Fratris filia

La mélancolie confuse des salles d'attente
Étant orphelin, je n’ai plus à me déranger personnellement pour des histoires de famille, mais le copain, lui, a toutes sortes de nièces et de neveux qu’il aime bien et hier on a reçu la visite, qu’il a payée, d’une nièce qui habite San-Francisco, l’une des trois filles de son frère aîné, qui est presque aussi salaud que le père, avec qui on a dîné hier soir. Elle est arrivée par JetBlue, avec un retard de deux heures et demie – imaginez-vous, il a fallu atterrir à l’aéroport de Rochester parce que l’avion n’avait pas, il paraît, suffisamment de carburant pour se permettre de faire des cercles dans l’air au-dessus de l’aéroport Kennedy pendant cette heure de pointe ! Est-ce bien correct de vouloir limiter ses dépenses de carburant en ne pas en mettant assez dans un avion qui devrait faire San-Francisco/New-York sans escale ? Ah, que dis-je ! « Business is business. »

Est-ce qu'on se trouve à l'aéroport de Kananga ou à celui de Bukavu ? Mais non, mes lapins cosmopolites, c'est le Terminal 4, dans l'aire de récupération des bagages, à l'aéroport de J F Kennedy à New-York !
Mais, bon, elle est enfin arrivée au Terminal 4, digne d’une métropole du Kasaï-Occidental, d’où on a pris un taxi vers la Ville Éméraude d’Oz, en passant par le tunnel du Milieu. C’est la première fois qu’elle vienne à New-York. Les grands-parents nous ont emmenés dans un club voisin où la nièce a été discrètement fascinée par une tablée de jeunes femmes, quelques années plus âgées qu’elle, toutes blondes et minces et super BCBG – de vraies figurantes sorties d’un épisode Upper East Side de Sex and the City. C’est comme ça qu’on se trouve ensorcelé par une ville, par un mode de vie.

On descend le grand escalier entre les 2e et 1er étages du club
On a bien mangé, le serveur mexicain m’appelait « monsieur » mais c’est la belle-grand-mère qui a réglé la note en y mettant sa signature. Le père du copain a réussi à énerver son fils, qui, rentré à l’appartement, s’est jeté en silence au lit. Ce matin il s’est plaint de plusieurs piqûres de moustiques sur les revers de ses mains – toujours le compagnon de route compatissant, je lui ai demandé gentiment s’il ne souffrait pas en fait de démangeaisons hystériques causées par ses récents rapports familiaux. Il m’a ensuite accusé d’avoir fait entrer dans notre toute petite salle de bain une énorme blatte orientale (appelé « waterbug » en anglais, et qui est nettement plus grand qu’un simple cafard) qui l’attend le soir au bord de la baignoire quand il fait pipi. Je lui ai répondu que mes agents étaient partout ! (Je suis comme Cheney.)

Une partie du grand salon du 1er étage — de toute apparence, on n'y trouverait aucune blette orientale espionne — mais peut-on vraiment être certain ?
Comments
La mélancolie confuse des salles d'attente...
Ca fait quelques semaines que je cherche la plus juste des caractérisations pour illustrer certaines ambiances, situations, pour des photos des aéroports de Buenos Aires, La Paz, Bogota, Caracas, qui ont tous ce petit morceau d'indicible.
Bon, ben, pas mieux.
Merci pour vos posts que je découvre à peine.
Bienvenu plus au sud, sur www.amlatineterecuerdo.blogspot.com
Patxi
Posted by: Patxi | juin 24, 2007 10:03 PM