De exspectationibus
Samedi soir on est rentré chez nous (à la campagne) pour terminer la soirée en bavardant et en buvant du bordeaux. Là on a eu une discussion assez vive entre nous sur ce qui sont devenus les États-Unis depuis les attentats du 11 septembre 2001. Je noterai en passant que notre petit groupe n’était pas du tout typique, ni par son éducation ni par son revenu (bien que ce fût le mien qui abaissait la moyenne, et de beaucoup !) – l’un parmi nous avait passé la soirée précédente à son ancienne université Harvard, où son fils est inscrit et où la fille cherche à s’inscrire, à papoter avec le PDG de Goldman Sachs (53,4 $ millions de prime l’année dernière) dans un club privé de cette université – c’est bien comme ça que ça marche chez l’élite américaine – et un autre est directeur associé d’une banque d’investissement plus petite que la géante Goldman mais importante elle aussi. De la conversation qu’on a eue, j’ai été étonné par plusieurs sujets qu’on a soulevés : la frontière canado-américaine est un danger pour les États-Unis, car les assassins du 11 septembre seraient arrivés chez nous en passant d’abord par le Canada (c’est tout à fait faux mais je n'ai pas voulu le prouver en faisant une recherche Google dans le salon); les Américains ont des bases militaires au Nigeria (?!?), d’où ils sont partis pour écraser les seigneurs de la guerre en Somalie le mois dernier (à mon avis, c’est très douteux, puisqu’il y a déjà une énorme base américaine à Djibouti, qui est beaucoup plus proche et commode) ; et que la population américaine aurait dû se soulever pour protester en 2000 la décision entièrement politique et illégale du choix de George W. Bush comme président par la Cour suprême (et ce point de vue d’un avocat tout ce qu’il y a de plus conventionnel !) Le banquier se plaignait de la faiblesse des démocrates devant les dévastations multiples de la loi et de la société américaines encouragées par les républicains – il les a même accusés de trahison, les démocrates, pour avoir failli à leur rôle d’ « opposant loyal » à la britannique. Voici où nous en sommes, un certain groupe d’Américains assez aisés, bien éduqués, et de toute apparence toujours perplexes sur comment il faudra réparer les dommages causés par Bush. (On était tous d’accord qu’une crise boursière grave pourrait décourager même les plus fervents des derniers partisans de Bush.) Mais on ne voyait aucun espoir dans la sélection de candidats présidentiels démocrates – M. Obama a du charme mais il manque d’expérience ; la Clinton en a peut-être trop ! C’est la morosité et l’attente — va-t-on vraiment attaquer l’Iran ? Va-t-on enfin examiner toute la corruption politique (ie, le scandale de Walter Reed, hôpital militaire « privatisé »), financière (contrats octroyés sans concurrence à Halliburton) et morale (la « reddition extraordinaire », la torture, les prisons secrètes, et cetera) de cette administration ?
Donc, nous attendons tous — les républicains ont peur (surtout des enquêtes entamées par la Chambre démocrate sur toutes sortes d’affaires louches), les démocrates sont lâches (« Oh, on est aussi belliqueux qu’eux, promis, juré ! »), les capitalistes craignent une crise financière mondiale, les gauchistes se méfient d’une guerre préemptive engagée contre l’Iran afin de déconcerter les critiques de Bush, et ainsi de suite.
On a déjeuné hier avec un ami âgé qui nous a appris deux nouvelles qui nous ont chagrinés : la première, c’est qu’il avait rompu avec une femme avec qui il avait entamé une petite aventure sentimentale ; la seconde, c’est que le médecin a découvert un anévrisme dans l’estomac. On va l’opérer la semaine prochaine, après une suite d’examens cardiaques. Mais une fois ces nouvelles communiquées, on a passé un moment très agréable – il est divorcé, veuf, charmant, spirituel. On a tous les trois pris des œufs Bénédicte dans lesquels on avait substitué le jambon de la Forêt noire pour le bacon canadien de la recette originale.
De retour à New-York on a regardé le dernier Battlestar Galactica tout en mangeant de la soupe chinoise (le rhume de la semaine passée du copain s’est transformé en mal à la gorge, donc il faut de la soupe) livrée chez nous, ce qui était commode puisqu’il fait froid.
Je cherche partout mes disques pour GoLive – ça m’embêterait d’être obligé à me l’acheter de nouveau tout simplement par manque d’organisation. (Ô miracle ! Je viens de les trouver, mais j’ai complètement perdu le numéro de série. Aïe !) Je pense qu’il va falloir bientôt me débarrasser de tout ce débris qui nous encombre dans cet appartement. Trop de livres, trop de vieilles paperasses, trop de « choses » sentimentales, personnelles. Il me faudrait un petit ouragan Katrina personnel pour tout abîmer, ce qui m’obligerait à jeter tout !
Désolé pour le manque de photos persistant – je viens d’installer le logiciel pour l’appareil Fuji mais ça a l’air tellement compliqué que je ne sais pas quand je vais être tenté de l’essayer.
Comments
Pour la "recette orginale," voyez:
http://www.portifex.com/Culinarion/Benedict.htm
Posted by: R J Keefe | mars 5, 2007 02:54 PM
Comité de soutien pour l'utilisation de l'appareil F.
Des photos, des photos, des photos...
Posted by: KOKY | mars 6, 2007 10:00 PM