et « Ici c’est très bien porté : on avoue sa sodomie et on en parle à table d’hôte. […] Voyageant pour notre instruction et chargés d’une mission par le gouvernement, nous avons regardé comme de notre devoir de nous livrer à ce mode d’éjaculation »), et de ses propres doutes (« Est-ce je touche à une période nouvelle ? Ou à une décadence complète ? »)
Le copain est rentré vers une heure du matin — heureusement que je dormais légèrement, sinon je n’aurais pas entendu la sonnerie. Ah, le malin, il avait oublié son jeu de clés, attaché à un bâtonnet de mémoire, au bureau où il travaillait.
Ce matin, multiples appels au service Affaires de Hewlett-Packard où ils ont tous des accents indiens même s’ils vous assurent qu’ils sont vraiment en Californie. Et puis il est reparti ce matin, tandis que moi je suis allé m’entraîner avec mon moniteur/chanteur de jazz James — séance marrant, mais du point de vue de l’entraînement, plutôt sans grande valeur, mais bon, il y a toujours des jours comme ça.
On sort ce soir avec l’ami galeriste — je suis en train de regarder Amélie Poulain à la télé, je ne l’ai jamais vu — et j’ai envie de m’offrir une mauresque, boisson demandée par un client au bar où Amélie est serveuse — mais il va falloir que je trouve du sirop d’orgeat (c’est pas du Coca, ça et on ne va pas le trouver dans n’importe quel deli du coin, je pense) et puis passer chez le marchand d’alcools pour trouver du pastis (non, il n’y en a pas chez nous — pour le moment.)
Comments
Une mauresque... Si décadentissimement provençal.
Je dirais plutôt "piments jalapeño". Quant à "bâtonnet de mémoire" c'est charmant, totalement inusité (le terme usuel est "clé usb"), mais beaucoup plus poétique, je l'adopte désormais, et te ferai virer les droits d'auteur sur ton compte, ça te permettra d'acheter une autre pizza.
Après avoir vu Amélie, recherche donc la polémique de Libération à l'époque de la sortie, qui y dénonçait un film rance, rassi, presque néo-pétainiste. Cela semblait outré, mais avec le recul, je ne sais plus...
Posted by: Sakakini Pacha | janvier 28, 2007 06:03 AM
En quoi la "mauresque" est-elle synonyme de decadence ? Le provencal que je suis est outre. Me permettrais-je de parler de decadence si un personnage dans "Un long dimanche de fiancailles" avait commande un verre de "pommeau" ou d' "hydromel" ("chouchene", disent-ils) ? Non, bien entendu. Le respect se perd.
Sans transition, je suggererais "Nouveau-Chandail" ou "Nouveau-Tricot" pour le New-Jersey. J'ose a peine proposer "Nouveau-Maillot" mais mon mepris envers le football et sa decadence m'en empeche...
Posted by: Laurent J | janvier 28, 2007 11:52 AM