« Glossarium | Main | Lustrationes »

Ira

Voici l’une des évaluations les plus lucides que j’aie jamais lue sur l’intervention militaire en Irak que j’ai trouvée chez Phersu. C’est à lire absolument en entier — je noterai en passant que son auteur Bernard Chazelle est d’origine française, mais il habite aux États-Unis depuis longtemps.

Sa critique sans pitié de la lâcheté de la presse américaine m’a particulièrement impressionné :

« The war has given the American mainstream media a brilliant opportunity to prove its essential worthlessness. It has shown itself to be little more than a circus of entertainers and cheerleaders for whom every season is the silly season. Tragically, the media has failed in its sacred duty to keep a vigilant, skeptical, critical eye on the centers of power. Who is the American Robert Fisk, Gideon Levy, or Amira Hass? Whoever they are (and Sy Hersh proves they exist), why are their writings not filling the op-ed pages of the great American newspapers? How can the nation that produces the bulk of Nobel prize winners be stuck with such a sullen bunch of journalistic mediocrities? The sycophantic enablers of the Fourth Estate have blood on their hands. »

Cette presse lâche aux programmes plus ou moins occultes est toujours en place — pour les abonnés au Times qui ont accès, cet article de Roger Cohen, United States as the anti-France, publié dans le Times d’aujourd’hui démontre très clairement l’importance de la francophobie dans les efforts neo-con d’abaisser tous ceux qui n’appuient pas automatiquement la prédominance de la politique neo-con d’impérialisme bienveillant américain partout dans le monde — et c’est surtout l’Europe résistante qui les enrage le plus, cette Europe qui refuse de diviser bêtement le monde en le bien et le mal. Je ne citerai qu’une phrase pourtant bien révélatrice de cet article : « That idea [de ce que l’Amérique devrait être dans l’imagination française] is not altogether clear, but it is safe to say it owes more to the West Village than Western Kansas, and more to Woody Allen than Allen Dulles. » J’oserai dire que je soupçonne que M. Cohen est plus au courant du West Village (où j’habite) et des films de Woody Allen (que j'apprécie) qu’il n’en prétend et je me demande combien de fois il a jamais posé les pieds dans le Kansas occidental. Mais pour les neo-cons comme M. Cohen, il faut surtout faire bella figura bien macho. Que c'est fatiguant, ces airs de chickenhawk !

Comments

Épuisant!

Ah, j'ai appris un mot aujourd'hui…
http://en.wikipedia.org/wiki/Chickenhawk_(politics)

Post a comment