Glossarium
La vue du bureau — c'est la nouvelle tour du Times qui s'élève au milieu
Mes aventures au bureau du copain continuent. « Is this Inca Girl ? » une voix d’homme me demande au téléphone à 17h30. « Excuse me ? » je lui réponds en parfaite secrétaire, n'étant pas certain de l'avoir bien compris. J'ai tout de même pas une voix de femme et à ce que je sache je n'ai aucune trace d'accent inca — à vrai dire je ne sais même pas en quoi consisterait un accent inca, mais passons. « Is this Inca Girl ? » il répète. « I’m afraid you have the wrong number » je lui réponds dans une voix des plus glaciales avant de raccrocher. Je croyais qu’il cherchait un service de pute ou je ne savais trop quoi ? Je tape donc Inca Girl dans Google — et voilà, je découvre ce site pour une société pas loin de nous et avec un numéro de téléphone proche à celui du copain. Oops.
Vers le Nouveau-Jersey (ou Maillot, si vous préférez, cela m'est parfaitement égal) et une nouvelle tour résidentielle qui s'achève à gauche
Le vomissement projectile, on n'en parle pas assez, je trouve. Personnellement je l'ai toujours apprécié dans les films d'horreur. Il faut avouer que c’est comme ça qu’il faut répondre à un curé gênant qui agite un crucifix et de l’eau bénite au visage quand vous, diable ou diablesse, possédez le corps d’un autre. Dans la vie ennuyeuse de tous les jours, c’est une mésaventure d’enfance dans la plupart des cas, sauf pour la possession démoniaque, qui peut arriver, je note, à n'importe quel âge (par exemple, chez la petite nièce du copain qui fait peur à tout le monde.)
C'est vrai que ça brille ici, la nuit tombée
« Now, now, put down your pointy, peasant implements » suggère la femme malveillante (interprétée avec beaucoup d’humour par Eartha Kitt) dans une nouvelle bande dessinée à la télé qui a lieu dans le Pérou de l'époque des Incas (oh la, encore des Incas, et dans un seul billet), quand une foule de villageois l’assaille pour leur avoir menti. Je me demande si Bush aura le sang-froid pareil quand les villageois viendront entourer la Maison blanche un de ces jours.
Le « Canuckistan » (repéré dans ce commentaire au carnet Web politique de Glenn Greenwald) désignerait le Canada et surtout le Québec qui n’appuient pas les efforts de Bush à sauvegarder la planète entière du terrorisme islamiste. Emploi : Les traîtres américains vont essayer de se réfugier au Canuckistan mais nous les pendrons quand même.
« Linsey-woolsey » — une étoffe ou un mélange étrange d’après cette définition. Le terme a été utilisé dans un article un soupçon ironique sur une visite par le Prince de Galles et sa femme Camilla, duchesse de Cornouailles, à Harlem avant hier. On y a traité la toilette de la duchesse de « linsey-woolsey. » Et j’apprends que ce n’est pas un compliment. Merci, les internets.
La façade du magasin Porto Rico Importing dans la rue Bleecker pas trop loin de chez moi au Village
Ayant fait quelques recherches sur la Toile sur comment trouver du sirop d’orgeat à New-York, je suis allé à la rue Bleecker en quittant le métro hier soir — le Porto Rico Importing Company était censé vendre du sirop d’orgeat. En effet, il y avait des étagères pleines de sirops étranges, dont le sirop d’orgeat que je cherchais (le jeune caissier a remarqué : « Je n’ai jamais entendu parler de celui-ci.») cachées derrière des sacs ouverts de grains de café importés de partout.
Une partie des bouteilles de sirops divers rangées dans l'étagère la plus basse du magasin
Les sacs de grains de café
Quelle odeur agréable dans le magasin, en effet ! J’ai ensuite remonté la 7e avenue pour aller acheter du pastis — j’avais à choisir entre le Ricard et le Pernod et le propriétaire du magasin, un vieux Portugais, était aussi ignorant que moi des qualités particulières des deux marques. J’ai donc acheté le Ricard puisqu’il parlait de Marseille sur l’étiquette. De retour à la maison, j’ai parlé au téléphone avec ma sœur de Philadelphie tout en me préparant une mauresque suivant plus ou moins ces instructions. Boisson très agréable, très rafraîchissante, même si cela doit être un peu bizarre de la boire en plein hiver dans une ville portuaire de l’Atlantique du nord au lieu de la consommer en été sur une grande terrasse de café qui donne sur une place provençale d’un joli village tout près de la Méditerranée, mais bon, on fait ce qu’on peut !
Les preuves qu'on a maintenant de quoi préparer une bonne mauresque chez nous
Mais c’est fort ! Deux verres (assez grands, j’en conviens) et on est cuit.
Comments
un délice (tant la mauresque que ce post) !
Posted by: wam | janvier 31, 2007 02:55 AM
Une Mauresque à Manhattan... du sirop d'orgeat de Porto-Rico, pour une Inca Girl. Un billet exotique et délicieux, merci Édouard.
Posted by: Fredo | janvier 31, 2007 06:29 AM