Nuntius tristis
Je lui téléphonais pour la remercier pour le dîner qu’elle nous avait offert mardi soir au club Salmagundi, où l'on se serait presque cru dans le Cedar Bar de l’époque héroïque de l’expressionnisme abstrait le plus musculaire, le plus américain et le plus picoleur – six peintres hétéros assis à une table à boire des quantités impressionnantes de vodka et de whisky et à bavarder de tout : d'expos anciennes et futures, d'anciens amis, d'exploits réels et imaginaires, d'anciens employeurs (dont les peintres Helen Frankenthaler et Robert Rauschenberg). L’amie marchande de tableaux n’avait pas tout de même l’air très en forme mais elle cherchait à être partante. Son frère est arrivé du théâtre et nous sommes, elle et lui, moi et le copain, rentré à pied chez nous dans l’Ouest-Village.

Un gros chien dans une boutique dans l'Est-Village
Il est des questions qu’on ne saurait comment répondre. L’amie marchande de tableaux s’en est posée une cet après-midi au téléphone : subir une nouvelle opération très grave et poursuivre ensuite une chimiothérapie défigurante (si l’on n’est pas défiguré, c’est que la thérapie n’a pas marché) qui n’ajoutera que six mois à son espérance de vie ou ne rien faire et attendre la fin. Elle a déjà une histoire avec une voie biliaire qui ne draine pas correctement, ce qui a provoqué chez elle une jaunisse grisâtre. Je lui ai conseillé, un peu bêtement mais que peut-on dire ou faire de vraiment utile, d’appeler un ami médecin oncologue qui travaille à l’hôpital Columbia Presbyterian et chez qui on a dîné hier soir à Brooklyn. Il pourra peut-être lui offrir de nouveaux choix de traitement, mais ses médecins n’ont pas beaucoup d’espoir. Que faire ? Quelle décision prendre ? Il n’est plus question de guérir son cancer, mais seulement de le gérer, et la période éventuelle de gestion ne serait que d’une durée limitée. Est-ce que l’effort vaut la peine ?

L'artiste et la galeriste
Lundi soir on est allé à l'Est-Village – la galeriste de The Phatory est adorable, très drôle et elle a du goût. On a dîné dans un restaurant brésilien à quelques pas de la galerie dans l’avenue C qui s’appelle Esperanto. Il y avait du monde et les jeunes serveurs et serveuses étaient tous très beaux – et très occupés. On s’est sagement abstenu de la folie des mojitos en faveur d’une bouteille de malbec argentin très correct et pas cher. On est rentré chez nous à pied.

La 5e avenue, à ses débuts au nord du parc de la place Washington
Hier je suis allé au magasin Apple pour chercher un sac à portable dans lequel je pourrai transporter la nouvelle machine. (À présent je continue à me servir de l’emballage en carton dans lequel il est arrivé, ce qui énerve le copain.) Puis, vers 15 heures, je suis allé assister à une lecture de pièce de théâtre « spéciale » qui a eu lieu dans le quartier des théâtres – il s’agit d’une pièce à deux personnages qui s’appelle Syncopation par Allan Knee et qui ne s’est jamais produite sur Broadway. L’acteur John Turturro s’y intéresse et on a trouvé une actrice pour l’accompagner dans cette « lecture » de la pièce devant une salle d’invités, dont moi et l’amie marchande de tableaux, dont le frère est le metteur en scène. Tout cela s’est bien passé, M. Turturro a très bien joué, l’actrice aussi. La pièce, il faut bien le dire, n’est pas un chef-d'œuvre, mais elle est passable, quoique sentimentale, mélodramatique et en fin de compte banale. J’ai félicité l’acteur à la petite réception qui a suivi la lecture.

La façade de New Stages, anciennement des salles de cinéma qui ont fait faillite

La scène sur laquelle a eu lieu la lecture
Déposant l’amie marchande et son frère chez elle, le copain et moi, nous avons fait un tour chez Marie’s Crisis, où il y avait un jeune étudiant en philo qui connaissait mais toutes les chansons de comédies musicales les plus obscures ! Un jeune Schopenhauer de la scène. Le gros pianiste aimait le copain, dont il caressait le genou pendant toute la soirée.

Le philosophe chanteur devant le piano
Ce soir c’est le nouveau ballet de l’Anglais Matthew Bourne, Edward Scissorhands, à l’opéra Howard Gilman de l’Académie de musique de Brooklyn (deux soirées de suite à Brooklyn !).
Ici on est complètement indifférent à la tournée de Bush en Amérique latine – on en parle à peine, on s’amuse à constater que Chávez semble le poursuivre de pays en pays. Mais comme il ne prononce que des platitudes, on traite tout son voyage avec la plus grande indifférence.
Je m'excuse pour les photos – Patrick, j'ai essayé iPhoto mais je n'ai pas, par exemple, trouver comment les sauvegarder dans un fichier correct – je suis retourné à Photoshop, qui n'est pas facile mais que je sais plus ou moins faire marcher d'une façon toutefois très élémentaire.
Comments
Édouard
c'est assez simple. Tout d'abord, il faut décharger les photos de ton appareil directement dans iPhoto, il les classe automatiquement par rouleau et donc par date et tu peux changer les noms. Elles gardent leur dimension et leur poids.
Tu peux commencer à les améliorer, si besoin, c'est très facile.
Pour ton blog, il suffit d'aller dans fichier/exporter, j'imagine que c'est file/export pour toi. il suffit juste de choisir la dimension et l'image à mettre dans ton blog se crée.
Posted by: Patrick | mars 15, 2007 06:15 PM